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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 18:38


bonne-annee


Massi-charlie.jpg

 

Décidément, ces derniers jours, la question du sort de Charles Massi a inspiré plus d’un. Depuis le 19 décembre où ce dernier n’a plus donné signe de vie, les rumeurs les plus folles circulent à son sujet. Il ne fait désormais l’ombre d’aucun doute que ce jour-là, vers 17 heures, dans la zone des trois frontières Tchad, Cameroun et Centrafrique, Charles Massi a été enlevé par des gendarmes tchadiens en compagnie des agents secrets.

Selon nos sources, le Colonel Charles Massi a déjà été livré aux autorités centrafricaines qui le gardent au secret. On prête d’ailleurs à François Bozizé, l’intention de le maintenir en détention et au secret jusqu’au moins après les élections pour ne plus « avoir à gérer le cas Massi ».

Aujourd’hui, on en sait un peu plus sur les circonstances de l’enlèvement du Colonel Charles Massi. Nous avons réussi à joindre les deux tchadiens qui étaient avec lui, le Colonel Djibrine Dagbachen et un certain Ali. Voici le verbatim de leurs déclarations.

Depuis sa cellule de la gendarmerie de N’Djamena, Djibrine Dagbachen nous a dit ceci :

« Je suis Colonel de l’armée tchadienne. J’ai été blessé lors de l’attaque du 2 février 2008 (à l’époque, les rebelles venus du Soudan sont parvenus jusqu’à l’entrée de la présidence à N’Djamena avant d’être repoussés grâce à l’appui de la France). J’avais eu trois côtes cassées. J’ai encore des problèmes de vision. Après des soins en Libye, je suis rentré à N’Djamena où j’éprouvais d’énormes difficultés à joindre les deux bouts. C’est dans ces conditions que j’ai fait la connaissance du Colonel Massi qui m’a demandé de l’accompagner dans son village natal. J’ai accepté cette proposition parce qu’il allait me payer et cela allait me permettre de nourrir ma famille. J’ai donc pris 12 hommes avec moi. Nous avons été arrêtés le 19 décembre dernier à 30 kilomètres de la localité de Mbaïbokoum près de la frontière avec le Cameroun et la République centrafricaine par la gendarmerie et les agents de renseignements tchadiens aux environs de 17 heures. On a ensuite été conduits à Doha où nous sommes restés 4 jours ensembles avant d’être transférés à N’Djamena sans le Colonel Massi. Je dois vous préciser qu’à Doha nous étions bien traités. Les médicaments du Colonel Massi lui étaient régulièrement donnés. Mais actuellement, à N’Djamena, nous sommes tous enchaînés comme des vulgaires voleurs. On m’a accusé de vouloir déstabiliser mon pays alors que je n’ai rien contre le Tchad. Je voulais juste avoir un peu d’argent ».

 Le second compagnon d’infortune de Massi, le nommé Ali, joint sur une ligne téléphonique du Cameroun, livre sa version des faits :

« J’ai été contacté par le Colonel Massi à N’Djamena. Officiellement, on se rendait au Gabon via le Cameroun puisque le Colonel était titulaire d’un visa du Gabon. C’était avec l’accord de certains officiers de l’armée tchadienne. Mais on avait un autre plan. Notre objectif était la Centrafrique. Près de la zone des trois frontières, nous avons achetés du matériel militaire d’un montant de 3 millions 750 mille FCFA. Nous avons aussi déboursé près d’un million et demi pour le transport du matériel, qui nous revenait en tout à 5 millions de CFA. Nous avons payé une partie de l’argent soit 3 millions en promettant de verser le reste une fois la frontière traversée. Mais lorsque nous étions arrivés dans une localité tchadienne qui se trouve à 4 kilomètres de la frontière avec la RCA et à 10 kilomètres du Cameroun, les Tchadiens ont commencé à changer d’attitude. J’ai échappé à cette arrestation parce que j’ai fait usage de mon arme. Nous avons réussi, mes aides de camp et moi à nous enfuir ensemble avec le Colonel Massi jusqu’à la hauteur d’une rivière que j’ai traversée par la nage. Mais le Colonel, lui, ne pouvait pas tomber à l’eau. C’est à ce moment que les Tchadiens l’ont rattrapé. Il a été arrêté avec 13 hommes. Comme j’avais les deux millions et son téléphone Thuraya, il m’a appelé après l’arrestation, m’a passé les autres éléments avec qui je me suis entretenu au téléphone, et m’a demandé de retourner parce que, selon lui, il n’y avait aucun problème. Mais j’ai soupçonné un guet-apens et ne suis pas retourné. J’ai traversé la frontière centrafricaine et je suis actuellement avec les éléments de l’APRD (Armée populaire de la restauration de la démocratie) de Jean-Jacques Demafouth. J’ai du mal à m’expliquer la fourberie, le double langage et la malhonnête des officiels tchadiens qui étaient pourtant dans le coup avec nous. C’est avec leur accord formel que tout a été envisagé et je suis prêt à le dire haut et fort ».

Même si elles ne semblent pas identiques, les déclarations de ces deux hommes, il faut le dire, recoupent les informations qui circulent depuis l’annonce officieuse de la disparition de Massi. Pire, elles confirment sans aucun doute une seule chose : Charles Massi a été bel et bien enlevé par des éléments tchadiens le 19 décembre dernier près de la frontière avec la République centrafricaine.

La question se pose maintenant de savoir pourquoi le garde-t-on au secret ? L’a-t-on réservé le même sort de l’opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh ?

Autant dire que François Bozizé à qui, Charles Massi aurait été remis, et qui le garde semble-t-il au secret, a intérêt à le présenter à la justice le plutôt afin de ne pas être accusé demain d’enlèvement et de séquestration. C’est à la justice et à elle seule de signifier à Charles Massi ce qu’on lui reproche.

 

Mercredi 6 Janvier 2010

Adrien Poussou

 Source : lindependant-cf.com

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