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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 20:49


Bozizé en Chine

PARIS (AFP) - vendredi 19 mars 2010 - 18h38 - L'ONU, les Etats-Unis, l'Union européenne et la France se sont prononcés pour un report des élections prévues le 25 avril en Centrafrique, en raison de leur impréparation, lors d'une réunion de leur comité de pilotage, a-t-on appris vendredi de sources diplomatiques françaises.

Les partenaires étrangers représentés dans ce comité de pilotage, qui sont aussi ses principaux bailleurs de fonds -- Union européenne, USA, France -- ont appuyé jeudi à Bangui la position exprimée par la représentante des Nations unies en Centrafrique, l'Ethiopienne Salhe Work Zewde.

Celle-ci a fait valoir que la préparation du double scrutin présidentiel et législatif a pris un énorme retard, a-t-on indiqué.

Ils ont recommandé que de nouvelles solutions soient élaborées avec les responsables centrafricains pour préparer le scrutin, avec l'aide d'experts électoraux de l'ONU déjà présents sur place, selon ces mêmes sources.

Dans certaines régions du nord, les comités locaux chargés de les organiser (rassemblement des candidatures, distribution des cartes électorales) n'ont même pas encore été installés.

Le dépôt des dossiers de candidature s'est ouvert mardi alors qu'il était censé débuter le 12 mars. Le général François Bozizé, 63 ans, au pouvoir depuis un coup d'Etat en mars 2003 et élu en mai 2005, s'est déclaré candidat. Avant lui, quatre personnalités, dont l'ancien président (1993-2003) Ange-Félix Patassé renversé par M. Bozizé, et l'ex-Premier ministre (2001-2003) Martin Ziguélé.

Plusieurs partis et ex-rébellions ont réclamé un report des scrutins, estimant que la Centrafrique n'était pas prête à les organiser en avril.

M. Bozizé a évoqué ces demandes, et, sans s'y opposer clairement, il a indiqué que la Commission électorale indépendante (CEI) devrait se prononcer.

Il s'agit aussi de mener à bien le processus de "désarmement démobilisation réinsertion" (DDR), condition pour que les élections se tiennent dans de bonnes conditions. Si elles étaient reportées, il faudrait trouver une solution transitoire qui pourrait être la prolongation du mandat du président et des députés, avec l'aval de la Cour constitutionnelle, juste le temps de préparer le vote.

 

L'Onu appelle Bangui au report des élections

 

Par RFI vendredi 19 mars 2010

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies à Bangui, les ambassadeurs de l'Union européenne, des Etats-Unis et de France ont recommandé à la Commission électorale indépendante de Centrafrique le report technique des élections législatives et présidentielle prévues le 25 avril prochain. Cette démarche conjointe de la communauté internationale appelant au report d'un scrutin en Afrique est rarissime. Le 15 mars 2010, dans son discours en sango, le président François Bozizé avait exclu toute idée de report des élections.

Pour la communauté internationale à Bangui, le constat est sans appel : le programme de désarmement des ex-rebelles a pris un tel retard qu'il n'est pas possible de circuler librement dans toute la moitié nord du pays. Comment inviter les villageois à s'inscrire sur les listes électorales ? Comment distribuer des cartes d'électeurs ? Comment installer des bureaux de vote sur l'ensemble du territoire ? Autant de questions qui sont restées sans réponses à ce jour. Par ailleurs, les comités locaux de la Commission électorale ne sont pas encore officiellement installés.

« Dans ces conditions, envisager des élections crédibles dans un peu plus d'un mois, c'est tout simplement impossible », explique une source diplomatique. Mercredi 17 mars, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies à Bangui, les ambassadeurs de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la France, qui sont les principaux soutiens du processus électoral, ont donc délivré, comme un seul homme, le même message à la CEI : « La crédibilité des élections est plus importante à nos yeux que le respect à la lettre des délais imposés par la Constitution ».

La communauté internationale demande non seulement le report technique des prochaines élections, mais aussi davantage de transparence dans le fonctionnement de la Commission électorale.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique