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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 15:21

 

 

 

rectorat université Bangui

 

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 07 Septembre 2011 13:37

Le spectre d’une année blanche se précise  davantage à l’Université de Bangui. Les enseignants du supérieur viennent de reconduire ce mercredi 7 septembre 2011,  leur mouvement de grève pour une durée d’un mois. La décision est prise au cours d’une assemblée générale tenue à l’Université de Bangui.

Le SYNAES réclame du gouvernement la signature de l’arrêté d’application portant statut particulier des enseignants du supérieur.  Le décret a été signé depuis 2006.

Selon docteur Jean-Alain Mokossesse, un des membres du Syndicat  National des Enseignants du Supérieur (SYNAES), « de toutes les négociations entamées après plus d’un mois de grève, le gouvernement n’a pas fait de propositions concrètes pour une sortie de crise. Le premier ministre est démissionnaire face à ce dossier. Une dernière rencontre avec lui avait accouché d’une souris ».

Au sujet d’une éventuelle déclaration de l’année blanche, Jean Alain  Mokossesse indique que « le SYNAES a toujours un sens patriotique et ne veut pas franchir une telle étape. Mais c’est le gouvernement qui ne veut jamais prendre ses responsabilités pour éviter le pire. Nous avons déjà brûlé toutes les phases de négociations, même en sourdine, enclenchées depuis 5 ans pour de meilleures conditions de travail et cadre de vie ».

A titre de rappel, Ces enseignants ont aussi eu une rencontre infructueuse il y a 2 semaines avec le Médiateur de la République Monseigneur Paulin Pomodimo.

Il faut dire le prolongement de cette grève coïncidera avec la rentrée scolaire prévue le 15 septembre prochain.

 

 

 

L a crise à l’Université de Bangui est-elle un mépris institutionnel?

 

Godfroy-Djanayang-Gondje.JPG

 

Depuis quelques mois il nous a été donné de constater que l’unique industrie de fabrication des intellectuels en République centrafricaine qui est l’université de Bangui, souffre  de nos jours d’une  maladie dont nous connaissons tous les symptômes. La grève des enseignants du supérieur qui revendiquent l’application de leur nouveau statut particulier, et celle des étudiants qui réclament le  départ immédiat du Directeur Général du service des bourses.

Face à cette situation mettant surtout en péril l’avenir des jeunes cadres, l’on se permettra de s’interroger si la jeunesse du pays est victime  d’un mépris institutionnel  ou  comme dirait l’autre, « je ne jamais été à l’université ainsi que ma progéniture, pour accéder à de hautes études ».  Alors face cette circonstance, sans doute, l’analyse minutieuse de la réponse du ministre d’Etat en charge de l’enseignement supérieur constituera une source d’inspiration en termes de réflexion profonde. Dire que  « les caisses du trésor sont vides », cette déclaration ne passera pas inaperçue. Elle  servira certes dans cette analyse comme pistes des solutions qui nous entraineront finalement à faire la proposition de l’utilisation de  « la méthode  patriotique et d’équilibre financier » aux autorités politiques.

Mais comment l’on peut utiliser la méthode patriotique et d’équilibre financier pour résoudre la crise à l’université de Bangui?

 D’une manière générale, la méthode patriotique et d’équilibre financier est une méthode qui repose  exclusivement sur le sens du patriotisme mais avec une volonté politique de donner satisfaction partielle  à certaines revendications légitimes quant elles touchent surtout aux contentieux financiers opposant l’Etat à certaines tierces personnes  et que l’Etat ne dispose pas les moyens nécessaires d’y faire face immédiatement. L’objectif de cette théorie est de  sauver l’intérêt général.  Alors  pour mettre en évidence  « la méthode  patriotique et d’équilibre financier » face à la situation des enseignants de l’Université de Bangui, l’Etat pouvait dans cette circonstance à titre exceptionnel proposer donc de donner des primes forfaitaires sur le salaire de ses enseignants du supérieur en fonction de leur grade universitaire. Entre temps l’Etat, se refait une santé économique pendant une période bien déterminée avant de faire entrer en vigueur le nouveau statut dont il est signataire. Par contre, au sens de sa responsabilité, l’Etat ne doit jamais oublier qu’en signant le statut particulier des enseignants du supérieur, il a donné naissance à un droit créateur, par conséquent ; il est tenu de respecter son engagement. Mais dire que « les caisses du trésor sont vides » est  un acte d’irresponsabilité et du mépris institutionnel au regard surtout de la jeunesse montante qui est la première victime  traumatisée dans cette crise.

 On a beau dire ici et mentionner noir sur blanc que l'Education est l'un des quatre piliers du document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), mais le budget alloué à ce secteur demeure paradoxalement très faible. Pour corriger de façon durable ce déséquilibre, je suggère :

-la mise en place d'une  LOI DE PROGRAMMATION TRIENNALE OU QUINQUENNALE pour suivre les investissements massifs consacrés au secteur            

-la consécration d'au moins 20% du budget national  au secteur de l’éducation national

-la revalorisation des bourses d'études à 10% pour les étudiants de Bangui et 25% pour ceux étudiant à l'extérieur.

 

-la dépolitisation des fonctions universitaires, et  la détribalisation des associations étudiantes.

 

-procéder à l'intégration dans la Fonction publique de tous les enseignants encore en chômage.

 -la nomination des hommes qu'il faut à la place qu'il faut dans les responsabilités à l'Université de Bangui et ses différentes structures.

 

Par contre, au sujet de la revendication des étudiants, je  propose que  le dialogue d’apaisement politique et l’implication  effective des responsables  des étudiants désormais, dans la gestion directe de la commission d’attribution des bourses peuvent remettre la tension estudiantine à une température normale. L’objectif de cette solution est  de privilégier  la règle de transparence et surtout le mérite au niveau de l’octroi des bourses afin d’éviter le principe de récompense politicienne aux étudiants serviteurs des partis politiques.     

Par ailleurs, l’on creusera davantage pour mieux cerner les tenants et les aboutissants de cette crise  en se  posant la question  si le remplacement de l’ancien recteur le Professeur BOBOSSI est vraiment une solution idoine à la dite crise ? Le sens d’objectivité nous invite justement de dire que le Pr BOBOSSI n’est pas la caisse du trésor public ; il n’est qu’une personnalité politico- administrative au sens de sa responsabilité régalienne  par déduction mais mettre ce dernier hors du cercle en pleine situation de crise  n’est pas une  bonne solution. Quand bien même le pouvoir de nomination est reconnu à l’Etat mais  compte tenu de la gravité de la  crise, cela ne permettait pas le départ du Pr BOBOSSI. A la limite, son  départ pouvait se faire après la résolution de la crise.

Pour finir, l’on se demandera une fois de plus si l’Université de Bangui sera mise en vente ou   réouvrira t-elle ses portes  ou  ce sera la descente aux enfers, l’année blanche ?

 

Godfroy- Luther GONDJE- DJANAYANG                             

Expert  Analyste en Gestion des crises politico- militaires.

 

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