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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 01:01


Bozizé en Chine

La mort de Mme Denise Neris Massi suite à une hémorragie cérébrale, trois mois seulement à peine après l’enlèvement et la brutale et barbare disparition de son mari, au-delà du dramatique destin qui est celui des deux conjoints, interpelle plus d’uns quant aux responsabilités particulières et personnelles de François Bozizé dans les causes de la mort de cette pauvre femme. C’est incontestablement lui qui a plongé l’épouse de Charles Massi dans une crise aiguë d’angoisse telle qu’elle ne pouvait que craquer de cette façon. Est-ce l’ironie du sort que cette dame décède la même semaine où ses deux avocats qui se préparent à poursuivre Bozizé devant la CPI fussent reçus à leur demande au Palais de l’Elysée !

A présent, toutes les familles centrafricaines dans lesquelles figurent des hommes politiques qui ont de légitimes ambitions pour leur pays, se posent la question de savoir qui sera le prochain sur la liste rouge ou noire, c’est selon, de Bozizé et sa clique. L’indécence, la brutalité et la violence avec lesquelles Bozizé a fait expulser de sa maison et de son pays cette dame partie seulement pour tenter de demander quelques comptes et faire la lumière sur les circonstances de la disparition de son mari sont inadmissibles et mettent en évidence le fond de coeur méchant et haineux de l’homme Bozizé et soulignent la responsabilité criminelle du président centrafricain.

L’âpreté des contradictions politiques peut-t-elle seule justifier qu’il puisse décider de supprimer la vie à quelqu’un, fût-t-il Charles Massi qui fut pourtant longtemps son ministre d’Etat avant de se retrouver exclus du système et de devoir à cause cela, embrasser l’aventure d’être chef rebelle. En commettant l’irréparable sur Charles Massi, pourtant lui aussi son frère maçonnique, Bozizé aura également plongé dans l’embarras ses autres frères appartenant à la même loge maçonnique que lui, tant centrafricains que ceux de la sous-région dont la plupart prennent leurs instructions auprès de certains parrains chefs d’Etats de pays voisins de la RCA. Malheureusement en attendant qu’ils s’en expliquent entre frères, Massi et son épouse auront déjà connu le même et tragique destin.

Mais Bozizé a-t-il une encore ce qu’on appelle une conscience là où il en est arrivé aujourd’hui où tout ce qui lui importe dorénavant est comment peut-il rempiler dans le fauteuil présidentiel qu’il occupe depuis le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir ce 15 mars 2003 ? L’inestimable trésor de guerre dont il dispose désormais et les armes de guerre qu’il n’a cessé d’acquérir et de stocker font dire à présent à plusieurs observateurs, qu’on ne voit pas comment il pourrait perdre les élections dont par ailleurs il fait tout pour contrôler la machine en la mettant en coupe réglée. La violence des propos qui émaillent de plus en plus ses moindres allocutions, ne laisse plus de doute sur sa volonté de tuer ceux qui oseront le contredire ou contrarier ses ambitions politiques en voulant l’affronter sur le plan électoral.

Au plus profond de lui-même, Bozizé Yangouvonda doit savoir que la vacuité de son désastreux bilan ne peut lui faire espérer le moindre suffrage de ses compatriotes mais sachant que son allié le plus important et sûr est la misère dans laquelle pataugent les Centrafricains, y compris dans les couches qu’on ne peut soupçonner de la société, s’il casse ses tirelires planquées çà et là dans les Îles Vierges britanniques et en Europe, faite de différents pots de vin et autres dessous de table et les fruits de divers trafics mafieux, il pourrait acheter plusieurs consciences et votes et infléchir les résultats du scrutin présidentiel en sa faveur. Cela dit, même si la situation du pays et le contexte en 2010 ne sont pas les mêmes qu’en 1992 – 1993, on ne doit jamais désespérer des Centrafricains. Sont-ils vraiment prêts et disposés à se laisser intimider et à vendre leur âme en acceptant de prendre les gadgets électoraux de campagne et le pécule de Bozizé et son KNK en échange de leur suffrage le moment venu lorsqu’ils seront seuls dans l’isoloir ? Il est permis d’en douter. Même si feu Omar Bongo avait l’habitude de dire que « si on organise des élections, ce n’est pas pour les perdre », la RCA se souviendra encore longtemps du cas en 1993 d’un certain André Kolingba qui constitue l’exception qui confirme cette règle. Un processus électoral transparent est possible en Centrafrique et malgré sa fortune et ses armes de guerre, Bozizé peut et doit être battu pour permettre à la RCA d’avoir une chance de repartir. La perspective que ce dictateur sanguinaire puisse rempiler à la tête du pays pour un mandat supplémentaire de cinq doit déterminer tous les Centrafricains à le disqualifier et lui barrer fermement la route dans les urnes.

En imposant le report des élections que Bozizé voulait voir tenir fin avril, la communauté internationale sans laquelle aucune élection digne de ce nom ne saurait être envisagée actuellement en RCA à l’heure actuelle, vient de poser un acte important qui mérite d’être salué à sa juste valeur.   Certains candidats aux élections ainsi que les Centrafricains et surtout les démocrates et les forces de progrès qui militent de toute leur énergie pour un vrai changement dans ce pays, ont été ainsi compris dans leurs différentes requêtes en report alors que Bozizé - mu par sa seule et égoïste volonté de s’accrocher au pouvoir - voulait continuer à rester maître du jeu en fixant, contrairement à ce que prévoit le Code électoral, l’agenda des élections.    

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