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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 02:06

 

 

Ban Ki moon

 

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Bozize KNK

 

 

Dans une interview qu’il vient d’accorder à notre confrère du quotidien l’AGORA n° 892 du 11 octobre 2011, Claude LENGA, intellectuel et pourtant membre du parti au pouvoir KNK, exprime des idées avec lesquelles on ne peut qu’être d’accord lorsqu’il affirme ceci : « Dans ce pays finalement, on a tendance à comprendre que quand vous prenez les armes, on vous entend mieux que quand vous parlez. C’est pour cela qu’il faut que l’on arrive à faire prévaloir la culture de la paix et de la démocratie. Ainsi tous ceux qui font parler les armes devront être écartés. A force de négocier souvent avec des gens qui ont des armes, et qu’à chaque étape, ils reviennent sur leur engagement parce qu’ils font de la surenchère pour se repositionner, nous n’allons jamais nous en sortir tant que qu’on demeure dans cette logique de cercle vicieux ».

En effet, force est constater que depuis qu’il est au pouvoir et qu’ont éclaté dans le pays toutes les rébellions nationales, APRD, FDPC, UFDR, MLCJ, CPJP et autres, l’unique logique qui est celle de Bozizé est exclusivement celle du dialogue permanent et des négociations tantôt secrètes, tantôt publiques et à coup d’enveloppes et de mallettes d’argent que transporte sans cesse son conseiller Stanislas Mbangot à cette fin, avec les mouvements dits politico-militaires donc tous ceux qui ont pris les armes pour former des rébellions et cela, au détriment des partis politiques de l’opposition démocratique qui eux ont clairement pris position pour la voie pacifique et celle des urnes pour l’alternance politique au pouvoir.

De cette  seconde catégorie qui privilégie le combat politique des idées, Bozizé n’a qu’un  mépris souverain pour ses leaders et ne s’intéresse à elle que pour débaucher de temps en temps pour la formation de ses gouvernements, quelques personnes à la fidélité douteuse et aux convictions peu solides des partis de cette opposition qui peuvent mordre facilement à son hameçon. Autrement dit, Bozizé n’entend et ne comprend que le langage des armes et c’est très dommage. Il consacre toute son énergie et passe le plus clair de son temps à couvrir des injures les plus viles les leaders des partis de l’opposition, les traiter à longueur de ses discours de prostitués, de  sorciers et d’autres noms d’oiseaux.

Il a récemment poussé ce traitement méprisant jusqu’à pour une première fois, interdire purement et simplement la rentrée politique du MLPC pour laquelle les autorités compétentes avaient pourtant été préalablement informées.  Peu de temps après, on a assisté à un important déploiement de moyens de l’Etat pour contacter les protagonistes armés des tueries de Bria que sont l’UFDR et la CPJP d’Abdoulaye Hissène et les faire venir dans la capitale afin de conclure un accord de cessez-le-feu sous le parrainage de les représentations en RCA des Nations Unies,  le BINUCA et celle de l’Union Africaine dont le siège d’Addis-Abeba s’est aussitôt fendu d’un communiqué de presse pour se féliciter de la signature.

On remarquera en passant et pour le dénoncer que lorsque Bozizé et son parti le KNK ont saboté pour empêcher la tenue août dernier du meeting du FARE 2011 et interdit peu de temps après le 10 septembre la cérémonie de rentrée politique du MLPC, ni le BINUCA ni la représentation de l’Union Africaine à Bangui n’ont levé le petit doigt ou élevé la moindre réaction. Cette attitude des représentations de ces institutions en République centrafricaine contraste nettement avec celles présentes dans d’autres pays africains notamment en Côte d’Ivoire par exemple où le porte-parole de l’ONUCI,  après le clash FPI-RDR de samedi dernier, a pris position en ces termes : “A tous les acteurs politiques, à la population, évitez tous la provocation et les excès …”. Comment expliquer ce « deux poids deux mesures » ?

En RCA, Bozizé est manifestement en permanence dans le registre de la provocation et de l’excès et personne n’ose le rappeler à l’ordre. Les Nations Unies et l’Union Africaine entre autres, n’ont fait que l’accompagner et ont fermé les yeux sur son hold-up électoral en janvier dernier. Les Nations Unies se voient obligées d’accourir maintenant avec la forte délégation de la commission de consolidation de la paix de l’ambassadeur Jan GRAULS, venue en quelque sorte comme des sapeurs-pompiers sur un foyer d’incendie.

Au lieu de veiller à la bonne organisation des élections en permettant la réalisation de listes électorales et cartes d’électeurs informatisées et fiables, les Nations Unies  par Mme ZEWDE SAHLE WORK interposée, sont passées totalement à côté de leur mission. Jan GRAULS a préféré financé la construction de geôles, commissariats ainsi que d’autres projets certes importants mais pas prioritaires dont une partie de l’argent a d’ailleurs été impunément détournée par certains dignitaires du régime.

On retiendra de tout cela qu’en Centrafrique, tout incite objectivement à prendre les armes lorsqu’on a comme projet de faire changer notablement l’ordre des choses ou de s’emparer du pouvoir. Aussi bien l’attitude de Bozizé que celle des institutions comme les Nations Unies et l’Union Africaine, ne leur en déplaise, va et encourage dans ce sens. C’est un scandaleux déni de démocratie.

Après la réélection en janvier dernier de Bozizé dans des conditions de fraudes généralisées et de nombreux dysfonctionnements délibérément organisés aux fins de sa victoire, on ne peut qu’avoir la conviction que ce dernier n’a qu’un seul objectif : tout faire pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir le plus longtemps possible. Il a tout fait non seulement pour faire entrer massivement ses parents et sa famille à l’assemblée nationale mais aussi pour humilier tous les candidats de l’opposition y compris certains de ses leaders ainsi qu’à leur formation politique en leur barrant ostensiblement le chemin de la représentation nationale.

Dès lors plus personne ne peut plus croire à la voie pacifique des urnes pour l’alternance au pouvoir. C’est là où il y a un réel danger dans les actes politiques que pose Bozizé et les conséquences de son attitude politique de verrouillage systématique de toutes les portes à l’opposition. Lui et la fameuse communauté internationale en sont-ils conscients ? Il est permis d’en douter.

Rédaction C.A.P

 

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