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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 12:45

 

 

 

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La nomination de nouvelles personnalités politiques centrafricaines, indépendantes, compétentes et intègres au Gouvernement d'Union Nationale (GUN) ne changera rien à la dure réalité sociale, économique ou politique en Centrafrique. Si le dialogue de Libreville II a permis un cessez-le-feu, la menace réelle d'utilisation des armes reste comme une épée de Damoclès sur le régime en place et par extension le peuple centrafricain. Un seul exemple illustre parfaitement les risques que comporte une telle menace. En effet, les violations de l'accord de Libreville par la coalition des rébellions SELEKA qui a attaqué et qui contrôle maintenant la ville de DIMBI (17 km de KEMBE), une ville notoirement connue pour ses richesses diamantifères et la ville carrefour et fleurie de KEMBE. A DIMBI, depuis le contrôle du territoire par les éléments de SELEKA, ces derniers recrutent de force des jeunes (filles et garçons) valides, des adultes, des personnes âgées et les font travailler comme des esclaves dans des conditions inhumaines et dégradantes sur les chantiers de diamant. Toute tentative de fuite est synonyme de mort garantie car les occupants ont la main facile sur la gâchette. Ce que nous venons de dévoiler n'est que la partie visible de l'iceberg. Notons que KEMBE située à 617 km de Bangui, est une ville commerçante et paisible où l'on trouve des collecteurs de diamants et des acheteurs agréés de café et une population melting-pot. Le contrôle de ces deux villes n'est pas dû au hasard. Les éléments de SELEKA veulent tout simplement mettre la main sur les butins de guerre.

 

« Le Collectif des Oubanguiens », un cercle de réflexion, un lieu de dialogue, d'expertise, une aide à la décision, condamne avec fermeté les exactions commises sur la population civile et appelle les institutions nationales et internationales des droits de l'homme à se mobiliser pour que les victimes de ce conflit, encore une fois, ne se sentent pas abandonnées. Nous espérons que toute la lumière sera faite sur les crimes et délits inhérents à cette rébellion par une commission vérité-réconciliation comme en Afrique du Sud ou au Pérou. Ainsi on échangera la vérité contre l'amnistie. Il ne doit pas y avoir de coup d'éponge. L'impunité n'a plus droit de cité en République Centrafricaine.


Comment faire pour transformer les objectifs de Libreville II en projet économique et social, à même de créer de l'emploi ? La réponse n'est pas évidente mais c'est un challenge. Le GUN a du pain sur la planche car tout le monde sait aujourd'hui que les caisses du trésor public ont été vidées. D'ailleurs, le GUN par son Premier Ministre, Maître Nicolas TIANGAYE, a déjà annoncé la couleur en disant clairement que la priorité est la sécurité. Pour nous, même si la sécurité est fondamentale dans le processus de paix, il n'en demeure pas moins que la lutte contre le chômage reste et demeure de très loin le souci de toutes les familles centrafricaines.


En dix ans de règne du président François BOZIZE YANGOUVOUNDA et son parti dominant le KNK, on nous a toujours dit que la priorité c'est la sécurité. Regardons en face le bilan des 10 ans : c'est l'insécurité généralisée. Le programme de Désarmement Démobilisation et Reconversion (DDR), une mesure phare d'apaisement, est un échec d'où les revendications corporatistes de SELEKA et autres forces armées non conventionnelles ou occultes. Le Haut-commissariat au DDR proposé par les Actes du Dialogue National tenu à Bangui, du 9 septembre au 27 octobre 2003, n'a toujours pas eu lieu. Maintenant, le GUN doit répondre à ce défi vital. Au nombre de projets qui circulent dans le microcosme politique centrafricain et qui touche le secteur de sécurité, il y a le projet Explorateur de Lionel SARAGA-MAURAIS, conseiller en matière stratégique du ''Le Collectif des Oubanguiens'', qui répond à ce besoin. Aux dernières nouvelles, nous savons que ce projet est sur la table du Premier Ministre. Qu'en fera-t-il ?


Ne nous voilons pas la face : la sécurité est un problème politique. Il faut se retrouver autour d'une table où tous les protagonistes prendront la parole pour débattre et trouver une sortie de crise honorable et digne pour tous.


Après avoir constaté l'échec pathétique du tout sécuritaire, la République Centrafricaine, dans cet abîme, a besoin d'un plan « Marshall ». Le plan « Marshall » permettrait d'ouvrir des chantiers de réformes politiques, économiques et culturelles. Depuis les années 80, avec l'irruption du phénomène des coupeurs de route, les « zaraguinas », les braconniers se déplaçant à dos de chameaux et de la campagne militaire de SELEKA où les villes tombaient les unes après les autres comme des châteaux de cartes face à la déroute des forces armées centrafricaines. Les institutions internationales et les ONG ne cessent de sonner l'alarme en pointant du doigt le recrutement des enfants-soldats par les rébellions en violation flagrante de la Convention internationale des droits de l'enfant dont la République Centrafricaine est partie-prenante. En réformant en profondeur l'armée centrafricaine, on pourra donner la chance aux jeunes d'apprendre des métiers et devenir des citoyens.


En effet, les États généraux de la Défense Nationale qui ont eu lieu à Bangui du 19 août au 9 septembre 1996, avaient préconisé dans la Recommandation N°6, l'adoption d'un texte de loi portant reprise du Service Militaire Obligatoire et la considération du service militaire comme condition principale d'entrée dans la fonction publique. Ce qui permettrait d'une part de renforcer le civisme, l'unité nationale et l'égalité entre les citoyens et d'autre part de rapprocher l'Armée Nationale de sa population. N'est-il pas grand temps de mettre en application, en concertation avec les bailleurs de fonds et les pays amis, une telle politique qui permettrait à nos jeunes d'avoir un avenir ?

 

Faustin ZAMETO MANDOKO

 

''Coordonnateur du Collectif des Oubanguiens ''

faustin.zameto@orange.fr


Paris, 02 février 2013

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion