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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 02:02

 

 

A.Diouf.jpg

 


(Politico 12/10/2010)



Ce n’est pas un coup de Trafalgar mais un coup de massue asséné avec violence, foi et conviction sur la tête de ceux qui nous dirigent. Mal surtout. La Francophonie version française prend la couleur jaune-rougeâtre ou brunâtre, avec la mise en cause flagrante et véridique d’Amnesty International qui épingle l’actuel secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, candidat à sa propre succession.

 

Une situation intenable pour la France, pays des droits de l’homme, qui ne peut laisser faire face à la bronca qui gagne le monde francophone, alors que l’élection au Secrétariat général de la Francophonie, aura lieu les 22 et 24 octobre prochains, à Montreux, en Suisse.

 La France va-t-elle imposer à la tête du Secrétariat général de la Francophonie, Abdou Diouf ? Probablement, malgré le refus de la plupart des pays francophones qui n’en veulent plus. Une voltige osée du suzerain françafricain Nicolas Sarkozy, qui risque de se retourner contre lui-même. Amnesty International, dans un rapport très documenté que nous nous sommes procuré, accuse explicitement l’ancien président sénégalais d’avoir ordonné implicitement le massacre de nombreuses personnes par l’armée sénégalaise en Casamance. Femmes, enfants, hommes, sans exclusive, passaient à la moulinette.

Comme l’indique le rapport que récuse Abdou Diouf arguant que ce n’est qu’un tissu de mensonges et de contrevérités, les témoignages pourtant, sont sans équivoque. Le nombre de disparus dans cette guerre asymétrique en Casamance se compte par centaines de milliers. Ainsi, indique le rapport, de nombreuses personnes, des villageois surtout, étaient enlevées et jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait où elles sont passées. On parle même de charniers. On peut se demander aujourd’hui pourquoi l’Etat sénégalais n’est jamais arrivé à bout de la rébellion puisque la guerre est presque relancée d’où la mise à jour à nouveau, du document d’Amnesty International. Un livre sur ce conflit vient d’être publié aux éditions Khartala intitulé "Le conflit de Casamance : ce que disent les armes" dans lequel, l’auteur, Jean-Claude Marut décrypte les mécanismes de cette guerre sans fin...

Jean-Claude Marut revient sur un épisode triste, celui de 1995 où, les militaires d’Abdou Diouf se sont illustrés négativement. En Casamance, ils pillent, violent et tuent impunément, et reconnaissent en privé « s’amuser comme des fous ». Alors, que fait et dit le président ? Rien. Selon l’auteur, ce laisser-faire était simplement dans le but de se maintenir à la présidence de la République sénégalaise, de peur qu’il ne soit victime d’un coup d’état. Pour lui donc, mieux valait son pouvoir que la vie de pauvres villageois. L’homme ne change donc pas. A la tête de la Francophonie depuis déjà 8 années, sans résultat signifiant, il sollicite un nouveau mandat alors qu’il a déjà été épinglé pour mauvaise gestion. Du moins, tous les amis de Sarkozy sont dans la même dynamique et bénéficient d’une impunité sans limite. N’est-ce pas Eric W. ?

Mais, il y a pire. En 1997, l’actuel secrétaire général de la Francophonie a vraiment « lâché la bride ». En effet, lorsque le point de vue des tristement célèbres dits « éradicateurs », adeptes de la liquidation de tous les êtres vivants de la Casamance l’emporte à Dakar, capitale sénégalaise, l’armée obtient un blanc-seing. Les militaires, avec la complicité du président, allait se donner à coeur joie, « se défouler » sans risque d’être inquiétée par le pouvoir politique. C’est de cette répression aveugle qu’est tiré le rapport d’Amnesty International. Les villageois et les rebelles sont mis dans le même panier. Il fallait les éliminer par tous les moyens. C’est ainsi qu’en Casamance, on ne compte plus le nombre de mutilés, de personnes victimes de traumatismes physiques et psychiques de tous ordres. On compte même, pour l’année 1997, près de 12 000 cas de troubles psychiatriques.

 Avec un pedigree haut en couleurs de la sorte, on se demande bien comment Abdou Diouf a pu passer entre les mailles du filet et se retrouver à la Francophonie. Pour une personne dont les suspicions sont aussi fortes, la souffrance du peuple casamançais importe peu au président français Nicolas Sarkozy, qui lui renouvelle sa confiance. Quand on voit dans nos murs, une personne qui vit grâce à nos impôts, se pavaner dans nos palais et dans les ors de la République, il y a de quoi être choqué. L’Empereur Bokassa avait été contraint de quitter la France pour retourner en Centrafrique où il fut jugé. Le Général Noriega, ancien homme fort du Panamá, extradé des Etats-Unis, peuple nos prisons, accusé de blanchiment. Et Abdou Diouf l’ami du roitelet élyséen dans tout ça ? Il jacte rue de Bourgogne. Mais où est le peuple de France ?

Vive la Françafrique.... Quelle ironie !

Helne Monnier

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales