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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 02:01

 

 

 

 

 

Hollande et Kabila

 


Qu’on le veuille ou pas, en décidant de se rendre lui-même au XIVème sommet de la francophonie de Kinshasa plutôt que de se faire représenter, François Hollande a non seulement fait preuve de beaucoup de courage mais il a opéré une rupture certaine avec les vieilles pratiques des anciens dirigeants français auxquelles ont été habitués les potentats africains de la Françafrique consistant à fermer les yeux sur leur côté « république bananière », leur penchant dictatorial, les violations des droits de l’homme qui les caractérisent et à s’accommoder d’eux.


Les calculs de Joseph Kabila sont tombés dans l’eau, lui qui escomptait tirer un profit politico-diplomatique de la tenue de ce sommet dans sa capitale pour redorer son blason plus que terne. Il croyait qu’étant son hôte, le président français allait être intimidé ou s’abstiendrait de sonner le tocsin sur la nécessité du respect des droits humains et surtout la demande formulée par la France d’ un procès « équitable et transparent » des responsables de l’assassinat, en juin 2010, du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana. Il a dû grandement revenir de ses illusions.


Outre François Hollande, les premier ministres du Canada, Stephen Harper et surtout du Quebec, Pauline Marois qui a refusé délibérément de rencontrer Joseph Kabila, n’étaient pas non plus allés avec le dos de la cuillère pour rappeler à ce dernier qu’il a non seulement été mal élu à l’issue d’une mascarade électorale mais qu’il n’est pas possible de s’accommoder de son régime où il n’y a pas de place pour les libertés fondamentales et surtout le respect des droits de l’homme.


A travers Joseph Kabila, les messages de François Hollande, de Stephen Harper et Pauline Marois s’adressaient en fait et aussi à tous ces dirigeants africains. Pour une fois, les plus hautes autorités de ces pays occidentaux n’ont pas succombé au chantage abject traditionnel des chefs d’Etat de la Françafrique de les priver d’accès aux matières premières de leurs pays. Même si les états n’ont que des intérêts à défendre et à préserver, les considérations de morale et de bonne gouvernance commencent à s’imposer progressivement dans les relations entre les états du nord et ceux du sud, surtout d’Afrique au sud du Sahara. Les discours de François Hollande de Dakar et de Kinshasa, si les déclarations qui y sont contenues sont traduites en acte, donnent de l’espoir aux démocrates africains.


Seulement, l’Afrique étant composée de plusieurs pays, la situation de chacun d’entre eux avec ses dirigeants doit être examinée de plus près. Il n’y a pas de raison que Joseph Kabila de RDC et Idriss Déby du Tchad soient mis sur la sellette pour respectivement les affaires d’assassinat de Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana ainsi que celle de la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh et qu’un certainFrançois Bozizé de Centrafrique qui a pourtant des comptes à rendre aussi notamment sur la disparition en décembre 2009 de Charles Massi dans des circonstances toujours non éclaircies à ce jour, puisse tabler sur l’oubli, le temps et l’amnésie des Centrafricains pour s’en tirer. Il s’agit d’un être humain et non d’un animal. Si sur son ordre, sa soldatesque a tué Massi comme cela semble de moins en moins faire de doute, son corps doit être au moins restitué à sa famille. Sur ce point, on attend toujours les explications de Bozizé.

 

 Ces chefs d’Etat surtout d’Afrique centrale qui ont sur la conscience les disparitions pour ne parler d’assassinats d’opposants politiques, ont en commun cette particularité d’être peu regardant sur le respect des droits de l’homme et aussi d’avoir pourtant été maintes fois interpellés par les défenseurs des droits humains pour manquements graves dans leur gestion du pouvoir d’Etat. Aucun d’entre eux ne doit jouer les surpris à présent. Au demeurant, ils avaient été suffisamment avertis par le candidat François Hollande lorsque celui-ci battait seulement campagne pour entrer à l’Elysée. Il n’avait pas hésité à pronostiquer que le 6 mai 2012 s’il était élu, serait un jour terrible pour les dictateurs. Nous y sommes !


La Rédaction

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