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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 03:10

 

 

 

Shaolin

 

 

cercueil AF Patassé

cortège funèbre Patassé à Bangui

 

mausolée Patassé

 mausolée Patassé 2

                                               mausolée d'Ange-Félix Patassé au Pk 26 route de Boali

 

Voici un an jour pour jour que le président Ange–Félix Patassé, le « barbu national » a quitté ce bas monde pour son repos éternel. Sa brutale disparition, de surcroît sur un territoire étranger, a beaucoup défrayé la chronique et suscité une réprobation générale et une indignation qui ont dépassé les frontières du Centrafrique en raison de la méchanceté gratuite d’un homme sans cœur nommé François Bozizé, celui-là même pour qui l’illustre défunt avait pourtant tant fait par le passé.

Bozizé s’est laissé manipulé par son « sécurocrate » Claude Richard Gouandja qui lui a fait croire à la « véracité » d’une fiche mensongère montée de toute pièce et disant que le président Patassé voulait se rendre à Malabo non pas pour raison de santé mais afin d’y recruter des mercenaires pour venir renverser Bozizé du pouvoir.  

La matérialité de ce funeste complot a été confirmée par Bozizé lui-même dans son allocution improvisée lors  des obsèques officielles de Patassé sur l’avenue des Martyrs. Il avait en effet ce jour, reconnu avoir affrété un avion pour dépêcher à Malabo une mission constituée notamment de son directeur de cabinet et l’ambassadeur de France rencontrer le président équato-guinéen pour tirer clair cette affaire de recrutement de mercenaires par Patassé.  

En apprenant depuis son escale de Douala la mission à Malabo de ces émissaires, Patassé avait fait un arrêt cardiaque dans un premier temps et a pu être ranimé avant de décéder 48 heures après. C’est l’irréfutable preuve de la responsabilité de Bozizé dans sa mort. C’est pourquoi les élucubrations et tentatives de Bozizé lors des funérailles de Patassé de nier ses responsabilités dans la mort du « barbu national» tout en se défaussant sur d’autres sont vaines. Il aura perpétuellement sur sa conscience la mort de Patassé, qu’il le veuille ou non. A cause de Bozizé, Patassé a été contraint à deux reprises à de longs exils togolais.

Pris de beaucoup de remords, il a tout fait pour récupérer ses funérailles officielles afin de tenter de se dédouaner mais personne n’en est dupe en Centrafrique.  Depuis son coup d’Etat qui a chassé du pouvoir le président Patassé, il a arbitrairement saisi et s’est accaparé certains biens de ce dernier. Selon nos informations, à ce jour, aucune main levée n’est intervenue sur les biens de Patassé, notamment son patrimoine immobilier.

Sans scrupule, Bozizé se sert même de la Mercedes 4x4 blindée personnelle de Patassé pour ses quatre cents coups dans les quartiers de Bangui. Les cinq millions de la caution du candidat Patassé à l’élection présidentielle de 2011 n’ont pas non plus été restitués à ses héritiers à ce jour selon nos informations, alors que son score permet amplement ce remboursement.

Il en de même de son maître Bokassa dont Bozizé s’est opportunément dépêché de décréter la réhabilitation mais dont les ayants droit se plaignent de n’avoir toujours pas pris possession de ses biens. Bozizé c’est aussi cela ; l’ingratitude caractérisée à l’égard de ceux-là mêmes qui l’ont aidé, amené au pouvoir et rendu d’incommensurables services dans la vie, notamment lors de ses moments galère et de traversée de désert. Beaucoup de ceux-là regrettent aujourd’hui et s’en  mordent amèrement les doigts. Une fois au pouvoir, il ne les connaît plus et est incapable de leur renvoyer l’ascenseur se contentent-ils de maugréer.

En effet, force est de constater aujourd’hui que le pouvoir de Bozizé est réduit à lui-même, ses sœurs, ses enfants, ses multiples maîtresses et copines, ses neveux, cousins et quelques gbaya limités à son village, son clan familial qu’il a placé aux endroits stratégiques pour la prédation et dont il a aussi savamment orchestré l’entrée à l’assemblée nationale.

Pour revenir à l’homme Patassé, les Centrafricains auront retenu que son arrivée  à la tête de leur pays avait suscité beaucoup d’espoir malheureusement bien vite déçu du fait du harcèlement permanent de ses nombreux ennemis tant intérieurs qu’extérieurs mais aussi en raison de ses lubies et sa gestion assez brouillonne du pouvoir qui a fini par lui être fatale ce 15 mars 2003.

Moins d’un an après sa disparition, plusieurs partis ont vu le jour pour se revendiquer de son héritage politique alors que le MLPC son parti originel, qui l’avait un temps exclu l’avait pourtant réhabilité et fait de lui son président d’honneur à titre posthume. Son président Martin Ziguélé s’étant même réconcilié avec Patassé bien longtemps avant sa disparition, ce qui a rendu possible la création du FARE-2011 à laquelle Patassé avait grandement contribuée.  

Alors que rien ne l’obligeait à se rendre à Niamey pour prendre part à ce sommet de la Cen-Sad qui devait s’y tenir, il avait cru sa présence absolument indispensable, tenant coûte que coûte à intervenir devant entre autre, le colonel Mouammar Kadhafi, au sujet du fameux projet d’alimentation du lac Tchad  avec une partie des eaux de l’Oubangui auquel il croyait beaucoup. C’était sans compter sur la farouche volonté de Bozizé et tous ceux qui complotaient frénétiquement dans l’ombre pour le renverser à tout prix.

Avec le recul, ceux-là aussi s’en mordent beaucoup les doigts et regrettent d’avoir porté leur choix sur un certain François Bozizé sur qui ils avaient juste tablé pour venir mettre un peu d’ordre dans la maison Centrafrique mais qui a fini par prendre goût au pouvoir et les a tous roulés dans la farine aujourd’hui.

Presque tous ses  homologues d’Afrique centrale qui n’ont cessé de le « biberonner » depuis le début de son aventure, le trouvent maintenant encombrant. Selon nos informations, ils sont tellement exaspérés de lui qu’ils l’ont désormais rejeté dans les bras du seul président tchadien, obligé de se débrouiller  avec lui. La décision pour le moins cavalière, de déclarer persona non grata le président de la Commission de la CEMAC Antoine Ntsimi, quelle que soit la gravité de ce qu’on pourrait à juste titre lui reprocher, est venue les renforcer dans leur exaspération de Bozizé. C’est dire… !

A l’occasion du premier anniversaire de sa disparition, la rédaction de Centrafrique Presse comme beaucoup de Centrafricains, a une pensée pour Ange-Félix Patassé et lui souhaite encore de reposer en paix.

Rédaction C.A.P

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