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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 01:34

 

 

 

A Poussou

 

Après des débats plus ou moins tendus, l'Assemblée nationale française a adopté mercredi 8 février, à l'initiative du gouvernement, l'instauration progressive d'ici 2018 d'un quota de 40% de femmes parmi les hauts fonctionnaires nommés chaque année.

Cette mesure a été adoptée à la quasi-unanimité de la vingtaine de députés présents, gauche et droite confondues, à l’exception du député UMP Hervé Mariton, qui a voté contre. Actuellement, les femmes, qui constituent 60% des effectifs de la Fonction publique en France, ne représentent que 10% des hauts fonctionnaires.

Qu’en est-il de la République Centrafricaine ?

D’Alindao à Bangui, de Bambari à Paoua, Batangafo, Bangassou, Zemio, point n’est besoin de forcer l’évidence en disant que la République Centrafricaine est confrontée au désespoir d’une partie de sa population, des femmes et des jeunes pour la majorité : chômages de masse, débouchés dévalorisants si ce n’est inexistants, inflation,  pouvoir d’achat illusoire.

S’agissant de la précarité des Centrafricaines, les racines du problème sont connues et ne sont guère nouvelles. Pourtant, nul ne doute que les pouvoirs successifs que le pays a connus n’ont rien fait pour résoudre la question. À l’exception de l’une d’entre elles qui fut pour la première fois en Afrique,  Premier ministre, avec sa bonne maitrise du Sango cette langue nationale, ciment de l’unité qui lui a permis de faire ses preuves là ou certains de ses successeurs ont échoué, elles sont peu nombreuses, les Centrafricaines haut cadres, chef de département ministériel régalien, députés de la nation, etc.

Même si toutefois, il ya eu ça et là, reconnaissons-le, des tentatives de récupération politicienne de certaines femmes, avec des nominations alimentaires, d’aucuns diront cosmétiques, à des responsabilités subalternes, sans aucune marge de manœuvre. Ce qui nous place en queue de peloton des pays ou la thèse de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » reste encore un rêve, surtout pour la gente féminine.

Nous ne disposons d’ailleurs pas de statistiques fiables sur le nombre exact de femmes qui sont dans la fonction publique centrafricaine. Sans présumer des résultats d’un recensement que les autorités pourraient initier afin de connaître le nombre de femmes fonctionnaires, nous pouvons dire que la balance pencherait en défaveur des femmes. 

D’autant plus que de nombreuses femmes dans notre pays sont victimes du poids d’une certaine culture, qui n’est d’ailleurs pas que spécifique à la société centrafricaine, les déconsidérant. Sans faire de la sociologie de bazar, il convient de reconnaître que dans bon nombre de familles en Afrique et ailleurs, les jeunes filles n’ont pas les mêmes droits que leurs frères. Nombreuses sont celles qui n’ont même pas eu la chance de s’instruire parce que faites, dit-on de rester à la maison pour s’occuper des tâches ménagères.

L’auteur de ces lignes se souvient encore comme si c’était hier, des échanges vifs et répétés que son géniteur avait avec son grand père.  Alors que le premier s’est résolu à ne faire aucune différence entre ses enfants, les inscrivant tous à l’école, le second n’y voyait aucun intérêt, accusant son fils d’entretenir le chômage en envoyant ses filles à l’école. Pour lui, le chômage est le fait de femmes.  Car, soutenait-il, à l’époque où les femmes n’avaient pas le droit de travailler, le phénomène du chômage était méconnu, ou plus exactement, n’existait pas.

À cette pesanteur culturelle, il convient d’ajouter le comportement inadmissible de certaines femmes, partisanes du peu d’effort. Elles sont très nombreuses à avoir cédé à la tentation de la facilité,  privilégiant  les promotions canapés comme on dit souvent vulgairement, ou préférant le vieux métier du monde. Beaucoup de nos sœurs ont préféré la « série c », c’est-à-dire, la couture, la coiffure et le chômage, comme dit la chanson du groupe ivoirien. Mais en dehors de celles-là, on en trouve de capables et de valeureuses qui font notre fierté.

 

Une présidente pour sauver la République Centrafricaine ?         

Avouons-le d’entrée de jeu : en cinquante ans d’indépendance avec les mâles, nous n’avons connu qu’irresponsabilité, errements, guerres, détournements de deniers publics et crises en tout genre. Même si nous n’idéalisons en rien les femmes, nous pensons qu’elles auraient la conscience nécessaire pour diriger un pays comme le nôtre. D’autant plus que quelques-unes ont fait leurs preuves aussi bien sur le plan local qu’international, notamment à la CPI (Cour pénale internationale) au HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés), ou encore au FAO (Fonds alimentaire mondial) où des Centrafricaines assument efficacement leurs charges.

Ces perles recherchées pourraient bien rééditer l’exploit d’Ellen Johnson Sirleaf (la présidente libérienne), avec ce que ce nom a désormais de prestigieux et de respectable, qui a réussi à pacifier son pays. Même si cette proposition peut choquer ou heurter la susceptibilité de certains hommes, nous pensons que s’agissant de notre pays, nous autres mâles avons lamentablement échoué et qu’il serait temps de tenter l’expérience des femmes. Une présidente serait peut-être le remède aux nombreux maux qui gangrènent la société centrafricaine.  

Une présidente de la République n’aurait pas pu appeler à la rescousse les rebelles congolais du MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba avec les conséquences dramatiques que l’on sait.

Une présidente de la République pourrait difficilement considérer la constitution comme un simple chiffon de papier dont elle viole les dispositions quotidiennement en maintenant en détention des citoyens qui bénéficient d’une ordonnance de libération ou encore en étant himsef, trésorier payeur national et président du conseil d’administration des sociétés paraétatiques, encore moins menacer de nous dépecer tous (le fameux doroko à la koue). 

Une présidente de la République aurait eu pitié des enfants de Berberati qui meurent de faim ne sachant à quel saint se vouer lorsqu’ils ne s’offrent pas carrément à la mort afin d’avoir le repos éternel.

Une présidente de la République enfin n’aurait pas installé une Assemblée familiale, oh pardon… nationale,  avec des maitresses et des belles filles dont l’ignorance le dispute avec la bêtise. 

Cependant, aucune d’entre nos sœurs et nos épouses ne devait ignorer que c’est par la lutte, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle elles ne doivent ménager ni leurs forces, ni leurs privations, ni leurs souffrances, ni leurs sang, qu’elles parviendront à s’éclore et à occuper dignement la place qui leur revient.

 

Adrien POUSSOU.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion