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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 01:03

 

 

 

JP Mara

 

 

Il est temps de réfléchir à une autre forme des institutions de notre pays

 

 

La République Centrafricaine est-elle un pays ou une propriété que les dirigeants peuvent se passer d’une obédience à une autre, du père au fils, du « Frère » au frère ou d’officier à officier ?

Alors, puisque nous ne pouvons pas compter sur les prédateurs et leur  suite d'affairistes, nous est-il encore possible de chercher parmi les Centrafricains, un qui aura l’opportunité de nous sortir de cette République de la prédation d’Etat, un qui ne pourra pas être corrompu?  Je ne crois pas à la thèse selon laquelle, aucun autre Centrafricain n’est capable de ramener la paix et la prospérité que celui qui est au pouvoir. On entend ce raisonnement depuis 1981 et cela n’est pas rationnel. Tout Centrafricain lucide peut devenir un très bon Président de la République travaillant à la satisfaction de tous.

 

La démocratie ne consiste pas à distribuer une infime partie des richesses du pays à certaines personnes afin de rester éternellement au pouvoir. La dictature est la démarche qui consiste à imposer sa politique à une majorité en achetant les consciences sans apporter le minima pour la vie de ses concitoyens. L’épidémie du choléra à Bangui est le résultat de ces politiques de prédation mis en place à Bangui depuis 1981  représentées par Bokassa, Kolingba, Patassé et Bozizé et qui a son essence dans le système Présidentiel ou le Président de la République détient tous les pouvoirs. Tous les gouvernements depuis 1979 jusqu’aujourd’hui ayant eu le même comportement vis-à-vis de l’opposition, il faudrait bien trouver une réponse à cette question. C’est un débat qui aura sa source dans le modèle institutionnel.

 

Toutefois, je pense qu’il est urgent que nous nous penchions sur la question du passage de la 2ème à 3eme République, en insistant sur la nécessité de réduire la concentration des pouvoirs aux mains d’un seul Homme, le Président de la République. Dorénavant, je me fais le diable en luttant pour une séparation des Pouvoirs Judiciaires, Législatifs et Exécutifs qui seront la base d’un vrai partage de pouvoirs. En effet, comment concevoir que le Président de la République nomme tout le monde en RCA, même les domestiques des Ministres (sic) .

 

La concentration de tous les pouvoirs aux mains du Président de la République est l’une des causes de nos difficultés institutionnelles. Il nomme le PM, il influence le choix du Président de l’Assemblée Nationale, il nomme le Président de la Cours constitutionnelle, il nomme le Président de la Cour des Comptes, Il nomme les Ministres, il nomme les DG des société d’Etat, il nomme le patron des Armées, il nomme les Directeurs de Cabinet de tous les Ministères, ils nomme les Maires, il nomme les Préfets, il nomme les Sous-Préfets, bref, il nomme tout le monde, ce qui est source de décision arbitraire et tout cela dans un pays ou la démocratie n’est pas assise, un pays à 80% d’analphabètes dans l’arrière pays, groupe qui ne comprend pas encore grand-chose à ces enjeux sociopolitiques.

 

Ensembles disons NON au Système Présidentiel.

Puisque aujourd’hui en 2011, tous les partis politique d’opposition ne reconnaissent pas le résultats des dernières mascarades électorales qui ont abouti à la mise en place d’une Assemblée Nationale familiale et monocolore,  il est opportun de réclamer une chose : que ces partis politiques se mettent ensemble pour chercher des pistes qui permettront de réellement bâtir un Etat de Droit, un pays de justice sociale avec la force du Droit dans un Etat qui se cherche depuis les indépendances en 1960 c'est-à-dire depuis 51 ans. Ce débat reste entier car nous ne semblons pas  nous fatiguer à l’aborder, perdant notre temps dans la recherche de la culpabilité des uns et des autres.

 

Ma réflexion se base sur les arguments d’un compatriote qui, tout  modestement depuis Bangui où il lui est difficile de se faire entendre, a bien voulu les partager. La situation actuelle de notre pays est un épiphénomène qu’il n’est pas trop tard de renverser. Il n’y a pas d’âge pour un Etat ; les dictateurs et leur famille viennent, prennent et sont chassés d’une façon ou d’une autre. Leur cycle de vie est connu en RCA ; entre 10 et 13 ans. Dans notre récente et douloureuse expérience de transition forcée, nous avions cru que le remplacement de Patassé par un militaire serait la solution. Nous nous sommes trompés. Ce dernier nous avait promis de venir juste remettre le pays sur les rails et rendre la vie au Centrafricains. En guise de soutient à cette promesse, il y a eu la grande marche d'avril 2003. Quelques années auparavant en 1993, le peuple centrafricain avait pensé que Patassé était le moindre mal. Ce peuple à du se rendre à l’évidence que l’exercice du pouvoir est toujours accompagné des tentations qui font oublier aux hommes leurs paroles. Il faut avouer que ces expériences étaient le résultat de mauvaise appréciation mais Il nous faut continuer la recherche de « l’Homme Providentiel ».

 

Si nous voulons revenir à la base pour tisser les vraies nasses anti-mégalo et anti-dictateur, une solution consiste à se regarder dans le miroir politique Centrafricain depuis 1979. Les constitutionalistes Centrafricains, Monsieur Mandé-Ndjapou en tête nous doivent des mémoires politiques afin d’aider notre miroir politique à mieux renvoyer l’image centrafricain.

 

Quant à moi, je crois qu’une piste consiste à réfléchir sur la forme et le type de gouvernance actuelle de la République avec son système Présidentiel qui, depuis 1981 concentre tous les pouvoirs dans les mains d’un seul Homme. Je pense que nous devons commencer une réflexion sur la séparation effective des pouvoirs. De la première République, nous sommes passés à l’expérience de l’Empire avec Jean Bédel Bokassa. Le rétablissement de la République en 1979 nous a ramené la Deuxième République tout en gardant le model de la Première et depuis toutes les erreurs politiques se répètent. Seule une séparation effective des trois pouvoirs reste notre chance de vrai changement. Ce passage de la République des dictatures et des partis uniques à une nouvelle République, marqué par le pluralisme politique et la séparation des pouvoirs reste notre solution ultime. Il est de la responsabilité de notre génération de construire une République juste et équitable qui va mettre fin au régime Présidentiel en nous basant sur les douloureuses expériences des constitutions non adaptées aux aspirations de notre peuple.

 

Mettons-nous ensemble pour y travailler !

 

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