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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 23:26


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KINSHASA - (IPS 29/12/2009) «La guerre qui sévit depuis le début de l’année 2009 en Equateur, dans la partie nord de la République démocratique du Congo (RDC), n’est pas un simple affrontement ethnique», reconnaît le ministre congolais de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.

 Au départ, le gouvernement congolais «n’a pas pris toute la mesure de la situation à Dongo, principale ville où sévit la guerre. Il s’est laissé prendre au piège de la thèse apparente des affrontements interethniques», déclare Joshua Bokele, chef coutumier habitant de Dongo. «Il y a un an, dès les premiers signaux de trouble, le gouvernement n’avait alors dépêché qu’une section de la police d’intervention rapide, unité spéciale de la police nationale congolaise, en vue de rétablir l’ordre».

Pour Mounoubai Madnodje, le porte-parole civil de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), s’exprimant lors d’une conférence de presse au siège de l’institution, le 16 décembre à Kinshasa, la capitale de la RDC, «tout ce qu’on sait de cette rébellion c’est qu’elle se nomme 'Patriotes résistants Enyele'. Il s’agit d’une insurrection dont on ne connaît pas beaucoup les contours et qui semble instiguée par une main noire», ajoute-t-il.

«Mais qui finalement sont ces insurgés? Quelles sont leurs revendications? Quels sont les moyens mis en place par le gouvernement pour protéger la population civile et ses biens et rétablir la paix? Ni le gouvernement, ni la MONUC) ne veut donner des réponses à ces questions, alors que la population a besoin d’être informée puisqu’elle en est la première victime», affirme Bokele.

 Selon Bokele, «le gouvernement et la MONUC, qui ont la charge de la sécurité sur tout le territoire congolais, n’ont pas le droit d’ignorer ni de dire publiquement qu’ils ignorent les contours exacts de cette guerre dont beaucoup de civils sont inutilement victimes à Dongo et dans les villages voisins de Dongo».

«Nous ne savons rien sur l’origine de cette rébellion et il est quasiment impossible d’identifier les rebelles, surtout puisqu’ils s’habillent de la même façon que les civils», a indiqué à IPS, Laurentine Lokuli, une déplacée de guerre installée à Mbandaka, dans le nord-ouest du pays, depuis dimanche le 20 décembre, vivant sous une tente de fortune avec quatre jeunes enfants.

 Mais «puisqu’ils ne veulent pas nous informer sur les instigateurs de cette guerre et sur leurs revendications, qu’ils nous disent au moins les moyens qu’ils mettent en jeu pour y faire face et protéger les civils qui continuent à errer dans toute la province, au Congo-Brazzaville et en Centrafrique, fuyant les détonations d’armes lourdes», s’indigne Maria Bokungu, mère d’une famille de sept enfants, elle aussi déplacée de guerre à Mbandaka.

Tout en reconnaissant l'erreur d’appréciation au départ sur la nature de cette guerre, «le gouvernement a repris la situation en main et a déjà déployé quelques bataillons des Forces armées congolaises (FARDC) pour traquer et mettre hors d’état de nuire les instigateurs de cette machination», affirme Mende Omalanga.

Et selon Babacar Gueye, commandant des opérations militaires de la MONUC «cette fois-ci, les FARDC bénéficient d’un effort conséquent du gouvernement».

Entre-temps «plus de 150.000 personnes et de nombreuses familles qui ont quitté la zone de guerre continuent à errer dans le froid, tantôt à travers d’autres villes et villages de la province, tantôt au Congo-Brazzaville et en Centrafrique, deux pays voisins de la province de l’Equateur, sous la pluie sans assez d’assistance de la part du gouvernement», indique un rapport du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dont copie est parvenue à IPS.

Cependant, malgré cette situation humanitaire déplorable et une insécurité montante, «les difficultés pour les Forces armées congolaises (FARDC) de reprendre Dongo et les villages voisins sont évidentes, entre autres, à cause de l’indiscipline de ses éléments et du fait que certains d’entre les militaires congolais sont mêlés à des crimes notamment sexuels», affirme un rapport de l’ONG internationale 'Human Rights Wacth', dont copie est parvenue à IPS.

Ce rapport publié le 13 décembre demande particulièrement à la MONUC «d’arrêter son soutien aux FARDC pour marquer son désaccord avec le fait que cette armée manque de professionnalisme et qu’en toute impunité, certains de ses membres se rendent auteurs des violences envers la population civile».

Considérant que «les tâches qu’elle accomplit sont déterminées par le Conseil de sécurité, la MONUC a décidé d’apporter son soutien aux FARDC, notamment pour apporter de l’assistance humanitaire aux déplacés de guerre et du soutien aux autres agences et organisations humanitaires coupées de leurs bases à cause des guerres, comme le Programme alimentaire mondial (PAM) qui fournit déjà des rations à environ 19.000 personnes à Betou, Boyele, Landza et Liboko», a déclaré Jean Paul Dietrich, le porte-parole militaire de la MONUC.

«Les premiers éléments militaires de la MONUC sont arrivés depuis 15 décembre à Dongo et Gemena, où une base opérationnelle temporaire a été déployée en Equateur», explique Dietrich, indiquant qu’en moyenne 500 hommes sont déployés sur place avec du matériel pour résorber la crise humanitaire.

Pour l’instant, «il reste impossible que des opérations d’évacuation des populations soient envisagées, notamment à Bobito, Bokonzi, Bozene, Dongo, Gemena et Tandala avant toute assistance à la population vulnérable», souligne le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

 (FIN/2009)

Emmanuel Chaco


28 déc

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