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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 03:34

 

 

 

 

 

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La victoire du candidat socialiste François Hollande du 6 mai 2012 doit plonger dans une profonde consternation Bozizé et les membres de son clan au pouvoir en Centrafrique. C’est une véritable revanche du Parti Socialiste français et aussi du parti MLPC membre comme ce dernier de l’Internationale Socialiste avec son président Martin Ziguélé, qui n’ont cessé d’être insultés,  raillés par le bouffon et ancien thuriféraire de la bozizie, l’actuel ministre de l’agriculture, Fidèle Gouandjika qui osait déclarer que les socialistes ne reviendraient plus jamais au pouvoir en France et que le MLPC n’avait qu’à enterrer ses douces illusions de retourner au pouvoir en RCA. Les Centrafricains s’en souviennent encore parfaitement. La roue de l’histoire vient de tourner autrement.

Le 2 mai dernier déjà, comme on pouvait s’y attendre, les propos de Jean-Louis Bianco dans une interview sur RFI à propos de ce que serait la politique africaine du candidat François Hollande ont provoqué une vraie panique dans la bozizie à Bangui. Ce qui est en effet annoncé tant par le candidat Hollande lui-même lors de ses meetings à propos des dictateurs dans le monde et particulièrement en Afrique que par Jean-Louis Bianco, député socialiste, ancien secrétaire général de l'Elysée et ancien ministre des Affaires sociales, dans son interview, a de quoi inquiéter ceux-ci qui comme Bozizé en Centrafrique, sont légion.

« D’abord, pour la politique africaine de la France comme pour la politique internationale en général, le grand changement, c’est qu’on aura affaire à un président normal. C’est-à-dire un président qui sera constant, qui sera fiable, qui sera prévisible et dont les idées et les discours ne varieront pas au fil du temps… »  

1°) Sur les modifications des constitutions

« Faire du respect des constitutions l’élément constitutif de notre relation avec l’Afrique. Le temps de l’Afrique est venu. Nous croyons à l’Afrique. François Hollande respectera l’Afrique ». Jean Louis Bianco

2°) Sur les fraudes électorales

« Je n’accepterais pas des élections frauduleuses où que ce soit. » François Hollande

3°) Sur la Françafrique

« Il ne faut pas avoir d’indulgence à l’égard des pratiques qui doivent peu à peu disparaître ». Jean Louis Bianco

Bozizé qui est un fraudeur d’élections achevé ne peut que redouter la présence au palais de l’Elysée de quelqu’un comme François Hollande qui a une conception de la démocratie aux antipodes de celle d’un vulgaire putschiste. Bozizé a d’autant plus de raisons de paniquer qu’il a justement l’intention de faire adopter par l’actuelle assemblée nationale monocolore totalement dévouée à lui issue de son scandaleux hold-up électoral de janvier 2012, un projet de modification de la constitution concocté à la faveur d’un récent toilettage du code électoral et déjà prêt pour faire sauter le verrou du nombre de mandat du président de la République et permettre à Bozizé de mourir au pouvoir.

Ancien putschiste autoproclamé qui a troqué le treillis contre les costumes rayés et cravates, Bozizé est encore aujourd’hui au pouvoir après des élections frauduleuses en 2005 et récemment en 2011. Que peut donc attendre un dictateur comme Bozizé d’un Hollande qui a déclaré urbi et orbi dans un de ses meetings, son intention de «défendre l’idée que la démocratie vaut partout dans le monde, et notamment en Afrique » et que « le 6 mai 2012 sera un jour terrible pour les dictateurs et une bonne nouvelle pour les démocrates».

Sous la présidence de Jacques Chirac et grâce à l’entremise du défunt président Omar Bongo Ondimba, l’armée française a sauvé la mise à deux reprises à Bozizé face à la rébellion de l’UFDR qui avait déjà pris la ville de Birao et était en route pour s’emparer du pouvoir à Bangui. N’eût été l’intervention musclée des mirages et des parachutistes français, le destin de Bozizé aurait été différent et il ne serait plus actuellement au pouvoir en train d’opprimer encore davantage le peuple centrafricain. Entre temps, de nouveaux accords de défense ont été négociés entre la France et la République centrafricaine qui ne prévoient plus ce genre d’interventionnisme.

Certes, il y a toujours à Bangui le contingent militaire français « Boali » dont la seule présence permet de rassurer le dictateur de Bangui mais aussi bien « Boali » que les détachements africains de la CEEAC, piaffent d’impatience et doivent regagner bientôt le bercail d’ici 2013. De même, est-ce un hasard si la veille de l’élection de François Hollande comme président de la République, le protecteur de Bozizé, le président tchadien Idriss Déby Itno et l’ex-président burundais Pierre Buyoya au nom de l’OIF, ont effectué une visite à Bangui de 24 h dont l’issue pourrait peser sur le court terme des événements en Centrafrique.  

Est-ce aussi l’ironie du sort si quelques jours avant la victoire de François Hollande, les contradictions au sein de la bozizie semblent s’être exacerbées et s’accélèrent au point où des informations relativement concordantes font état d’une tentative de coup de force qui a échoué, de celui-là même que les Centrafricains appellent le « vice-président », le ministre d’Etat aux finances et au budget Sylvain Ndoutingaï, qui a été pourtant fabriqué de toutes pièces par Bozizé et que celui-ci a laissé se tailler un ego hypertrophié au point de vouloir maintenant être calife à la place du calife.

Les prochains jours nous en diront davantage sur l’évolution des choses mais d’ores et déjà et quoiqu’on en dise, on ne peut pas ne pas voir en la victoire de François Hollande un grand espoir pour les Centrafricains et un élément qui va incontestablement constituer un catalyseur de la situation devenue insupportable et qui ne peut plus durer en République Centrafricaine avec un président qui n’en a rien à foutre du pays et du sort inqualifiable de ses fils qui pataugent dans une misère sans nom.  

Rédaction C.A.P

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