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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:11

 

 

 

Bozyangou

 

 

BANGUI, 07 jan 2013 (AFP) - Le président centrafricain François Bozizé, fragilisé par l'offensive de rebelles qui demandent son départ du pouvoir, est, sous des dehors rugueux, un bon manoeuvrier, sachant jouer sur tous les tableaux et n'hésitant pas à utiliser la force.


"Boz", comme on le surnomme en Centrafrique, est aujourd'hui confronté à une rébellion similaire à celle qui lui avait permis de prendre le pouvoir par les armes en 2003, quand il avait renversé le président Ange-Félix Patassé devenu très impopulaire.


Bozizé était parti du nord du pays, recrutant dans son avancée de jeunes désoeuvrés et ralliant à lui d'autres factions rebelles, comme le font les insurgés aujourd'hui. Mais, contrairement à la coalition rebelle actuelle du Séléka, il avait le soutien décisif du Tchad, en armes et en soldats.


Ancien aide de camp de Jean-Bedel Bokassa, devenu à 32 ans le plus jeune général de l'armée, Bozizé a étudié à l'école de guerre en France après la chute de "l'empereur" en 1979. Dès 1981, il revient dans le jeu politique centrafricain et devient le ministre de l'Information d'André Kolingba qu'il tente de renverser en 1982. Passé par la case "prison", il réintègre l'armée et oeuvre comme chef d'état-major auprès du président Ange Felix Patassé avant de lancer contre lui la rébellion des "Patriotes"...


Le mois dernier, quand la rébellion a lancé l'offensive et pris très facilement plusieurs villes, Bozizé a immédiatement essayé de reprendre la main, faisant des concessions pour gagner du temps et proposant notamment un gouvernement d'union nationale.


"Le problème c'est qu'il ne tient jamais ses promesses et après, il cherchera à les écraser" (les rebelles), estime l'ancien ministre de la Défense Jean-Jaques Demafouth, emprisonné trois mois en 2012 sous l'accusation d'un complot, alors qu'il venait de conduire à son terme le désarmement et la dissolution de l'Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD, rébellion).


Le principal opposant Martin Ziguélé souligne que le président avait promis un grand dialogue, il y a six mois. "On attend toujours. Il y a un problème de crédibilité".


Pendant ce temps, Bozizé tente de réorganiser son camp. Il n'hésite pas à limoger son fils Jean-François du ministère de la Défense, reprenant lui-même ce portefeuille.


Surtout, il mobilise les jeunes de son mouvement, les "patriotes" pour quadriller les quartiers et procéder à des contrôles citoyens pour éviter infiltrations rebelles et pillages. Des observateurs estiment qu'il s'agit surtout de prévenir tout soulèvement.


De la même manière, Bozizé - "évangéliste suprême" de l'Eglise du christianisme céleste Nouvelle Jérusalem qu'il a fondée en Centrafrique - mobilise ses églises pour le soutenir.


Sur le plan politique, il use de "la vieille recette des sentiments anti-français" et de la xénophobie, affirme un observateur qui le parodie: "+Si les choses vont mal, ce n'est pas de ma faute, c'est la France+".


Dans les medias pro-régime, la théorie du complot de Paris qui ne voudrait pas que la Centrafrique se développe et n'a pas supporté l'exploitation du pétrole par les Chinois est omniprésente, relayée par la rue. "Il est clair que cette atteinte à la sûreté intérieure" provient "d'une main noire à coloration blanche qui n'est autre que la France", écrit le journal L'Evènement. De même, le régime tente d'accréditer la thèse que la rébellion est majoritairement composée d'étrangers.


Sur le plan international, François Bozizé a appelé ses pairs d'Afrique centrale à son secours. Le Tchad ainsi que les forces congolaises, gabonaises et camerounaises constituent aujourd'hui la force qui bloque les rebelles dans leur marche sur Bangui.


"Bozizé est franc-maçon comme (les présidents congolais Denis) Sassou Nguesso, (gabonais Ali) Bongo, (camerounais Paul) Biya", relève un membre du régime.


"Boz" a réussi à prolonger cette semaine son accord de coopération militaire avec l'Afrique du Sud qui a envoyé des troupes supplémentaires, officiellement pour sécuriser ses coopérants et son matériel. La rumeur à Bangui évoque en échange des concessions minières pour les Sud-Africains.


Quant à Guy-Simplice Kodégué, ancien porte-parole du président Ange-Félix Patassé, renversé par Bozizé en 2003, il prévient : "Il est rusé et peut encore tromper la communauté internationale" 

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