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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 23:38

 

 

 

 

Francis Boz

 

Les incidents graves qui s’étaient déroulés à Bangui le 02/08/2012 suite à la proclamation du concours d’incorporation dans l’Armée en république centrafricaine ne peuvent laisser indifférent, tant les conséquences sur le plan politique et social sont déplorables et exigent que les responsabilités soient établies au niveau de ceux dont les manœuvres d’escroquerie ont conduit à cette situation qui a failli basculer le pays dans le drame.

En effet, il est choquant de constater qu’au sommet de l’Etat un mécanisme d’escroquerie soit ainsi soigneusement mis en place pour « extorquer » de l’argent aux pauvres gens, en particulier les jeunes dont le taux de chômage devient endémique ces dernières années.  Comment peut-on admettre que, pour seulement sept cent (700) places prévues à l’issue des épreuves, le ministère de la défense puisse accepter plus de dix mil dossiers de candidature ?

Il va sans dire que derrière « ce coup de Trafalgar », il y a une velléité économique qui mérite d’être dénoncée et sanctionnée ; plus de 50 millions de francs cfa encaissés dans ces conditions est non seulement inadmissible, mais scandaleux. Qui peut réellement admettre que, dans un pays comme la république centrafricaine où le pouvoir est défaillant dans les résorptions du chômage, de l’insécurité, de la crise de l’électricité, de l’eau, de la santé, de l’éducation, des denrées alimentaires, etc., un Ministre délégué à la Défense puisse se livrer indécemment à un acte aussi rébarbatif et moralement répréhensible qu’une manœuvre d’extorsion de l’argent à une partie de la population désœuvrée qui n’aspire qu’à servir sa patrie ? Et comment un tel acte peut être posé par un Ministre délégué à la Défense sans l’aval  du Ministre de la Défense lui-même qui, de surcroît, est le Président de la république François Bozizé ?

Toutes ces interrogations nécessitent des explications qui ne peuvent rester sans conséquence si la république centrafricaine était un Etat de Droit à proprement parler. Autrement dit, dans un pays réellement démocratique, le Ministre délégué aurait pu, devant la gravité de tels faits, soit démissionner ou, le cas échéant, être démis de ses fonctions. Malheureusement, tout ce que le Ministre délégué trouve comme échappatoire à cette situation grave, c’est de se défausser sur l’opposition qu’il accuse injustement de manipulation sans avoir la moindre clairvoyance d’entrevoir dans la cause de ces événements sa propre responsabilité. Quelle cécité ? (sauf si c’est un cynisme effréné auquel ce régime a habitué les centrafricains depuis bientôt une décennie).

On se souvient par exemple qu’en France, au nom du principe de la république irréprochable, des Ministres ont pu démissionner ou été démis de leurs fonctions pour des actes moralement répréhensibles ou délictueux tels que les vacances offertes par des tiers, les cadeaux offerts en contrepartie d’un service, les soupçons de tentatives d’escroquerie, de corruption ou de détournement…

Au nom de ce principe :

-       Je demande au Ministre délégué à la Défense de démissionner sans délai de ses fonctions pour abus de confiance, abus social et tentative d’escroquerie.

-       J’invite par conséquent le Président de la république François Bozizé a annulé immédiatement cette mascarade de concours qui a abouti aux résultats éhontés que l’on sait ;

-       J’exige le remboursement des sommes indument encaissées par le ministère de la Défense au titre des droits de dépôt des dossiers de candidature à ce concours bidon ;

-       Je demande l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités et sanctionner les auteurs de ce mécanisme d’escroquerie ;

-       J’exhorte le Président Bozizé à prendre les mesures qui s’imposent pour mettre en place une armée véritablement républicaine dénuée de tout relent tribaliste et partisan, capable de faire face au problème récurrent de l’insécurité chronique qui règne dans le pays.  

Je profite de l’occasion pour rendre un hommage mérité aux jeunes compatriotes qui ont bravé par leur courage la peur, l’intimidation et la terreur infligées par le régime autocratique actuel qui se croit tout permis, et qui plus prend la patience du peuple centrafricain pour de la soumission. Cela dit, l’avenir de la république centrafricaine dépend en toute circonstance de la force et de la détermination de sa jeunesse, car « un peuple sans jeunesse est un peuple sans avenir » disait quelqu’un. Et l’histoire de notre pays est pleine d’exemple que tous les régimes qui se sont montrés antidémocratiques ou dictatoriaux ont fini par succomber à l’instinct de résistance de la jeunesse dynamique de Centrafrique.

Ainsi donc, devant la tergiversation, le laxisme et l’impuissance des partis politiques face aux dérives dictatoriales du régime en place, il appartient à la jeunesse centrafricaine de prendre toutes ses responsabilités pour faire barrage à l’oppression, à la confiscation des libertés et à la prise en otage de l’avenir du pays. Il est de son devoir de se montrer intraitable et infaillible dans la lutte pour la sauvegarde et la consolidation des valeurs démocratiques chèrement acquises par le peuple centrafricain.

Par ailleurs, je réitère à l’endroit du Président Bozizé mon appel à la responsabilité afin d’éviter au pays des lendemains difficiles en plus de la situation catastrophique actuelle. Dans un pays en proie à tous les vices et à la déchéance, seul un Président responsable peut, par sa sagesse, épargner son peuple de la déliquescence en associant toutes les bonnes volontés ainsi que toutes les compétences à la gestion publique. « La république centrafricaine est le patrimoine commun de tous les centrafricains » : disais-je; il n’appartient pas à la famille et au clan du Chef de l’Etat. Il n’est pas acceptable qu’au 21è siècle un pays puisse disposer d’un gouvernement majoritairement familial, d’une Assemblée « nationale » majoritairement familiale et d’une Armée majoritairement familiale…

Le Président Bozizé doit enfin sortir de son dogmatisme politique pour se mettre au service des centrafricains, et particulièrement de la jeunesse centrafricaine, au lieu de se mettre au service de sa famille.

 

A Paris, le 05/08/2012

Médard Polisse Bébé

 

Médard POLISSE BEBE

 

 

 

 

 

 

                                                                        

 

            

 

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