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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 22:42




 

Au cours d’un point presse tenu le 22 octobre et publié ci-après in extenso, la Coalition des groupes et partis politiques de l'opposition a porté à controverse la réduction de l'équipe gouvernementale effectuée par le nouveau président, Ali Bongo. Elle dénonce, entre autres, de nombreuses violations de la loi et des procédures, la chasse aux sorcières, la «dérive autoritaire de l'exécutif», la «forte propension à la personnalisation du pouvoir», ou encore l’«atteinte à la liberté syndicale [et] aux libertés publiques».


COMMUNIQUÉ DE LA COALITION DES GROUPES ET PARTIS POLITIQUES DE L'OPPOSITION


"À la suite de la composition du nouveau Gouvernement et l'important mouvement opéré dans la presque totalité des emplois supérieurs de l'administration centrale, la coalition des Groupes et Partis Politiques de l'Opposition constate que l'équipe gouvernementale bien que réduite, tel qu'ils l'ont préconisé dans leurs programmes de campagne, reste encore plus nombreuse que les Gouvernements Casimir OYE MBA et Paulin OBAME NGUEMA de 1990 et 1994.

Par ailleurs, la coalition s'étonne pour le regretter de ce que le Conseil des Ministres du lundi 21 octobre 2009 ait pris un ensemble de décisions de nominations sans que les nouveaux Ministres investis du pouvoir de proposition n'aient jamais été consultés. De fait, en la matière, la loi n° 20/2005 du 03 janvier 2006 fixant les règles de création, d'organisation et de gestion des services de l'État donne compétence au Ministre en charge du département de proposer en Conseil des ministres la nomination aux emplois civils et militaires de l'Etat par le Président de la République.

Or, en laissant aux seuls soins du Président de la République et du Premier Ministre la compétence exclusive de la nomination des Secrétaires Généraux et des Directeurs Généraux des administrations, le Conseil des ministres viole la loi et consacre l'émergence d'une nouvelle caste de roitelets qui, placés à la tête des administrations par la seule volonté du chef de l'État, n'auront de compte à rendre qu'à celui-ci. Cela dénote d'une dérive autoritaire de l'exécutif et d'une forte propension à la personnalisation du pouvoir. La nomination à des fonctions inexistantes dans les organigrammes des administrations, notamment au Ministère des Affaires étrangères, constitue une autre violation de la loi.

 Ces nominations en série, qui concernent plus de 300 postes, avec hélas une forte connotation de repli identitaire, viennent confirmer avec une ampleur inégalée la chasse aux sorcières à laquelle le pouvoir se livre pour imposer à l'administration des choix qui ne correspondent pas toujours à l'éthique et à l'efficacité des missions du service public. Ainsi donc, des fonctionnaires ayant battu campagne ou ayant été simplement soupçonnés d'être proches de candidats de l'opposition, ont été purement et simplement limogés au profit de ceux proches du premier cercle du pouvoir.

 En regardant de plus près un certain nombre de nominations, la Coalition a du mal à se convaincre, des principes énoncés par le Conseil des ministres pour justifier le large et important mouvement dans l'administration centrale. Cette manière populiste de faire croire au changement ne peut convaincre personne, car en déplaçant certains hauts fonctionnaires de postes importants vers des postes moins voyants qui leurs permettent de conserver leurs privilèges, le pouvoir opère juste un petit tour de passe-passe.

Des proches collaborateurs du Président de la République se sont vus accorder le cumul de leur fonction avec celle de président de conseil d'administration d'entreprises et organismes publics, en violation des articles 64 et 67 de la loi 1/2005 portant statut général de la fonction publique. C'est le cas notamment à la CNSS, à l'OPRAG et à Gabon Port Management. Ces décisions ne règlent en rien les problèmes profonds qui minent notre administration; elles viennent au contraire les accentuer. Elles nous montrent aussi qu'entre le discours et l'action il y a un grand décalage. Le copinage, le clientélisme politique et le tribalisme ont bien été au centre des dernières nominations du conseil des ministres concoctés par un groupe de personnes qui se sont partagés, tel un gâteau, les postes importants de l'administration aggravant ainsi sa politisation.

 La nomination d'un citoyen britannique, notoirement ami personnel du Président de la République, pour diriger les parcs nationaux qui constituent un patrimoine national stratégique illustre bien cette dérive émergente que nous dénonçons.

La nomination de Madame Honorine Dossou NAKI, député à l'Assemblée Nationale, à la fonction de Haut Représentant du Président de la République chargée de la Zone Franche, est contraire à la Constitution et aux dispositions de la loi organique 11/96 relative à l'élection des députés.

 Mais au-delà de cet ensemble de mesures et de décisions, nous réaffirmons que le système politique que ce pouvoir incarne n'est pas à même de servir les intérêts du peuple Gabonais.

Enfin dans le communiqué final qui a sanctionné ses travaux, le Conseil des Ministres a annoncé un ensemble de mesures et de décisions qui portent clairement atteinte à la liberté syndicale donc aux libertés publiques dans notre pays. Face à cette dérive autoritaire la Coalition appelle les citoyens à défendre leurs droits et à les faire respecter".

 


Source :
gaboneco.com 22-10-2009 


Gabon: l'opposition dénonce une "personnalisation du pouvoir"

 

LIBREVILLE (AFP) - jeudi 22 octobre 2009 - 20h20 - L'opposition au Gabon a dénoncé jeudi une "dérive autoritaire" et une "personnalisation du pouvoir" quelques jours après la formation d'un nouveau gouvernement et de changements importants dans les administrations du pays.


En laissant "aux seuls soins du président de la République et du Premier ministre la compétence exclusive de la nomination des secrétaires généraux et des directeurs généraux des administrations, le Conseil des ministres viole la loi et consacre l'émergence d'une nouvelle caste de roitelets", a déclaré à la presse l'ancien Premier ministre et porte-parole d'une coalition de partis de l'opposition, Jean Eyéghé Ndong.


Ces nominés, selon lui, n'auront de comptes à rendre qu'au président Ali Bongo.


Lundi, le premier Conseil des ministres du nouveau président avait annoncé qu'il placerait sous la compétence du président, en concertation avec son Premier ministre, ces nominations afin de "mettre un terme aux promotions parfois guidées par le repli identitaire, le clanisme et le clientélisme politique, source d'inertie et d'inefficacité".


Cette décision "dénote d'une dérive autoritaire de l'exécutif et d'une forte propension à la personnalisation du pouvoir", selon la coalition, qui regroupe les principaux candidats contestant toujours la victoire d'Ali Bongo.


La coalition des opposants a aussi dénoncé une "manière populiste de faire croire au changement" qui "ne peut convaincre personne, car en déplaçant certains hauts fonctionnaires de postes importants vers des postes moins voyants qui leur permettent de conserver leurs privilèges, le pouvoir opère juste un petit tour de passe-passe".


"Face à la dérive autoritaire la Coalition appelle les citoyens à défendre leurs droits et à les faire respecter",
a conclu M. Eyéghé Ndong.

 

  


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