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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 03:58

 

 

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Qu’on le veuille ou non, la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la Côte d’Ivoire consacre l’échec retentissant de ce qu’on a coutume d’appeler la Communauté internationale avec son inefficacité et toute l’hypocrisie qui caractérise son système et son mode de gestion des questions africaines en particulier. Avant même d’en arriver à la Côte d’Ivoire, une élection présidentielle s’est aussi déroulée dans un pays voisin à la Côte d’Ivoire qui s’appelle le Burkina-Faso dont le président sortant a été réélu avec un score quasi stalinien dès le premier tour et tout un tas de monstruosités électorale dénoncées par l’opposition de ce pays qui n’a cessé de crier au scandale mais sans que la fameuse communauté internationale n’ait pipé le moindre mot.

Mieux, ce chef d’Etat est celui là-même qui sous-traite pour la même communauté internationale la médiation et la facilitation des crises récurrentes de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest alors même que la situation dans son propre pays est loin d’être un modèle de démocratie irréprochable, la mascarade électorale qui vient de s’y dérouler le prouve amplement. Le président de ce pays qui au pouvoir depuis deux décennies se prépare au vu et au su de toute la communauté internationale à faire modifier la constitution de son pays afin de briguer indéfiniment le fauteuil présidentiel et mourir au pouvoir. Plusieurs illustres chefs d’Etat africains l’ont précédé dans ce manège consistant à manipuler la constitution afin de demeurer éternellement au pouvoir, sans risquer le moins du monde quoi que ce soit de la part de toutes ces institutions internationales qui crient aujourd’hui au scandale et accusent Laurent Gbagbo de tous les maux et noms d’oiseaux.

Le Président Laurent Gbagbo a toujours refusé d'aller aux élections dans la mesure où le pays est divisé en deux, position qui lui a valu d’être critiqué et taxé de celui qui a peur d’aller aux élections. La situation actuelle de la Côte d’Ivoire montre qu’il avait mille fois raison. Tant qu’un pays coupé en deux n’est pas réunifié, il ne sert à rien de faire de la fuite en avant pour aller précipitamment aux élections. Il est vrai que cette communauté internationale, ONU et UE en tête, a énormément investi dans les élections en Côte d’ivoire pour accepter sans broncher l’échec sur lequel le second tour a débouché. Mais c’est cette même communauté internationale qui a contraint Gbagbo à partager le pouvoir avec les soi-disant Force Nouvelles. C’est lui qui a nommé Premier Ministre ce même Guillaume Soro qui aujourd’hui a choisi de remettre sa démission non pas à Gbagbo qui l’a nommé mais à Ouattara pour qui il roulait depuis sans trop en donner l’air. A présent, son masque est tombé. Il a amplement tiré profit de l’économie de guerre que leur rébellion avec Ouattara a instaurée dans la partie Nord de la Côte d’Ivoire coupée en deux avec la bénédiction et le soutien de la communauté internationale.

Sous prétexte que les Africains s’entredéchirent à cause des considérations ethnique et tribales, on a arbitrairement et injustement imposé aux actuels Premier Ministre du Kenya et du Zimbabwe qui avaient pourtant gagné les élections présidentielles dans leur pays respectifs de partager le pouvoir, tout cela à cause de l’incapacité de la communauté internationale de régler convenablement les conflits et les crises en Afrique.

En Côte d’Ivoire, il allait pourtant de soi que du moment où aucune pression suffisante n’a été exercée sur les prétendues Forces Nouvelles pour les désarmer, il était évident que le scrutin décisif du second tour n’allait pas bien se dérouler dans la partie du pays sous occupation de la rébellion armée. Gbagbo et son camp l’avaient si bien perçu qu’ils s’en étaient plaints dès la fermeture des bureaux de vote mais avaient déjà formulé et apprêté leur recours en annulation auprès de la Cour constitutionnelle.

L’empressement avec lequel l’ONU, l’UE, la France, les USA et tous les partisans de Ouattara insistaient pour la publication des résultats par la CEI trahissait clairement le camp qu’il avaient choisi, accréditant ainsi, qu’ils le veuillent ou non, la thèse de leur complot contre Gbagbo en entérinant les graves anomalies et irrégularités intervenues, bref, la mascarade électorale  dans les bureaux de vote du Nord où avaient régné l’intimidation et les fraudes de toutes sortes au profit du candidat Ouattara derrière lequel s’étaient rangées toutes les Forces Nouvelles et les populations du Nord. Pour toutes les missions d’observation des élections de la communauté internationale dépêchées dans les pays africains où se déroulent des élections, il y a une formule tarte à la crème bien connue : « les irrégularités constatées ici et là ne sont pas de nature à entacher la crédibilité des élections ».

L’ONU qui habituellement se contente d’observer seulement les élections, a cru cette fois-ci devoir pour la Côte d’Ivoire, s’octroyer une attribution supplémentaire, celle de délivrer une « certification » des résultats du scrutin. Son représentant a cru devoir le faire en vertu de quelle disposition pour les résultats du premier tour ainsi que pour le second avec les conséquences que l’on sait à savoir ne pas être suivi par la Cour constitutionnelle.

En Centrafrique, on se prépare frileusement à se rendre aussi aux urnes dans un contexte où le pays est divisé en mille morceaux contrôlés par plusieurs rébellions armées aussi bien nationales qu’étrangères. Plus de la moitié des seize préfectures que compte le pays est sous occupation politico-militaire mais la communauté internationale est incapable d’imposer à Bozizé l’absolue nécessité de la réunification préalable du pays avant d’aller aux urnes. Quand une rébellion attaque et s’empare d’une ville comme celle de la CPJP vient de faire il y a une dizaine de jours, les Faca et la garde présidentielle sont mis en débandade et Bozizé est obligé de solliciter un appui extérieur comme il vient de le faire en demandant carrément une intervention militaire à Idriss Déby du Tchad qui a dû envoyer un corps expéditionnaire lourdement armé rétablir la situation à Birao.  

Qui peut aujourd’hui présager de ce qui se passera concrètement lors du scrutin dans les régions sous occupation rebelle ? Ce n’est pas au lendemain du vote qu’il faut en parler, c’est maintenant. Dans les zones et les localités occupées par des rebelles qui ne veulent pas déposer les armes, le recensement électoral ne s’est déjà pas bien déroulé. Tant qu’ils n’auront pas perçu les fonds du DDR dont une bonne partie a pourtant été remise par la CEMAC (huit milliards de F CFA) à Bozizé qui s’en sert comme si c’était à lui et personne ne lui dit rien.  Cette indifférence affichée de la communauté internationale à l’égard de Bozizé ressemble à de la complicité. L’ONU, l’UA, l’UE, l’OIF, l’ambassade de France à Bangui, pourtant représentés dans le comité de pilotage des élections en Centrafrique, contemplent et laissent   Bozizé piétiner le code électoral et remettre en cause impunément le chronogramme électoral pourtant laborieusement et consensuellement adopté sans s’émouvoir le moins du monde. Le dernier rapport du Secrétaire Général Ban-Ki moon sur la RCA est un chef-d’œuvre de cette hypocrisie qui doit cesser. C’est un encouragement adressé à Bozizé pour qu’il continue dans la voie qu’il a choisie, celle des violations de la loi, de la dictature sanguinaire. Il ne risque rien et n’encourt aucune sanction quelconque. C’est tout simplement scandaleux.

Aujourd’hui, dans la totale indifférence, Bozizé joue le neveu de Rameau. Il est tout à la fois. Chef d’Etat sortant et candidat et celui qui décide de tout. Il est le véritable président de la CEI, président du Conseil d’Etat, de la Cour constitutionnelle, il fixe le délai de dépôt des dossiers de candidatures, il choisit le découpage électoral des circonscriptions aux législatives comme bon lui semble et les représentants de toutes ces institutions de la communauté internationale ne lui disent rien. Demain, lorsque Bozizé s’autoproclamera vainqueur des élections, ces messieurs et dames trouveront tout cela normal et diront amen puisque les observateurs qu’ils auront dépêchés diront que « les irrégularités enregistrées ici et là ne sont pas de nature à entacher la crédibilité de ces élections » et le tour est joué. Cette hypocrisie de la communauté internationale doit cesser. Tous les exemples des pays où l’ONU intervient massivement à l’heure actuelle pour soi-disant maintenir la paix sont un fiasco. MONUC RDCongo (17.000 casques bleus), MINUSTAH Haïti (12 600 hommes depuis le séisme) MONUCI Côte d’Ivoire (presque 10.000 hommes). Dans ces pays, on demande presque tous les jours leur départ. Ce n’est pas par le pur des hasards.   

La Rédaction C.A.P

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