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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 18:35

 

 

 

 

Jean Barkes Ngombé Ketté

 

 

Par RFI mardi 05 juillet 2011

Jean Barkès Ngombé Ketté est remplacé sur décret présidentiel par Nazaire Guénéfé Yalanga, qui occupait précédemment les fonctions de directeur des services financiers de la mairie. Il a été déchargé de ses fonctions « à sa propre demande », précise le décret. Au début du mois de juin, le nouveau ministre de l’Administration du territoire, le pasteur Josué Binoua, avait ouvertement accusé le maire de se livrer à une « gestion opaque » et annoncé qu'il allait mettre fin à « ces dérives ».

Jean Barkès Ngombé Ketté veut partir la tête haute et pour ce faire il mise sur son bilan : les feux tricolores, qu'on n'avait plus vus depuis la chute de Bokassa il y a 30 ans, ont fait leur réapparition aux croisements des principales artères de la capitale. Des jardins publics ont revu le jour, quelques statues ont été dressées comme celle de Barthélemy Boganda, le père de l'indépendance, et Bangui la coquette devenue Bangui la roquette, a repris un peu de ses couleurs d'antan.

Ses détracteurs insistent plutôt sur l'envers de la médaille. Faute d'élections municipales en Centrafrique, le maire de Bangui est nommé par le chef de l'Etat et depuis qu'il a été désigné en 2003, au lendemain du coup d'Etat, Jean Barkès Ngombé Ketté a toujours traité directement avec le président Bozizé. « Il se croyait tout-puissant et gérait, sans contrôle, tous les marchés publics ainsi que le parc immobilier de la ville », explique une source gouvernementale.

Les finances inspectées

Au début du mois de juin, le tout nouveau ministre de l’Administration du territoire, le pasteur Josué Binoua, dénonce publiquement la gestion opaque de la municipalité. Il invite le maire au respect de la loi et annonce qu'il va demander une inspection des finances.

Ces accusations de malversations et de détournements, Jean Barkès Ngombé Ketté les rejette. « La commune de Bangui n'a pas d'autonomie financière », explique l'ancien maire qui ajoute : « J'ai dû aller chercher les recettes pour financer mes projets et j'y suis parvenu, que cela suscite des jalousies ne m'étonne absolument pas ».

Son successeur, un de ses anciens directeurs financiers, Nazaire Guénéfé Yalanga, est un membre actif du parti travailliste au pouvoir, le KNK (Kwa Na Kwa).

 

NDLR : Après s’être assez enrichi à la mairie de Bangui, c’est un peu facile de « demander à être déchargé » de ses fonctions. S’il est vrai que la mairie de Bangui ne jouit pas d’autonomie financière, Ngombé-Ketté n’a pas eu qu’à bénéficier de la générosité de philanthropes et de mécènes. D’après nos informations, des institutions aussi respectables comme l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) qui ont déversé beaucoup d’argent sur la mairie de Bangui pour financer des projets de développement ont néanmoins quelques comptes à  lui demander. Ce n’est donc pas seulement une simple question de jalousie comme l’intéressé le dit si le départ volontaire ou non de Ngombé-Ketté de la mairie de Bangui, suscite autant de satisfaction à Bangui.

Selon des informations émanant d’une source gouvernementale ayant requis l’anonymat, à l’issue de la visite du ministre de l’Administration du Territoire, le pasteur Josué Binoua à la mairie de Bangui et après les propos que celui-ci avait tenus au sujet de la gestion opaque de Ngombé-Ketté, il aurait été énormément félicité par nombre de ses collègues et pas des moindres pour avoir fait preuve de tant de courage en osant s’attaquer à l’intouchable président de la délégation spéciale de la ville de Bangui. L'impunité étant la caractéristique essentielle du régime de Bozizé, il ne faudrait pas s'attendre à ce qu'il puisse arriver quelques ennuis judiciaires que ce soit à celui qui a "demandé lui-même à être déchargé" de ses fonctions mais le moindre contrôle qui pourrait être effectué dans la gestion des finances de cette mairie devrait réserver quelques surprises pouvant sans doute donner lieu à des suites judiciaires.  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique