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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 02:05

 

 

Bozize KNK

 

 

Alors que tout le monde croyait qu’après les multiples reports du calendrier des élections en Centrafrique, les Centrafricains allaient pouvoir enfin se rendre aux urnes le 23 janvier prochain pour leurs élections présidentielles et législatives couplées, la perspective d’un énième report n’est apparemment plus à écarter de nouveau.

Un autre obstacle vient de surgir à nouveau sur le chemin de ces élections qui s’apparentent effectivement à une véritable course d’obstacles. Il s’agit à présent du refus de Bozizé de signer un nouveau décret portant un nouveau découpage des circonscriptions aux élections législatives conformément à la décision rendue publique par le Conseil d’Etat le 28 septembre dernier suite à la requête de l’opposition.

Nous apprenons en effet d’une source digne de foi proche de Bozizé que ce dernier a ressenti l’annulation de son précédent décret par le  Conseil d’Etat comme un inadmissible désaveu et un camouflet personnel. Il serait par conséquent très remonté et n’est point disposé à signer un quelconque nouveau décret. Il aurait donc demandé au ministre de l’Administration du Territoire par intérim, le tristement célèbre général d’opérette Jules Bernard Ouandé d’initier en lieu et place d’un nouveau décret plutôt un courrier à adresser au Conseil d’Etat.

En clair, si Bozizé continue de tergiverser, de jouer contre la montre en persistant dans son refus de signer un nouveau décret port découpage des circonscriptions électorales aux législatives, le processus électoral sera bloqué de fait ipso facto car il sera impossible de rouvrir une nouvelle date de dépôt de candidatures pour ceux qui voudraient être candidats dans les nouvelles circonscriptions créées et ouvertes à compétition électorale.

On le voit les conséquences sont très graves car fâcheuses et considérables et Bozizé sera le seul à en porter la responsabilité le cas échéant. La question se pose donc bien de savoir qui aujourd’hui en Centrafrique, veut se mettre en travers du processus des élections. Qui ne veut pas que le suffrage universel puisse s’exercer, que les Centrafricains se rendent effectivement aux urnes pour choisir librement et démocratiquement leurs députés et leur président de la République ?  

Tout indique que Bozizé ne veut point que les élections aient lieu le 23 janvier 2011 comme lui-même en avait pourtant fixé unilatéralement et arbitrairement la date. Malgré ses méthodes à la hussarde, presque tout le monde y compris l’opposition, avait fini par accepter le calendrier des élections et s’était résolu à battre campagne, pour peu qu’un minimum de conditions soient réunies. Or beaucoup pensent à présent à Bangui que c’est bien Bozizé qui est derrière l’insécurité endémique dans l’arrière-pays car cela lui permet de justifier aisément  son refus d’aller aux urnes.

Cependant, une chose est d’approuver le calendrier électoral, une autre est de donner un chèque à blanc à Bozizé en le laissant faire ce qu’il veut du processus électoral notamment de gober ses caprices.  Faut-il lui rappeler que depuis le 11 juin 2010, sa légitimité de président de la République a cessé. Il a tort de croire que la prolongation par une loi anticonstitutionnelle de son mandat en mai dernier par une chambre parlementaire composée de députés inconséquents, dont la plupart sont d’ailleurs des illettrés et analphabètes à sa solde, est un chèque à blanc. Il ne doit donc  pas se laisser griser par une telle situation et faire n’importe quoi.  

Toutes ces hésitations et tergiversations à prendre ses responsabilités dans le processus électoral jusqu’au bout, traduisent les doutes et craintes de Bozizé quant à l’issue des élections. Plus on s’approche de la date des élections, plus il n’est plus sûr de l’emporter dès le premier tour aux présidentielles comme c’est souhait ardent et de réunir également une majorité absolue de députés estampillés KNK dans la nouvelle assemblée nationale. Une véritable bérézina attend les candidats investis officiellement par le KNK, un parti où pouvoir où règne actuellement un indescriptible désordre difficilement maîtrisable par l’état-major. Son impopularité personnelle dans l’ensemble du pays est au-delà de ce qu’il pouvait imaginer. 

Pour peu que les prochaines élections soient libres et transparentes, il ne pourrait même pas réunir 10 % de suffrages de ses compatriotes. Bozizé court donc actuellement le redoutable risque de perdre les élections dès le premier tour comme naguère André Kolingba en 1993. Cette éventualité qui doit le torturer et le miner expliquerait selon certains observateurs, les ennuis de santé qu’il a en ce moment et qui lui ont encore occasionné récemment un malaise à New York.

En refusant de traduire dans un décret l’arrêt du Conseil d’Etat, Bozizé montre bien qu’il est un dictateur et qu’il ne veut point que les élections en Centrafrique se tiennent. Cela, tous les Centrafricains, de même que les partenaires de la communauté internationale intéressés au processus électoral centrafricain, doivent bien en prendre conscience afin de situer les responsabilités de chacun. Doit-on laisser un individu fût-il Bozizé, continuer impunément à faire se prolonger les malheurs de ce pays et son peuple ?

 

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