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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:10

 

 

Boz centrafrique

 

 

Centrafrique : La rébellion et le pouvoir entament des négociations


Par LEXPRESS.fr, publié le 08/01/2013 à 16:17


Les pourparlers entre le pouvoir, l'opposition et la rébellion s'ouvrent ce mardi à Libreville, au Gabon. La coalition Seleka, principale force de cette dernière, demande toujours le départ du président Bozizé, attendu dans la capitale dans les prochains jours. 

Les discussions vont pouvoir commencer. Les délégations du pouvoir et de l'opposition de Centrafrique sont arrivées ce mardi à Libreville, au Gabon. Elles y ont rejoint les représentants de la rébellion afin d'engager de cruciales et difficiles négociations de paix, sous l'égide des pays d'Afrique centrale 

Ces pourparlers entre le pouvoir fragilisé de Bangui et la rébellion, déclenchée le 10 décembre dernier et qui contrôle la majeure partie du pays, seront précédés d'une réunion du conseil des ministres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC). 

Dans un bref communiqué, la CEEAC évoque "la complexité de la tâche" qui lui est assignée, sans préciser le calendrier des pourparlers à venir. L'objectif est de sortir la Centrafrique, Etat membre de la sous-région, d'un profond conflit politico-militaire.

 

Un gouvernement d'union nationale ?


Une délégation des rebelles, dirigée par le chef de la coalition Seleka Michel Djotodia, est arrivée la première lundi soir à Libreville. Le Seleka réclame le départ du président François Bozizé. "On ne peut pas faire la guerre sans la paix et vice versa. On est là, on va discuter, on va se comprendre. Après tout, nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des frères", a déclaré Michel Djotodia. "Ce n'est pas moi qui vais faire partir Bozizé, il y a une coalition et il y a aussi l'opposition démocratique qui est là (...) On va se retrouver et on verra ce qu'il y a lieu de faire", a-t-il ajouté. 

Les délégations du gouvernement et de l'opposition ont quitté la capitale centrafricaine ce mardi matin pour Libreville. L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga les accompagne en tant qu'observateur, ainsi que d'autres membres de la société civile. 


Lundi, le chef de la délégation du pouvoir, Jean Willybiro-Sako, s'est déclaré "serein". Il a estimé que les concessions du président Bozizé, qui a proposé un gouvernement d'union nationale et assuré qu'il ne se représenterait pas à la prochaine présidentielle, "avaient débloqué beaucoup de choses (...) Cela a montré une certaine volonté d'aller de l'avant, de tenir compte des préoccupations des uns et des autres." Interrogé sur l'exigence des rebelles que le président Bozizé quitte ses fonctions, le chef de la délégation du pouvoir a mis en avant l'importance de respecter la Constitution. 


400 soldats sud-africains pour aider Bozizé


François Bozizé, fragilisé depuis la déroute de l'armée régulière face aux rebelles du Seleka, devrait se rendre à Libreville dans le courant de la semaine, si les délégations arrivent à s'accorder sur une sortie de crise qui semble difficile à trouver. Le président centrafricain s'est rendu lundi à Brazzaville pour préparer avec son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, dont il est proche, les pourparlers à venir.

 

Denis Sassou Nguesso a été désigné médiateur par ses pairs d'Afrique centrale. Il a appelé lundi à "oeuvrer inlassablement à la consolidation de la paix en République centrafricaine, en amenant le gouvernement et la rébellion armée au dialogue". 


Les rebelles réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir. Ils demandent comme condition au dialogue le "départ" du président Bozizé. Celui-ci pourrait compter sur le déploiement de 400 soldats sud-africains dans le pays, la présidence sud-africaine ayant invoqué "une obligation internationale de l'Afrique du Sud envers la Centrafrique". 


D'autres opposants en exil, qui ne sont pas invités aux négociations, ont dénoncé une "feuille de route irréaliste" imposée "avec la complicité machiavélique du président Bozizé". 

 

 

Centrafrique : l'aide alimentaire pillée

 

AFP Publié le 08/01/2013 à 14:40

 

Des centaines de tonnes d'aide alimentaire ont été pillées en Centrafrique "et la situation est totalement imprévisible", a indiqué aujourd'hui le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies, basé à Genève. "Nos entrepôts ont été pillés", a déclaré à l'AFP la porte-parole du PAM Elisabeth Byrs.

 


Quelque 210 tonnes de produits alimentaires ont été volées dans un entrepôt dans la ville de Kanga-Bandoro, au nord, tenue par les rebelles, un bureau et une maison du PAM ayant également été attaquées.  Au centre du pays, à Bambari, 209 tonnes ont été pillées, ainsi que 7 tonnes à Bria, dans l'est du pays. "A ce stade il est impossible de dire si d'autres installations du PAM ont été pillées. La situation est totalement imprévisible", a souligné la porte-parole.

 

Pour le moment l'entrepôt de Bangui est intact, il abrite un millier de tonnes de nourriture, de quoi alimenter 300.000 personnes pendant une semaine. Le PAM est prêt à reprendre ses activités dès que la situation le permettra, une mission de l'ONU étant en train d'évaluer la situation en matière de sécurité, a-t-elle ajouté.

 


Les délégations du pouvoir et de l'opposition de Centrafrique ont rejoint mardi à Libreville les représentants de la rébellion du Séléka pour engager de cruciales et difficiles négociations de paix sous l'égide des pays d'Afrique centrale.

 

 


Centrafrique : interrogations sur les négociations de Libreville

 

RFI  mardi 08 janvier 2013

 

Le président centrafricain François Bozizé a effectué une visite de quelques heures lundi 7 janvier, à Brazzaville pour préparer avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, des discussions de paix entre Bangui et la coalition la Seleka qui a pris les armes le 10 décembre. Une délégation des rebelles est arrivée ce même jour à Libreville au Gabon. Les négociations doivent s’ouvrir, au plus tard, le 11 janvier.

 

Denis Sassou Nguesso doit assurer une médiation, à Libreville, entre le gouvernement centrafricain et la Seleka. Cette coalition rebelle contrôle une grande partie du pays et  réclame le départ du président centrafricain François Bozizé, au pouvoir depuis 2003. La délégation gouvernementale plaide, au contraire, pour son maintien jusqu’au terme de son mandat en 2016.

 

Actuellement, les rebelles se trouvent aux abords de Damara - ville située à 75 km de Bangui - considérée comme le dernier verrou protégeant la capitale.

 

Après avoir rencontré le médiateur Sassou Nguesso, le président François Bozizé a affirmé que la Centrafrique « est agressée par des éléments venus de l’extérieur, appelés la Seleka. Nous les considérons comme des mercenaires manipulés de l’extérieur qui ont agressé la paisible population centrafricaine. »

 

De son côté, le président Denis Sassou Nguesso a assuré que les négociations devront s’ouvrir, au plus tard, le 11 janvier. Concernant la principale revendication des rebelles - le départ de François Bozizé du pouvoir -, le médiateur dans la crise centrafricaine a déclaré que toutes les questions ne seront abordées qu’à Libreville.

 

Denis Sassou Nguesso   Président de la République du Congo

« Nous traiterons de toutes ces questions entre frères. »

 

Pendant que François Bozizé rentrait à Bangui, après sa visite éclair au Congo, arrivait à Libreville une délégation composée d’une quinzaine de membres de la Seleka, menée par Michel Djotodia. Dès lundi, ce dernier a quitté la ville centrafricaine de Bria – contrôlée par la rébellion - à bord d’un avion affrété par les Nations unies et sous escorte de la mission diplomatique de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) conduite par le général Guy Garcia.

 

Retard dû à « des mauvaises conditions météorologiques »

 

Les différentes délégations qui attendaient à Bangui pour partir n’ont pas pu décoller ce lundi, et leur départ pour Libreville a été reporté au mardi 8 janvier, en début de matinée.

 

« L’avion est bien arrivé à Bangui », a expliqué Willybiro Sako, chef de la délégation gouvernementale, « mais les pilotes ont signalé qu’il y avait de fortes intempéries sur les zones forestières gabonaises et qu’il était imprudent de voler dans ces conditions », a-t-il précisé.

 

Du côté des opposants, on a pris, là aussi, son mal en patience. « Il n’aurait pas été prudent de voler avec ces conditions météo », a reconnu le chef de la délégation de l’opposition, Maître Nicolas Tiangaye, « mais cela ne change rien à notre détermination à aller à Libreville pour obtenir des changements », a-t-il dit.

 

D’autres réunions sont prévues dans la capitale gabonaise. Mardi 8 janvier, dans l’après-midi, des ministres des Affaires étrangères des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) se sont ainsi réunis « afin d’évaluer la situation en Centrafrique et d’écouter un rapport de la communauté régionale », selon une source diplomatique régionale.

 

Mercredi 9 janvier, ce devrait être au comité de suivi de l’accord de paix global de 2008, présidé par le Congo, de se réunir. Et enfin, à la suite de ces deux réunions, on annonce, pour jeudi 10 janvier, un sommet qui doit rassembler les chefs d’Etat de la CEEAC pour qu’ils se prononcent sur les solutions de sortie de crise.


Interrogations sur l’organisation des négociations

 

Les négociations qui doivent s'ouvrir à Libreville s'engagent de façon peu claire. Aucun ordre du jour ni aucun règlement intérieur n'ont été définis. Inconnue également la durée de ces pourparlers. Un sommet des chefs d'Etat de la CEEAC est annoncé à Libreville jeudi mais l'opposition s'interroge : « Cela veut-il dire que nous ne disposerons que d'une journée pour aboutir à un accord ? C'est impensable. »

 

Dans les chancelleries européennes, on s'inquiète également de cette impréparation et de cette précipitation qui risquent de mettre en cause la crédibilité et le sérieux du processus.

Alors ce sommet de Libreville a-t-il pour objectif de mettre sous pression toutes les parties pour qu'elles s'entendent rapidement ou bien de faire valider un schéma de sortie de crise pré-établi ?

 
 

L’Afrique du Sud peine à justifier l’envoi de troupes en Centrafrique

 

Dans la capitale centrafricaine, le pouvoir de François Bozizé bénéficie manifestement d'un soutien sud-africain à travers le déploiement d'un contingent de deux cents soldats qui devraient être renforcés par deux cents autres. Quelle est leur mission exacte et sous quel mandat opèrent-ils ? Pour l'instant pas de réponse claire de Pretoria…

 

La présidence sud-africaine rappelle que l’article 201 de la Constitution du pays autorise le président à déployer des troupes afin d’honorer une « obligation internationale ». Pretoria semble avoir des difficultés à justifier cette obligation internationale.

 

Aujourd’hui, l'Afrique du Sud ne peut se prévaloir d'un mandat d'une organisation sous régionale ou internationale pour déployer des soldats en Centrafrique. Bangui et Pretoria n'ont pas signé d'accord qui prévoit l'envoi de troupes pour sauvegarder l'intégrité territoriale de la Centrafrique. Pretoria ne le nie pas.

 

Dans l'entourage du président sud-africain, on fait valoir les relations bilatérales en matière de coopération militaire formalisées dans un mémorandum signé en 2007. Une équipe de formateurs sud-africains se trouvait sur place lorsque l’alliance rebelle Seleka a débuté son offensive. « Les nouvelles troupes vont protéger notre équipe », explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain. Une explication qui ne convainc guère les chancelleries occidentales, agacées.

 

Dans les rangs de l’opposition à Bangui, on s’interroge : « Le président François Bozizé a peut-être des doutes sur le soutien des pays d'Afrique centrale » tandis que dans les rues de la capitale, on évoque l’appétit des Sud-Africains pour les concessions minières de Centrafrique.

 

En Afrique du Sud, les observateurs livrent plutôt l’analyse suivante : la campagne de l'Otan pour renverser le régime Kadhafi a déclenché l’ire de Pretoria et mis à mal le leadership de l'Union africaine. Or, l'Afrique du Sud a toujours prôné des solutions africaines aux problèmes africains, une vision dont ne devrait pas se démarquer la nouvelle présidente de la commission de l'UA, la Sud-Africaine, Nkosazana Dlamini Zuma.

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