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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 01:37

 

 

Ndoutingai

 

Pour sa première participation en tant que ministre des finances de la République centrafricaine à la réunion de la zone franc qui s’est tenue à Bercy les 19 et 20 septembre 2011 à Paris puis dans la foulée aux traditionnelles assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale à Washington, du 23 au 25 septembre 2011, l’incontournable Sylvain Ndoutingaï vient de faire un véritable hold-up au trésor public national avant de quitter Bangui.

Outre Sylvain Ndoutingaï, pas moins de quatre autres membres du gouvernement sont également du voyage de Washington. Il s’agit du ministre d’Etat chargé de l’Economie Sylvain Maliko, de la ministre du Commerce, Maryline Mouliom Roosalem et de la ministre déléguée à la coopération internationale, Mme Dorothée Malenzapa et de l’ancien dircab du même Ndoutingaï lorsqu’il fut ministre des mines, Obed Namsio, devenu depuis ministre délégué à la Présidence de la République chargé des Mines.    

Selon des informations concordantes et sûres, c’est muni d’une caisse d’avance de 80 millions de F CFA soit environ 122.000 euros que le ministre d’Etat Sylvain Ndoutingaï s’est envolé de Bangui pour Washington via Paris jeudi 15 septembre 2011, à peine une semaine juste après la clôture des fameux états-généraux que lui-même et Bozizé ont organisés pour prétendument  assainir les finances du pays.

Les Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale offrent chaque année l’occasion pour des responsables d’horizons divers - banques centrales, ministères des finances et du développement, secteur privé, établissements universitaires et de recherche - de se retrouver pour traiter de grands dossiers mondiaux, dont les perspectives de l’économie mondiale, la lutte contre la pauvreté, le développement économique et l’efficacité de l’aide.

Généralement, les représentants des pays membres qui sont conviés sont pris en charge et leurs titres de transport sont remboursés à Washington ainsi que des jetons de présence leur sont versés. Il n’y a donc pas lieu de de ponctionner du trésor public un tel montant sans compter les frais de mission qui ont dû également leur être versés. D’après les investigations de C.A.P, sous le régime Patassé, les ministres de finances qui se rendaient à Washington se contentaient de 6 à 7 millions de F CFA soit un peu plus de 10000 euros au maximum.

Sous l’actuel régime de Bozizé, avec le ministre des finances Emmanuel Bizot par exemple, c’était une caisse d’avance de l’ordre de 15 à 20 millions de F CFA soit près de 23000 à 30000 euros et du temps du ministre Albert Besse, cela avoisinait la  trentaine de millions de FCFA, ce qui traduisait déjà une assez forte et injustifiable gourmandise. De là à passer carrément à 80 millions de F CFA avec Ndoutingaï aujourd’hui, il y a un pas qui a été vite franchi et qui en dit long sur le sens de prédation qui caractérise ce régime bozizéen.

Mais selon nos informations, tous les ministres du gouvernement actuel ne sont pas logés à la même enseigne s’agissant des caisses d’avance que certains sollicitent pour effectuer certaines missions à l’étranger. C’est ainsi que récemment, le général quatre étoiles Antoine Gambi, ministre des affaires étrangères, s’est vu refuser le paiement d’une caisse d’avance de 4 millions de F CFA, un peu plus de 6000 euros, qu’il avait sollicitée pour se rendre quelque part alors que la ministre du Commerce Maryline Roosalem, pour se rendre à l’OMC à Genève a obtenu le versement en espèces sonnantes et trébuchantes la somme de 23 millions de F CFA soit un peu plus de 35000 euros.

Cette injustice a plongé le général Gambi dans une colère qu’il n’a pu contenir lors d’un conseil de cabinet au cours duquel le PM Touadéra a brillé par sa totale incapacité à régler ce problème. A un autre conseil de ministre, Bozizé a timidement demandé à Mme Roosalem de justifier ce qu’elle allait faire des 23 millions qui lui ont été versés. Ses explications n’ont convaincu personne mais elle a néanmoins gardé la totalité de l’argent.

Quand on sait qu’il n’y a pas longtemps, au sujet de la crise qui secoue l’université depuis plusieurs semaines, un membre du gouvernement avait déclaré sans ambages que les caisses de l’Etat étaient vides, on a quelque mal à réaliser qu’après une telle affirmation, on puisse soutirer du même trésor autant d’argent qui aurait pu à n’en pas douter, permettre d’éteindre une partie du feu qui couve à l’université.

Le Pr Gaston Nguérékata avait fortement suggéré récemment au gouvernement de faire des économies sur certaines dépenses futiles afin de se donner les moyens de résoudre la crise de l’université dont les conséquences sont très graves mais il n’a récolté que la foudre des autorités au pouvoir.

Rédaction C.A.P

 

NDLR : Au moment de mettre en ligne cet article, nous apprenons en provenance de Washington que le visa américain a été refusé par l'ambassade des USA à Paris au ministre d'Etat Sylvain Ndoutingaï qui de ce fait, est coincé dans la capitale française. Seuls les autres membres de la délagation centrafricaine devant se rendre à Washington dont Sylvain Maliko et Mme Roosalem ont pu prendre leur vol pour la capitale fédérale des USA. Affaire à suivre....!  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique