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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 18:09




 

 

Kinshasa, 21/10/2009 digitalcongo.net Politique

La Cour pénale internationale organise à son bureau de Bangui un programme de sensibilisation du public centrafricain sur ses actions, compétences et méthodes de travail, manière perçue comme une démarche de favoriser la collaboration de ces populations à la bonne instruction du dossier de JP Bemba pour en accélérer ainsi le procès.

Le bureau de la « CPI à Bangui vient de lancer, le lundi 13 octobre 2009, un nouveau programme de sensibilisation dénommé « demandez à la Cour. Ce programme met en combinaison une série de visites dans l’arrière pays ainsi que la diffusion, à travers les médias audiovisuels, de 13 épisodes de 4 à 5 minutes portant sur le dialogue entre les membres de la CPI et le public centrafricain.

Destinées à la diffusion

Les vidéos diffusées ont d’abord été visionnées par un groupe de journalistes centrafricains. Elles seront lancées à la télévision nationale entre octobre 2009 et janvier 2010. Elles montrent, entre autres, le président de la CPI, M. Sang Hyun Song, le greffier Silvana Arbia et le chef de la division compétence Béatrice Le Frapper en train de répondre à une série de questions directement posées par des personnalités et des anonymes.

Les questions concernent principalement le président El Béchir du Soudan et Jean-Pierre Bemba. En rapport avec le premier, la CPI s’échine à expliquer comment le président soudanais continue à voyager à travers le monde, en dépit du mandat d’arrêt délivré contre lui. Ensuite, vient une autre série d’explications en liaison avec la comparution des personnes qui exercent des fonctions officielles devant la Cour Pénale Internationale. En ce qui concerne le second cas, il est question de Jean-Pierre Bemba, de ses complices, de la réparation attendue pour les victimes ainsi que d’une longue série de détails, dont le lieu de détention  d’un criminel après condamnation.

Le programme « demandez à la Cour » fait suite à un premier programme radio intitulé « Mieux comprendre la Cour Pénale Internationale ». Ce dernier a fait l’objet, de juillet à octobre 2009, d’une longue diffusion en sango (langue nationale de la Centrafrique). Des estimations avancent qu’environ 700 mille personnes ont été touchées par ce programme.

Le chant du cygne

Ce retour un peu musclé de la CPI à Bangui laisse présager que le procès Bemba est imminent. Le délai choisi pour la sensibilisation coïncide assez curieusement avec les prévisions chronologiques de plusieurs experts en rapport avec le délit du procès de Bemba. Beaucoup avaient avancé le premier trimestre de l’année prochaine. Cela paraît probable. La Haute Cour ayant donné le signal d’une campagne de sensibilisation de grande envergure au pays de Bozizé.

Le but de cette grande activité est nul ne l’ignore, de préparer l’opinion publique centrafricaine à l’échéance du procès Bemba. Dans cette affaire,    des témoignages décisifs sont attendus de la population, principale victime des exactions imputées aux troupes du Mlc. Pour éviter des rétractions, des parjures et des reniements comme on a eu à le constater dans le cas du procès Lubanga, la Cour Pénale Internationale voudrait parer contre toute éventualité.

C’est là tout le sens du contenu des vidéos destinées à la diffusion publique. Par exemple, à travers le décryptage du cas El Béchir, la cour voudrait rassurer la population centrafricaine sur le pacte de l’impunité qui fonde le statut de Rome. Car au-delà de ce cas, c’est toute une jurisprudence qui s’impose sur le plan international. Partant, les Centrafricains craignent de tomber dans le piège de l’absurdité. Ils savent que Ange Felix Patassé devra, d’une manière ou d’une autre, répondre un jour, comme témoin à charge et à décharge, dans l’affaire Bemba. Pourtant, à la faveur de la présidentielle de 2010 qui s’annonce à Bangui, rien n’exclut un retour en force de l’ancien président. Surtout que Kadhafi a pris le parti de le défendre sans réserve.

Pourtant, toute l’opinion centrafricaine tient le président déchu pour complice de Jean-Pierre Bemba. Que se passerait-il si ce dernier revenait aux affaires? Ne tentera-t-il pas, tout le long du procès Bemba, de brouiller toutes les pistes au grand dam des populations? Il suffit de déclencher une chasse impitoyable à l’homme pour faire taire tous les témoins à charge au sein de la population. C’est toute la raison de la question se rapprochant, primo, au sort réservé aux complices de Bemba, et secundo, à la comparution des autorités en fonction. Comme on peut le constater, la CPI sait qu’il y a beaucoup de zones d’ombre qui risquent d’éteindre sur le bon déroulement du procès Bemba. Elle essaie donc de les éclaircir en amont.

Pas dupes

En vérité, les Centrafricains ne sont pas des enfants de choeur. Tant qu’ils n’auront pas la garantie que Patassé sera poursuivi dans l’affaire Bemba, ils ne pourront croire à la justice internationale. Car, quel que soit l’angle où l’on prend le problème, il serait absurde de s’en prendre au vice-président congolais pendant que celui qui l’a invité à Bangui se la coule douce ou à tout le moins, n’est pas entendu sur l’affaire. La situation prendrait tout de suite l’allure d’une vilaine comédie. Cela reviendrait à arrêter le fumeur de chanvre pendant que le fournisseur effectue une promenade de santé dans la cité. La Cour Pénale Internationale a du pain sur la planche.


Le Palmarès

 

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