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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 23:00

 

 

 

 

ATT

Il y a des blagues qui font rire et d'autres qui font verser des larmes. Dans la situation que vit le Mali ces derniers jours, le coup d'État organisé par un groupe de militaires sortis d'une caserne dont on a du mal à définir les origines, s'apparente à une de ces sales blagues qui couvrent toute personne consciente de confusion et de honte, et qui la met au bord des larmes.

Ainsi, les événements qui obscurcissent aujourd'hui le ciel malien sont autant de nuages de honte et d'humiliation qui viennent assombrir une fois de plus le ciel africain.

Le coup d'État survenu au Mali ces derniers jours est une manœuvre qui dépasse l'entendement et il n'y a qu'en Afrique que cela est possible. C'est la démonstration de l'aberration avec laquelle les africains conduisent et construisent la destinée de leur « cher » continent : aberration qui pousse à se demander à quel moment les africains prendront conscience de la place que le continent doit tenir dans ce monde qui a nécessairement besoin de lui.

A vouloir tenter de répondre à cette question, les bras nous en tombent quand on sait qu'à un moment où le Mali s'apprêtait à organiser des élections majeures, voilà qu'un groupe d'hommes en kaki, une bande d'ovnis, surgit comme de nulle part, pour donner une autre orientation à cette perspective, oubliant du coup que ce pays comptait parmi ceux qui, avec le Ghana ou le Liberia, ouvraient de beaux espoirs démocratiques à tous les autres pays africains. Et le ridicule de cette détestable manœuvre est que celui qui comptait parmi les ardents artisans du respect du processus démocratique, à savoir le « sage » Amadou Toumani Touré, se trouve être la victime d'un système qu'il a toujours combattu, victime non pas par sa faute, mais tout simplement victime de ce virus avec lequel les africains ont maille à partir, et qui les pousse à prendre le raccourci le plus facile pour arriver au pouvoir, quand bien même beaucoup de ceux qui le prétendraient, n'en auraient pas les compétences et les qualités.

Comment justifier un tel coup de force et comment admettre qu'à un mois seulement de l'organisation d'une élection présidentielle, l'on puisse penser à faire un coup d'État ? En admettant qu'une partie du territoire soit plongée dans l'insécurité, qui mieux qu'un militaire peut ramener la sécurité dans cette partie du sol national perturbée ? Est-ce en devenant président qu'on résout le problème ? Une armée nationale, dans un pays organisé, est une petite république dans la République, mais une république aux ordres du Pouvoir politique de la République. Cela suppose que la République lui donne les moyens de son existence et de son action.

De ce fait, l'on aurait beaucoup de mal à accepter l'idée qu'un nationaliste de la trempe et de la formation initiale d'un homme tel qu'Amadou Toumani Touré, soit indifférent aux problèmes de sécurité publique à partir desquels les putschistes semblent asseoir la justification de leur coup de force.

Beaucoup de dégâts ont été causés en Afrique à cause d'un cortège de dirigeants irresponsables, qui ont fait fi des intérêts de leur peuple et du développement de leur pays.

Ce serait un dommage supplémentaire si le Mali devait s'inscrire à nouveau sur la liste de ces pays où l'on prend le pouvoir par la force des balles, ces pays où les pères préparent leurs enfants à leur succession, où les élections sont organisées pour être gagnées coûte que coûte.

Le Mali ne doit pas s'inscrire sur cette liste-là. L'expression et le choix libres du peuple est la seule manière de voir un pays s'engager dans une voie où les embuches seront moindres. Un coup d'État au Mali est un pas de géant en arrière, non seulement du Mali mais de l'Afrique tout entière, de l'Afrique dont la crédibilité mérite tous les égards.

C'est pourquoi

Nous ne voulons plus de Coups d'État en Afrique,

Nous ne voulons plus d'Elections Truquées,

Nous ne voulons pas de Monarchie,

Tout comme Nous n'acceptons pas le pouvoir héréditaire.

Le Mali doit retrouver la voie de la Raison.

Un Africain écœuré.

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