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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:04

 

 

 

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Antoine NTSIMI se déplaçait à Bangui flanqué de deux (2) body guards armés...On apprend par ailleurs qu’en son absence sa villa aurait été visitée par des inconnus qui ne lui ont rien subtilisé mais qui se sont en revanche bien copieusement sustentés de mets rares et de champagnes...

Selon nos informations d’une source proche du dossier ayant requis l’anonymat, l'AFD vient de notifier à la CEMAC la suspension du décaissement qui devait être fait suite à la signature de la récente convention, en raison dit-on de l'article paru dans Jeune Afrique paru lundi dernier, le DG/AFD s'inscrivant en faux dans la justification des frais de restaurant de 19 000 € présentés par NTSIMI et se réserve même le droit de porter plainte. Cette suspension sera levée lorsqu'un nouvel organe de gestion sera mis en place. Les Chefs d'Etat sont donc mis en face de leurs responsabilités de ce fait, et n'ont pas le choix. Virer le gangster est  la seule alternative, mais .....!

Rédaction C.A.P

 

 

LIBREVILLE 5 avril (AFP) –  Comment faire fonctionner la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (Cémac) avec un patron camerounais interdit de séjour en Centrafrique... où la Cémac a son siège? Une querelle de clochers qui tourne au casse-tête diplomatique.

Le 21 mars, Antoine Ntsimi, président camerounais de la Commission de la Cémac, est refoulé sans explication à l'aéroport de Bangui.

Cinq jours plus tard, le 26, le ministère des Affaires étrangères centrafricain publie un communiqué on ne peut plus clair: "Afin de préserver les bons rapports entre l'Etat de siège (Centrafrique) et la Commission de la Cémac et d'assurer le maintien des relations fraternelles et cordiales entre la République Centrafricaine et les autres Etats membres de la Communauté, M. Antoine Ntsimi (...) est déclaré persona non grata en République Centrafricaine".

En poste depuis cinq ans pour un mandat qui s'achève cette année, M. Ntsimi n'est visiblement pas apprécié par le président centrafricain François Bozizé.

Ce dernier avait déjà réclamé sa tête lors du sommet de l'organisation en 2010. Il voulait toujours son départ en janvier dernier lorsque la Cémac devait tenir un sommet à Brazzaville, mais qui avait finalement été reporté.

"Nous accusons le président de la Commission de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses", a affirmé dernièrement M. Bozizé sur Vox Afrique.

Un haut fonctionnaire centrafricain taxe pour sa part M. Ntsimi de "comportement arrogant", tandis qu'un diplomate gabonais reconnait qu'il a des "relations conflictuelles avec plusieurs chefs d'Etat", estimant toutefois qu'on ne peut pas "virer" les gens comme ça. "Il faut faire ça dans les règles de l'art".

Créée en 1999, la Cemac regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Quelques jours après le refoulement du haut fonctionnaire camerounais, la diplomatie gabonaise s'en mêle: "le ministère des Affaires étrangères tient à marquer son étonnement devant cette situation et invite les parties à la sérénité indispensable au bon fonctionnement de notre institution commune".

Au Cameroun, le pays de M. Ntsimi, on prend l'affaire au sérieux. Le ministre des Relations extérieures, Pierre Moukère Bono a reconnu que le Cameroun avait saisi le président congolais Denis Sassou Nguesso, président en exercice de la Cémac.

Et vendredi dernier, Cameroon Tribune titrait "Ntsimi bientôt à Bangui" en s'appuyant sur des déclarations du ministre congolais de l'Economie Pierre Moussa selon qui M. Ntsimi allait prochainement regagner son poste pour préparer le sommet Cémac de Brazzaville en mai.

Apparemment, Antoine Ntsimi ne paraît trop s'émouvoir de ces critiques: l'ancien ministre des Finances du Cameroun se déclare "candidat à sa propre succession" à la tête de la Cémac sur son site internet.

Dans un long article de sa dernière livraison, l'hebdomadaire Jeune Afrique évoque de son côté une "gestion financière ((...) au niveau de la présidence (de la Cémac) pour le moins troublante", parlant d'une "multiplication hors normes des retraits en espèces à partir du compte ouvert par la Cémac auprès de la Banque des Etats d'Afrique centrale" (BEAC).

Sous le titre "Cémac: le grand déballage", Jeune Afrique mentionne notamment des frais de missions très importants, de gros retraits en liquide à la BEAC par un "homme de confiance" d'Antoine Ntsimi, ainsi que des locations d'avions pour ce dernier.

Cet encombrant dossier sera sans nul doute en tête de l'agenda des chefs d'Etat du prochain sommet de l'organisation à Brazzaville en juin.

Copyright © 2012 AFP. Tous droits réservés.

 

 

Cemac : les étranges factures d’Antoine Ntsimi

 

03/04/2012 à 17h:00 Par Jeune Afrique

 

Dans son numéro 2673 en kiosque du 1er au 7 avril, Jeune Afrique enquête sur la gestion financière pour le moins relâchée de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Son président, le Camerounais Antoine Louis Ntsimi Menye, est la figure centrale de cette affaire.

 

Une série de locations d’avions privés à des tarifs exorbitants, des frais de missions aux montants tout aussi étonnants, une réception donnée en l’honneur du directeur de l’Agence française de développement (AFD) Dov Zerah - laquelle n’aurait d’ailleurs jamais eu lieu - facturée 19 940 euros… La lecture de certains documents comptables de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), que Jeune Afrique s’est procurés, est tout simplement édifiante.

 

L’homme au centre de cette gestion financière pour le moins troublante n’est autre que le président de ladite Commission, le Camerounais Antoine Louis Ntsimi Menye, 56 ans. De fait, la quasi-totalité des retraits en espèce destinés à régler ces factures pour le moins salées, concernant la fin de l’année 2011 et les deux premiers mois de 2012, ont été effectués par un homme de confiance de ce proche du président Paul Biya.

 

Pour ne rien arranger, celui qu’on surnomme « Chicago Boy » est au cœur de la crise politique profonde que traverse la Cemac, qui réunit le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique, le Gabon, le Congo, et la Guinée équatoriale. Élu le 25 avril 2007 pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, Antoine Louis Ntsimi Menye devait quitter son poste à la fin du mois d’avril, en vertu du principe de rotation alphabétique adopté par la Cemac en 2010 à Bangui. Mais après avoir dans un premier temps accepté de se retirer, il a brusquement changé d’avis courant 2011, se déclarant candidat à sa propre succession.

 

Une décision prise contre l’avis des autorités de Centrafrique, ce qui qui n’a pas contribué à l’amélioration des relations déjà compliquées entre Antoine Ntsimi et le président François Bozizé. En mars dernier, le premier a même été déclaré persona non grata sur le sol centrafricain… où siège la Cemac.

 

Au-delà du cas Ntsimi, c’est toute une institution qui se retrouve encore une fois au point mort. Et avec elle tous les grands chantiers qu’elle est censée porter depuis le sommet des chefs d’États à Bangui, en janvier 2010 : Air Cemac, passeport unique, fusion des bourses

 

   

Quel peut être l'impact de la crise de la Cemac sur la diplomatie camerounaise?

Quotidien Mutations Jeudi 5 avril 2012 05:58

Depuis qu'a éclaté au grand jour la crise de la Cemac avec comme épicentre le président de la commission de l'institution, notre compatriote Antoine Ntsimi, les actes visibles posés par la diplomatie camerounaise en relation avec cette crise se comptent au bout des doigts.

Un communiqué laconique du ministre des relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo qui se  contente d'indiquer que le président en exercice de l'organisation, le président Sassou Nguesso a été saisi pour trouver une solution au problème. Deux audiences présidentielles. Une accordée à un émissaire du président congolais, Pierre Moussa, ministre d'Etat en charge de l'Economie et l'autre à un émissaire cette fois du président centrafricain François Bozizé, Albert Besse, secrétaire général à la présidence de la RCA.

Si les déclarations à la presse du premier ont laissé penser aux camerounais que l'honneur du pays sortirait sauf de cette crise, celle du second à la même presse ont clairement souligné que les autorités de RCA ne sont pas prêtes à calmer le front. Pierre Moussa, se voulant rassurant en évoquant "un malentendu" avait indiqué qu'Antoine Ntsimi, le président de la Commission de la CEMAC expulsé et humilié par les autorités centrafricaines devrait bientôt regagner Bangui. Quant à l'émissaire du président Bozizé, il a surpris l'opinion camerounaise par une langue de bois fort bien ciselée pour la circonstance en indiquant qu'il avait appris l'affaire en lisant la presse camerounaise.

Honneur et dignité

Devant un tel défi à l'honneur et à la dignité du Cameroun, l'absence de réaction de nos autorités a quelque chose de déconcertant. Beaucoup se demandent ce que le gouvernement camerounais attend pour élever la voix, taper du poing sur la table, expulser un ou plusieurs diplomates centrafricains ou de toute façon faire quelque chose qui manifeste notre volonté de nous faire respecter. Il est temps, soutiennent-ils, de restaurer notre dignité bafouée. Car la "petite" RCA qui a ridiculisé un haut diplomate camerounais et brutalisé quelques autres se permet en plus de nous tourner en bourrique sans même que lui soit exigé un mot d'excuse.
On a pourtant vu notre géant voisin, le Nigéria, frapper du poing sur la table en réaction à un impair dont ont été victimes ses ressortissants en Afrique du Sud en expulsant autant de diplomates nigérians qu'avait expulsés Prétoria. L'Afrique de Sud s'était pourtant déjà confondue en excuses.

Mais on se doute bien qu'à ceux qui dénoncent la mollesse, la timidité, la faiblesse de la diplomatie camerounaise, quelques bonnes âmes prêtes à brandir tous les arguments pour défendre même les plus évidentes carences de l'homme des grandes réalisations vont tenter de nous démontrer qu'il a choisi la voie de la sagesse incarnée dans la gestion de ce dossier. On tentera de nous convaincre que son calme, son silence et sa pondération sont les seules postures qui conviennent face à l'agitation et à la nervosité qu'on a pu observer de l'autre côté du fleuve Oubangui.

L’argument est recevable. Mais on ne saurait oublier que dans la crise en question, ce n'est pas la RCA le problème, mais bien un diplomate camerounais dont les écarts de comportements, les méthodes de management, la mauvaise gouvernance et le bilan désastreux ne peuvent qu'éclabousser l'image du Cameroun. Et ont eu pour résultat d'affaiblir notre diplomatie et plus grave de paralyser le processus d'intégration de la sous-région.

Les révélations de l'hebdomadaire Jeune Afrique dans son édition de cette semaine sur la gabegie de Mr Ntsimi viennent contribuer à charger la barque des miasmes de l'image négative que renvoie le Cameroun de lui-même à travers le comportement de certains de ses ressortissants à l'étranger. Notre réputation de pays ou règne la corruption, terre d'élection des feymen, ces champions du monde de l'escroquerie en sort renforcée. Et dans ce désastreux prisme de notre réalité, il faut reconnaitre qu'Antoine Ntsimi a fait vraiment fort.

Alors, la question qui se pose au Cameroun aujourd'hui, et à laquelle le président Biya, qui est le seul vrai chef de la diplomatie camerounaise se doit de répondre est de savoir ce qu'il convient de faire. Il semble évident qu'il serait incongru de s'entêter à chercher à soutenir un monsieur qui traine autant de casseroles et qui a contribué a l'affaiblissement de notre diplomatie et à la dégradation de notre image. Faut-il pour autant céder le poste de Mr Ntsimi à un autre pays, voire même à la RCA? En fait, la seule issue qui laverait l'honneur du Cameroun dans cette affaire serait de remplacer l'actuel président de la commission par un autre camerounais. A priori, il y a peu de chance que cette solution soit acceptée par nos voisins. Mais c'est une carte que Paul Biya peut habilement jouer en sacrifiant Ntsimi et en profitant de la maladresse et des excès de la réaction de Bozizé pour exiger que le système de rotation adopté en 2010 démarre dans cinq ans. 

Coup diplomatique

Ce serait aussi une façon d'obliger la RCA à s'amender vis à vis du Cameroun. Encore faut-il que Paul Biya soit prêt à faire preuve de fermeté après avoir su calmer le jeu. Ce serait alors un véritable coup diplomatique. On se souvient la prouesse d’Ahidjo faisant remplacer à l’OUA Nzo Ekangaki éclaboussé dans un scandale de corruption par William Eteki Mboumoua.

Enfin cette crise doit nous faire réfléchir sur la place et le rôle du Cameroun en Afrique centrale. Notre pays, à travers son premier responsable ne peut pas continuer à s'estimer leader et renoncer à assumer cette responsabilité. Il faut le dire et le redire, les absences de Paul Biya la scène diplomatique africaine et en particulier au sein de la Cemac sont un préjudice pour le Cameroun mais aussi pour l'intégration sous-régionale. Elles nous valent d'avoir enregistré un recul significatif sur de nombreux fronts diplomatiques et économiques.

C'est ce vide laissé sur le terrain de notre responsabilité en tant que locomotive économique de la sous-région qui a accentué la paralysie de l'intégration dans la zone Cemac. Le quasi échec du projet Air Cemac est le dernier exemple de cette réalité après le coup des deux bourses des valeurs à Douala et Libreville.

Michel Lobé Ewané

 

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