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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 21:35


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Après d’énormes pressions exercées sur lui tant par l’opposition politique nationale que par les bailleurs de fonds et la communauté internationale, Bozizé a fini par se rendre à l’évidence malgré lui que les scrutins présidentiel et législatif qu’il a cru devoir convoquer pour le 25 avril prochain sans prendre réellement un minimum d’informations sur le degré de préparation des élections, ne peuvent avoir lieu pour d’innombrables raisons techniques.

Au lieu de s’en tenir à l’acceptation du principe du report, Bozizé croît devoir se poser en champion en matière de respect et de défense de la constitution. Tout en affirmant que seule la CEI doit proposer un calendrier pour la tenue des élections, il se permet de lui lier encore les mains en assortissant son accord d’une condition, à savoir, pas au-delà de la fin de son mandat constitutionnel fixée au 11 juin. 

Contrairement à ses prétentions, Bozizé n’a en réalité aucun respect pour la Constitution qu’il a pourtant promulguée lui-même. Il ne cesse de fouler aux pieds certaines de ces dispositions. Un exemple en est la nomination de son fils Jean Francis comme ministre délégué auprès de lui chargé de la défense et des anciens combattants. En vertu de quoi préside-t-il depuis longtemps le comité de trésorerie pour ordonner lui-même les dépenses de l’Etat à exécuter ? La RCA est le seul pays dans le monde d’aujourd’hui à expérimenter une telle situation. Son président n’a rien d’autre à faire que de s’occuper de genre de chose. Cette situation avait été dénoncée lors du Dialogue Politique Inclusif de décembre 2008 mais Bozizé s’entête à faire ce que bon lui semble. Il s’en fout !

Malgré les fermes recommandations du DPI et en dépit du chronogramme qui accompagne les différentes actions préconisées dont dispose le gouvernement, la Haute Cour de justice qui est pourtant prévue dans la Constitution n’est toujours pas mise en place jusqu’ici. Ses membres désignés et élus n’ont toujours pas prêté serment à ce jour. Est-ce cela respecter et défendre la Constitution ? 

Il ne se passe pas de semaines et de jours sans que des citoyens voulant prendre l’avion pour des raisons et d’autres soient humiliés et empêchés d’embarquer et privés de leur passeport à l’aéroport de Bangui. Ce sont là des aussi cas de violations du préambule et de certaines dispositions de la Constitution. Il n’y a aucun doute possible que c’est Bozizé en personne qui pilote ces tracasseries via un des enfants et le commissaire de l’aéroport Bangui Mpoko. Ce sont des cas flagrants de violation de la Constitution. Pourquoi seul le cas du vide constitutionnel qui va se produire à l’expiration de son mandat le 11 juin à minuit préoccupe tant Bozizé ?

En expulsant dernièrement manu militari du pays la défunte Denise Neris Massi, pourtant Centrafricaine, venue s’enquérir de l’abominable sort fait à son mari, Bozizé avait-il pas conscience de violer la Constitution de la République centrafricaine ? On peut ainsi énumérer les nombreux exemples de violation de la loi fondamentale du pays par celui-là même qui veut se poser en grand défenseur de la Constitution, à présent qu’il a subitement pris conscience que le sol est en train de se dérober sous pieds avec la perspective imminente de la fin de son mandat. C’est en réalité cette appréhension qui l’entraîne à vouloir imposer son calendrier électoral. Cela, presque tous les Centrafricains l’ont compris.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique