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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 01:53

 

 

 

 

Archidiocese-de-Bangui.JPG

 

 

VEILLÉE PASCALE

 

Cathédrale Notre Dame de Bangui, 30/03/2013

 

 

Dieudonné Nzapalainga


Monsieur le président,

 

Chers pères,

 

Chères soeurs,

 

Chers frères et soeurs dans le Christ,

 

Et vous tous hommes et femmes de bonne volonté,

 

 

LE CHRIST EST RESSUSCITÉ IL EST VRAIMENT RESSUSCITÉ

 

Le rituel de la veillée Pascale prévoit cette célébration à la nuit tombée. Malheureusement, la situation socio-politique actuelle de notre pays nous impose un autre rythme. En effet, depuis le Dimanche des rameaux, début de la Semaine sainte qui est la Semaine la plus sacrée de notre calendrier liturgique, nos célébrations sont bouleversées. Cela semble désormais une tradition, car déjà à Noël, les chrétiens ont été empêchés de célébrer dans la quiétude la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ qui est pourtant le Prince de la Paix.

 

En nous conformant aux exigences de la sécurité, nous avons avancé la célébration de la veillée pascale à cette heure de l’après-midi.

 

Même s’il fait encore jour, le symbolisme de la lumière par lequel nous avons ouvert cette célébration, garde tout son sens. Sur le parvis de la Cathédrale, nous avons béni le feu qui nous rappelle que le Christ, passé de la mort à la vie, est la vraie Lumière du monde. Guidés par la Lumière du Christ, nous sommes entrés en procession pour écouter l’annonce de la Pâque, qui commémore l’intervention salvifique de Dieu en faveur de son peuple. Nous répondons ainsi à l’exhortation du Christ qui nous invite à sortir du monde corrompu, aveuglé par le mal, pour mettre notre foi en lui et nous laisser conduire par son amour. La lumière des bougies que nous tenons en main exprime la présence de Dieu qui est saint, qui purifie et éclaire son peuple en marche.  

 

« La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abime ».

 

Ainsi commence le récit de la création en Gn 1,1-2,2. Le contexte actuel de notre pays ressemble à ce chaos primordial qui a précédé l’intervention de Dieu : destruction du tissu social, déplacement de la population, pillage de biens, enlèvements, viols, panique généralisée, exaction, méfiance, trahison, inquiétude, doute sur l’avenir, violence, suspicions, mensonges, vengeances, terreur. En un mot, c’est la désolation. Toutefois, le texte biblique nous rappelle que le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Et Dieu lui-même est intervenu pour mettre de l’ordre, et créer l’harmonie par sa parole. Dieu dit, « Que la lumière soit ». Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne… Il a par ailleurs créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Homme et femme il les créa tout en leur donnant la responsabilité de la gestion et du développement des biens de ce monde.

 

Malheureusement, cette belle création a été défigurée par l’homme qui a rompu le dialogue avec Dieu. Il veut lui-même s’ériger en dieu et dominer les autres. Tel fut le cas de Pharaon et des Egyptiens qui ont assujetti les israélites selon le livre de l’Exode. Ce désir de domination de l’autre ne persiste-t-il pas encore aujourd’hui en nous-mêmes ? Que faisons-nous de nos frères et soeurs, de leurs droits, de leur dignité humaine, de leurs biens, de leur réputation ? Pourrions-nous nous rappeler de notre hymne national et notre devise dans lesquels nous prônons le RESPECT À LA VIE, l’UNITÉ et la DIGNITÉ par le TRAVAIL ?

 

 

Dans le contexte actuel de notre pays, nous pouvons facilement sombrer dans le désespoir. Comme les femmes de l’évangile qui se rendirent de grand matin au sépulcre de Jésus, nous sommes désemparés face aux événements qui nous dépassent. Nous continuons à chercher d’où nous viendra le secours.

 

Le salut nous viendra uniquement du Christ ressuscité : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : ‘‘Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite’’ ».

 

Chers frères et soeurs, comme nous le rappelle saint Paul en Rm 6,3b-11 « nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts ». Cette vie n’est possible que si nous laissons le Seigneur agir en nous comme il l’a annoncé par la bouche du prophète Ezéchiel : « Je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai en vous mon esprit : alors vous suivrez mes lois, vous observerez mes commandements, et vous y serez fidèles » (Ez 36,26-27).

 

 

L’Esprit de Dieu qui nous habite par notre baptême fait de nous le peuple de Dieu, et les témoins de la Bonne Nouvelle du salut. N’ayons pas peur d’annoncer que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. Dans ce contexte difficile, ne perdons pas nos valeurs chrétiennes d’amour, de fraternité, de respect, de justice, de tolérance, de réconciliation, d’unité, de paix….

 

 

Oui le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Avec le Christ ressuscité, c’est l’Amour qui triomphera. Alléluia.

 

 

QUE JÉSUS-CHRIST SOIT TOUJOURS LOUÉ.

 

 

Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Cssp

 

Archevêque de Bangui

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