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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 01:17

 

 

consulat-Dla-sacage.jpg

 

victime Consulat Douala

 


(Mutations 08/11/2010)

Au cours de son point de presse de vendredi dernier, Denis Magnonde a démenti avoir bloqué l’inscription des Centrafricains sur les listes électorales.

Sanglé dans un costume gris-clair barré d’une cravate rose, le visage souriant et serein, Marie-Louis-Denis Magnonde a livré sa part de vérité sur les émeutes sanglantes qui ont agité le consulat de Rca à Douala mercredi dernier. Il était accompagné du président de la section locale-Douala de la Commission électorale indépendante (Cei) centrafricaine, Marcellin Yalemende. Et comme pour marquer l’importance de cet échange avec la dizaine de journalistes conviés, Henri Pascal Bolanga, le ministre conseiller en communication à la présidence centrafricaine était également présent.

«Le consulat de la Rca à Douala a été saccagé (…) par des hommes munis d’armes blanches se réclamant de la nationalité centrafricaine. Ces assaillants voulaient coûte que coûte s’inscrire sur les listes électorales alors qu’ils n’ont pas les documents requis», commentera le consul dans sa déclaration liminaire. Tenant avant tout à démentir les accusations des émeutiers, Dénis Magnonde récusera «avec fermeté, l’information selon laquelle [il aurait] tenté d’empêcher des citoyens centrafricains de s’inscrire sur les listes électorales». «Il s’agit», martèle-t-il alors, «d’allégations de personnes incapables de justifier leur nationalité centrafricaine ou alors, de la énième tentative pour ternir l’image de la Rca».

Le diplomate centrafricain présentera les assaillants comme des réfugiés politiques d’origine centrafricaine, titulaires de passeports du Haut-commissariat aux réfugiés (Hcr). Ce qui, à l’en croire, leur enlèverait la qualité d’électeurs. En effet, le droit centrafricain stipule, expliquera-t-il, que l’inscription sur la liste électorale est subordonnée à la présentation de documents administratifs tels que la carte consulaire ou la carte nationale d’identité. Des pièces dont ne disposeraient pas les assaillants. Cette même loi prévoirait que les réfugiés politiques ne peuvent pas voter. C’est pourquoi Marcellin Yalemende, responsable local de la Cei, estime que ces personnes «veulent jouer sur deux tableaux».

Quant au fait que ceux-ci affirmaient avoir présenté des actes de naissance centrafricains pour pouvoir s’inscrire, M. Yalemende révèle que cette pièce est insuffisante pour ce faire. Il indique, du reste, avoir recommandé à ces derniers «de revenir au consulat pour s’immatriculer et obtenir ainsi leur carte consulaire; ce qui les aurait mis dans la légalité». «Mais, ils ne l’ont jamais fait», s’étonne-t-il. Et de conclure: «ils avaient visiblement un plan derrière la tête».

Irrégularités

En ce qui concerne l’accusation-subséquente à la première- selon laquelle les services du consul n’inscriraient que des militants de la Convergence nationale Kwa na Kwa (coalition de partis réunis autour de François Bozizé depuis 2004) sur les listes électorales, M. Yalemende rappelle que sa commission locale est constituée des représentants de toutes les sensibilités sociopolitiques centrafricaines: «l’opposition, la société civile et le pouvoir». «S’il y’avait vraiment eu des irrégularités pendant les opérations d’inscription, l’une des parties au moins aurait déjà élevé des protestations», argumente-t-il. La communauté centrafricaine de Douala est constituée d’environ 1 500 personnes, autant d’électeurs potentiels. Et le Cameroun compte environ 4000 Centrafricains.

 Lors des élections générales de mai 2005 en Rca, 2300 électeurs centrafricains avaient votés à partir du Cameroun. Un nombre loin d’être négligeable lorsqu’on sait que la Rca attend environ 2 millions de votants pour le scrutin du 23 janvier 2011.

Pour rappel, le consulat de Rca à Douala, sis à la rue King Akwa, a été le théâtre de scènes d’émeutes sanglantes mercredi dernier. Celles-ci ayant entrainé la mort du planton des lieux, Célestin Sentoua. Le Centrafricain a été poignardé et aurait même eu la langue coupée alors qu’il s’enfuyait en suppliant ses bourreaux de l’épargner.

 Sur le carreau également, plusieurs blessés dont un cas grave. Hugues Abako Ivox est encore dans le coma à l’hôpital Laquintinie de Douala. La quinzaine d’émeutiers originaires de Rca entendaient ainsi protester contre le fait que le consulat aurait bloqué leur inscription sur les listes électorales. Ladite opération s’achèvera d’ici le 15 novembre prochain.


Brice T. Sigankwé
(stagiaire)

© Copyright Mutations

 

NDLR : Certaines informations dignes de foi font état de la présence à Douala d'une délégation de sécurocrates de Bangui  dont le tristement célèbre Procureur de la République en service commandée Firmin Feindiro. Il est fort à craindre que les autorités camerounaises, du fait des pressions politiques boziéennes, ne puissent livrer sans autre forme de procès, la dizaine d'assaillants du consulat que la police camerounaise avait arrêtée sur les lieux des incidents.   

 

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