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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 05:35

 

 

 

A Poussou

 

 

 

La situation politico-sociale et la conjoncture économique de la République Centrafricaine devraient inciter à l’inquiétude et appeler à la vigilance. Nous devrions être davantage préoccupés que nous ne le sommes par les nuages qui s’amoncellent au dessus de nos têtes et qui menacent notre existence en tant que nation souveraine. 

Il faut dire et le dire avec une gravité certaine que les conséquences sur nous tous de la gestion chaotique ou plutôt la non gestion du pays par François Bozizé et les siens, risquent d’être plus dramatiques qu’on ne l’imagine.


À l’heure où ces lignes sont écrites, le pays est sans capitaine à bord, ses caisses sont désespérément vides, parce que, soit dit en passant, les notions d’orthodoxie financière et de gestion rigoureuse de la chose publique sont du chinois pour ceux qui prétendent nous gouverner. Ils ont mis les maigres ressources du pays sous coupe réglée, ne voyant pas plus loin que la prochaine occasion de s’en mettre plein les poches. 

  

Pour tout dire, le pays se meurt et au lieu de s’en soucier (pourquoi le ferait-il d’ailleurs à moins de jouer les pompiers pyromanes) et de chercher à sauver les meubles, colmater les brèches, éteindre les feux allumés ici et là sur différents fronts, François Bozizé, donné pour grabataire par les rumeurs parce que affaibli dit-on par la maladie, totalement préoccupé par ses ennuis personnelles, assiste impuissant à la descente aux enfers de son règne épouvantable dont les Centrafricains se souviendront encore longtemps, et laisse son fils Francis et son supposé neveu Sylvain Ndoutingaï se livrer une bataille impitoyable pour sa succession.


Tandis que le premier a littéralement assiégé les chancelleries occidentales et africaines installées à Bangui pour se présenter en meilleur candidat pour la suite des événements, le second, lui, s’accapare ouvertement le parti, arrache l’armée ou plus exactement la garde présidentielle, et confisque pour son seul compte ce qui reste des finances du pays.


À preuve, Francis Bozizé a fait procéder, ces derniers temps, à des nominations tous azimuts dans l’armée, histoire de placer ses hommes de confiance au poste stratégique. Il a fait nommer, pour ne prendre que son exemple, le tristement célèbre Eugène Ngaïkosset alias « le boucher de Paoua » en référence aux massacres que celui-ci a perpétré dans cette ville du nord du pays, responsable de la logistique de l’armée. C’est Ngaïkosset qui a désormais la haute main sur les armes et les munitions des FACA (Forces armées centrafricaines).


Or, il est un secret de polichinelle que Ngaïkosset et Ndoutingaï se détestent cordialement. Suivez notre regard…

 

Pendant ce temps, Sylvain Ndoutingaï a lancé une campagne de promotion sur internet, sortant de son chapeau un curriculum vitae aussi risible que farfelu et qui n’a de réalité que sa soif inconsidérée du pouvoir. Dans cette lancée, ce tribaliste invétéré, incite vieux et jeunes, de préférence ressortissants de Bossangoa, à prendre la carte du parti, le KNK, dans la perspective de la succession.  Nombreux sont les Gbayas de France et d’ailleurs qui ont reçu des mails de Sylvain Ndoutingaï pour les encourager à devenir membres du KNK. D’ailleurs, supportant de moins en moins la concurrence d’Élie Ouéfio que l’on présente comme un modéré et qui aurait osé aborder récemment avec certains membres du parti la question préoccupante de l’état de santé de Bozizé, Ndoutingaï l’a fait limoger de son poste de secrétaire général de la présidence et du KNK.


Aussi paradoxale que cela puisse paraître, c’est au moment où l’on note un délitement avancé du régime que le tandem formé par l’ambitieux maladroit Francis Bozizé, et l’inculte tribaliste Sylvain Ndoutingaï qui semblaient pourtant liés par la nécessité de protéger leur pouvoir contre les entreprises de leurs adversaires, se livre une guerre sans merci, chacun voyant midi devant sa porte. 

        

Attendons-nous à tout moment à un clash qui, s’il advient, aura des conséquences imprévisibles sur la paix sociale et l’avenir du pays.


De la fable du troisième larron


Il devient donc impératif et urgent de se mobiliser pour tenter d’éviter à notre pays de succomber à son agonie. Il est d’autant plus pressant d’agir que nous avons assisté tout au long de cette année qui tend vers sa fin au soulèvement populaire qui s’est déclenché en Tunisie et en Égypte et qui a contraint, successivement, deux dictateurs à abandonner le combat et quitté le pouvoir.  

 

Ces événements historiques nous ont démontré avec force détails que les dictateurs ne sont rien devant la volonté populaire.


Dans le cas centrafricain, même si nous ne savons pas encore comment s’achèvera le destin de cet homme qui, s’étant emparé du pouvoir par les armes suite à une rébellion, réussit à l’accaparer, pour lui-même et une poignée de ses proches, pendant huit longues années, nous sommes aujourd’hui à peu près certain, que François Bozizé peut sauter à tout moment comme un bouchon de champagne, pour peu que le peuple s’organise ou soit organisé.


C’est ici l’occasion de rappeler que l’opposition centrafricaine porte une responsabilité non négligeable dans le prolongement de l’agonie du peuple centrafricain. Où est-elle ? Que fait-elle ?   Difficile à dire. Elle est devenue incolore, inodore, sans saveur voire même dangereuse pour la population centrafricaine, passant son temps à rédiger des communiqués de presse aussi inefficaces qu’intéressants.


Ce n’est un secret pour personne que le régime en place n’est fort que de la maladive faiblesse de son opposition dont les leaders attendent peut-être que le bon Dieu descende de son ciel pour leur confier le pouvoir dans un plateau d’or. Ces derniers donnent l’impression de se complaire de la situation catastrophique du pays. D’ailleurs, c’est le contraire qui aurait étonné. Car tous ont déjà d’une manière ou d’une autre contribué à la descente aux enfers du pays. Dans ces conditions, difficile de leur demander de mouiller le maillot pour faire partir Bozizé qui, tel un fruit mûr, peut-être emporté à tout moment par n’importe quel vent même peu violent.


Hélas, le malheureux peuple centrafricain désabusé, déboussolé, ne demande pas autre chose que de se débarrasser de ce régime qui le maintient dans la misère et la pauvreté.

Agissez, messieurs agissez vite !  Vous serez peut-être le troisième larron.  

 

Adrien Poussou

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