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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 23:01


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OUAGADOUGOU - Le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, est apparu amaigri vendredi à Ouagadougou avec une longue cicatrice sur le coté droit du crâne, lors de sa première sortie publique depuis une tentative d'assassinat le 3 décembre, a constaté l'AFP.

Il était en tenue civile, avec un blouson beige sur un pantalon de toile vert, avec des lunettes de vue. Cette tenue contrastait avec celles de commando parachutiste, larges lunettes de soleil et béret rouge, qu'il affectionnait en public avant le 3 décembre.

Il marchait seul, sans aide, mais lentement. Le visage figé, il n'a pas parlé durant la cérémonie, se contentant de signer le document de sortie de crise pour la Guinée.

Le capitaine Camara, 44 ans, est arrivé d'une manière inopinée mardi soir dans la capitale burkinabè, après plus d'un mois d'hospitalisation au Maroc à la suite d'une blessure par balle à la tête lors d'une tentative d'assassinat par son aide de camp.

Lors de son arrivée mardi soir, sur une base militaire de Ouagadougou, par un vol spécial en provenance du Maroc, il était "soutenu par deux personnes" à la sortie de l'avion, marchait "difficilement", était habillé en civil et portait des lunettes de vue, selon un témoin.

"Il est lucide, il parle", avait alors indiqué à l'AFP une source à la présidence burkinabè. Les rumeurs les plus alarmistes avaient circulé ces dernières semaines sur son état de santé. Avant son arrivée au Burkina, il n'avait fait aucune apparition publique.

Dadis éprouve du mal à marcher et à parler, mais il va nettement mieux, avait confirmé une source occidentale.

Le chef de la junte avait été évacué au Maroc à bord d'un avion burkinabè, avec un médecin sénégalais à bord, le 4 décembre, plus de 12 heures après sa blessure, refusant dans la soirée du 3 décembre un avion mis à sa disposition par la présidence sénégalaise.

Selon l'accord de Ouagadougou, signé vendredi, Dadis Camara "prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition". Le texte ne précise pas s'il restera au Burkina. Il loge pour l'instant dans une villa à Ouagadougou.

La communauté internationale, France et Etats-Unis en tête, redoutait plus que tout un retour en Guinée du capitaine Camara, mis en cause avec d'autres par des enquêteurs de l'ONU pour sa participation au massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre à Conakry.

(©AFP / 15 janvier 2010 22h07)



Le retour de Dadis Camara menace la paix civile en Guinée, par Christophe Châtelot

LE MONDE | 15.01.10 | 09h12  •  Mis à jour le 15.01.10 | 14h19

La brise d'optimisme a tourné. De nouveau, la Guinée s'inquiète. "Atmosphère électrique dans les casernes", "risque de guerre civile" : même les observateurs généralement modérés – à l'image d'un Oury Bah, numéro deux de l'Union des forces démocratiques de Guinée, l'un des principaux partis d'opposition – redoutent des scénarios funestes.

Cette dramatisation est alimentée par la réapparition inattendue, mardi 12 janvier, du capitaine Moussa Dadis Camara sur la scène guinéenne. Certes, il ne s'agit encore que d'un demi-retour. En provenance du Maroc où il était hospitalisé depuis cinq semaines, Dadis a été déposé, contre son gré, à 1200 kilomètres de chez lui, à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

"EN COLÈRE"

"Il pensait arriver à Conakry, il était très en colère. Le président [burkinabé] Blaise Compaoré a dû le calmer au téléphone", explique une bonne source à Ouagadougou. Mais, même à distance, Dadis Camara menace un fragile processus de transition démocratique, à peine amorcé.

La transmission du pouvoir des militaires aux civils avait pris forme avec l'éloignement de Conakry du capitaine putschiste. Avant son départ, Dadis, qui avait ramassé la mise, le 23 décembre 2008, au lendemain de la mort de Lansana Conté, s'était mis en tête de se présenter à l'élection présidentielle, prévue en janvier. Il avait juré auparavant de n'en rien faire.

Son ambition s'est brisée le 3 décembre 2009. Ce jour-là, le chef de la junte militaire tombait sous les balles de son aide de camp, Aboubacar "Toumba" Diakité. Cette tentative d'assassinat ressemblait à un règlement de comptes entre amis. Les deux hommes, que l'on disait inséparables, se rejetaient la responsabilité du massacre d'au moins 156 opposants, le 28 septembre 2009.

Une enquête de l'ONU sur ce massacre a recommandé à la Cour pénale internationale de les inculper tous les deux pour crimes contre l'humanité.

Faute d'informations fiables filtrant de l'hôpital militaire marocain de Rabat, où Dadis avait été transféré en urgence, tout a été dit sur son état de santé : mort sur le coup; légèrement blessé; réduit à l'état de "légume". La page Dadis semblait tournée.

Le général Sékouba Konaté, ministre de la défense, épargné par l'enquête sur une tuerie commise par les "bérets rouges" de la garde présidentielle, était devenu le porteur d'espoir d'une issue pacifique.

Certes, il a fallu pousser le président par intérim pour qu'il assume ses responsabilités. "La France et les Etats-Unis l'ont travaillé au corps lors d'une rencontre à Rabat [le 4 janvier]. Ils lui ont fait prendre des engagements fermes", explique un diplomate africain au fait du dossier.

Deux jours après ce rendez-vous, le général Konaté acceptait publiquement, à Conakry, "un premier ministre issu de l'opposition, nommé par elle-même" et chargé de conduire la transition jusqu'à une future élection présidentielle.

LES PARTISANS DE DADIS S'AGITENT

Mais, le 12 janvier, Dadis a réapparu. "Le Maroc voulant s'en débarrasser et la Centrafrique n'ayant pas voulu de lui malgré une demande française", selon le diplomate africain, Dadis a atterri à Ouagadougou.

Reçu, sans tapis rouge ni honneurs présidentiels, il est logé dans une villa, officiellement pour y poursuivre sa convalescence. "Car Dadis n'est pas, physiquement, en état de reprendre le pouvoir, nous affirme une très bonne source. Il a besoin d'encore au moins trois mois pour se relever de ses blessures et de l'embolie pulmonaire contractée au Maroc."

Mais rien ne dit que le Burkina Faso, présidé par l'ex-militaire putschiste Blaise Compaoré, que l'on dit proche de Dadis Camara, retiendra son hôte si celui-ci veut réellement partir. Malgré une forte pression internationale, de la France notamment, qui s'oppose fermement au retour du capitaine.

Déjà, plus Dadis se rapproche de la Guinée et plus ses partisans s'agitent. "Géographiquement, le Burkina Faso et la Guinée ne sont pas si éloignés, cela crée une dynamique pour déstabiliser notre pays", s'inquiète Oury Bah. Le 14 janvier, quelques centaines de "pro-Dadis", réunis devant l'aéroport de Conakry, réclamaient le retour de leur héros.

POUVOIR DE NUISANCE

Minoritaires dans le pays, ils disposent d'un réel pouvoir de nuisance. Notamment parce que les Forestiers (environ 7 % des 10 millions de Guinéens), l'ethnie du capitaine Dadis, tiennent des pans entiers de cette armée clanique, dont le contrôle et une profonde restructuration sont des éléments indispensables pour stabiliser un jour la Guinée.

Les soldats sont le principal facteur d'insécurité dans le pays et un certain nombre de casernes défient l'autorité du général Konaté. Celui-ci aura-t-il la poigne nécessaire pour contrecarrer le sursaut des pro-Dadis ? Ne sera-t-il pas tenté de jeter l'éponge, lui que l'on dit dépourvu d'ambitions politiques et qui porte comme un fardeau son intérim ?

Or, il n'est pas acquis que les "forces vives" lui facilitent le travail. Ce front anti-Dadis est aussi large que divisé. Aucun nom de premier ministre n'est sorti de ses discussions.

"Chacun veut placer son homme", regrette Mamadi Kaba, directeur de l'antenne guinéenne du Réseau africain de défense des droits de l'homme (Raddho). "Américains et Français finiront par imposer leur candidat", prédit-il. Avant que le "président" Dadis ne revienne à Conakry ? "Alors ce sera la guerre civile", annonce Mamadi Kaba.

Courriel : chatelot@lemonde.fr. Christophe Châtelot (Service international)



Szpiner au rapport

15 janvier 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...(Source :www. survie.org)



Après Balkany qui estimait, quelques jours avant le massacre du 28 septembre à Conakry, que la candidature à la présidentielle du chef de la junte guinéenne, le capitaine Camara « n’était pas un problème » (Billets d’Afrique octobre 2009), Le canard Enchaîné (23 décembre 2009) nous apprenait que Camara avait confié à l’avocat Francis Szpiner une mission d’enquête sur le massacre dont il est le principal responsable.


Szpiner
n’aura pas eu le temps de rendre son rapport après que Camara eut été victime d’une tentative d’assassinat de son aide de camp. « Lequel aurait forcément été accablant » conclut ironiquement Le Canard. Ce « consultant » a eu d’autres clients dans le passé : Bokassa en Centrafrique, par exemple, Ismaël Omar Guelleh, le dictateur et tortionnaire djiboutien ; ou Robert Montoya, fournisseur de « services de sécurité » au tyran togolais Eyadema ; et nombre de figures françafricaines.


Avec douze autres bons apôtres, Szpiner s’est rendu au Gabon en 1998 pour y enterrer la démocratie, en « observant » et avalisant la réélection frauduleuse d’Omar Bongo. Question subsidiaire : l’ancien avocat de Jacques Chirac a t-il accepté la rédaction de ce rapport à titre gracieux ou pas ?

 

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