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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 21:07

 

 

 

 

XXIVème CONGRES DE L’INTERNATIONALE SOCIALISTE


Le Cap (Afrique du Sud) 30 août- 1er Septembre 2012

 

 

Mme-Dlamini-Zuma-a-la-tribune.JPG

 

 

 

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DISCOURS DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MOUVEMENT DE LIBERATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN (MLPC) REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

logo MLPC 

 

MZ-a-la-tribune-au-Cap.JPG

 

 

 

Monsieur le Président de  l’Internationale Socialiste,


Mesdames et Messieurs les membres du Présidium de l’Internationale Socialiste

 

Chers Camarades,

 

Distingués Invités,

 

Au nom de mon Parti, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), de ses militantes et militants, ainsi qu'au nom de son Bureau Politique, je  voudrais tout d'abord féliciter le Président George Papandréou, les trente et trois Vice-présidents élus et réélus, ainsi que Luis Ayala, notre Secrétaire Général reconduit. J'exhorte également la camarade Mona Sahlin à s'investir à la consolidation de notre organisation, car son discours de candidature est un enrichissement certain à notre démarche collective.


Toujours au nom de mon Parti, je salue tous  les délégués des partis membres de l'Internationale Socialiste ici présents,  et vous  remercie du fond du cœur pour votre soutien politique ferme lors de la mascarade électorale qui s'est déroulée en lieu et place  des élections  dans mon pays la République centrafricaine, le 23  janvier 2011.

 

 

 

MZ-au-Cap-a-l-IS.JPG



Je remercie le Secrétaire général de l'Internationale Socialiste et notamment le Parti Socialiste français qui ont publié à plusieurs reprises des déclarations politiques pour nous soutenir dans notre lutte qui continue toujours dans de grandes difficultés. Comment, en ces moments certes difficiles pour la démocratie africaine, ne pas se réjouir d'être aujourd'hui  ensemble avec vous sur cette terre sud-africaine pleine d'espérance, grâce à le lutte aujourd'hui centenaire de notre parti frère, l'African National Congress (ANC)  de Nelson Mandela, d' Oliver Reginald Tambo, et de leurs dignes successeurs, dont notre Camarade et aîné le Président de la République Sud-africaine Jacob ZUMA, à qui je tiens à présenter également mes félicitations pour sa brillante élection à la vice-présidence de l'Internationale Socialiste.


Le thème dans lequel j'interviens et qui s'intitule" La lutte pour les droits et libertés: renforcer la démocratie représentative et gagner des nouvelles démocraties dans le monde" est non seulement d'actualité dans la plupart des pays africains aujourd'hui, mais il revêt un accent particulier plus encore  ici , à quelques mètres seulement de la célèbre prison de Robben Island où Nelson Mandela et ses compagnons ont passé près de 27 ans de leur vie en prison, pour la liberté et la démocratie dans leur pays qui nous accueille aujourd'hui.

 

Chers Camarades,


La lutte pour la démocratie et les libertés devient plus exigeante que jamais sur le  continent africain et en particulier dans mon pays la République centrafricaine: en effet, même les pires autocrates africains ont maintenant intégré dans leurs pratiques du pouvoir  le "minimum syndical" à faire pour avoir les oripeaux d'une démocratie , afin notamment de ne pas s'attirer les foudres de la communauté internationale et de continuer à bénéficier de ses subsides multiformes. C'est ainsi  d'ailleurs que même les auteurs de coup d'Etat se sont adaptés à cette exigence démocratique de façade, car vous aurez remarqué qu'ils s'empressent maintenant dans leurs déclarations de prise de pouvoir de promettre un retour rapide  à la démocratie et aux élections. Au passage, il faut relever  que les Etats africains qui recourent le plus à ces pratiques anti-démocratiques et liberticides sont les mêmes qui sont abonnés aux robinets de l'aide internationale pour leur survie en tant qu'Etat, tout en vivant dans la psychose des coups d'Etat qui devient pour leurs dirigeants de fait un mode privilégié de gestion du pouvoir.


Certes, depuis le tournant des années 1990, la démocratie africaine, a fait des progrès indéniables dans certains pays, notamment dans les régions de l'Afrique australe, orientale et occidentale où plusieurs alternances démocratiques se sont réalisées sans heurts, et où les libertés individuelles et collectives sont respectées.


Cependant force est de constater que dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre,  dont le mien la République centrafricaine, l' élan démocratique des années 1990 à la faveur du fameux vent de l'Est , s'est brisé sur le retour en scène de pratiques que nous avions tous cru définitivement révolues, et qui empruntent toujours deux scénarii bien connus et rôdés:


- dans le premier cas,  des militaires prennent le pouvoir après un coup d'Etat contre le pouvoir civil démocratiquement élu, mais fragilisé par les maladies infantiles du multipartisme et les déceptions nées de l'insatisfaction de la très grande demande sociale. Baptisés pour l'occasion "sursaut patriotique " ou "libération"  pour ne pas heurter les bonnes consciences, ces coups d'Etat sont systématiquement suivis d' une transition politique puis des élections "encadrées" dont les résultats sont programmés d'avance au profit des militaires putschistes,  et/ou  à celui de leur "clientèle "civile. C'est la stratégie du "butin" à partager entre militaires putschistes et civils baptisés pour l'occasion des  "technocrates" qui les accompagnent. Dans ces pays, la démocratie est purement nominale et l'alternance démocratique de fait impossible, les libertés individuelles et collectives sont quotidiennement et impunément violées, et les réflexes autocratiques du pouvoir et l' "humeur du chef" rythment la vie politique nationale.


- dans le second cas, des dirigeants parfois démocratiquement élus au départ, refusent de fait l'alternance et le respect des libertés individuelles et collectives. Usant aussi bien de la carotte que du bâton, ces dirigeants transforment progressivement la vigoureuse renaissance démocratique d'il ya deux décennies  en un rituel des plus sommaires se résumant juste à la répétition d'élections les unes plus frauduleuses et plus rocambolesques que les autres, sans réelle possibilité d'alternance. Dans ce cas également, l'alternance démocratique est bloquée et les libertés violées tous les jours.


Dans les deux cas, comme le virus du SIDA qui mute et s'adapte aux cellules du sang de son porteur, la démocratie africaine a très souvent hélas ces derniers temps fortement muté et s'est pliée à la volonté d'autocrates locaux, qui utilisent les moyens de l'Etat dont ils sont maîtres absolus, pour corrompre les élites et briser toutes résistances intérieures, afin de restaurer un environnement de parti unique de fait et s'éterniser au pouvoir, tout en planifiant sa transmission à leurs progénitures.


Ce tableau certes difficile n'est pas désespéré car partout en Afrique aujourd'hui comme dans le reste de ce monde globalisé, les peuples aspirent à un  mieux-être et à la liberté. C'est pourquoi notre Parti, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain, aux côtés des autres forces de l'opposition démocratique centrafricaine, nous battons dans deux directions:


- D'abord nous comptons  sur nous-mêmes et sur notre propre peuple. Nous pensons que seule la mobilisation du peuple autour d'objectifs démocratiques clairs nous permettra de gagner le combat vital pour la démocratie et les libertés par des moyens pacifiques et légaux. L'Afrique centrale, comme mon pays la République centrafricaine, regorge de potentialités de toutes sortes, mais l'indice du développement humain y est l'un des plus faibles de la planète. Nous affirmons que seule la démocratie participative permettra l'amélioration de la gouvernance tant souhaitée, et  donc facilitera l'accroissement du bien-être collectif.


- Ensuite nous appelons  tous les démocrates du monde à une solidarité effective et active avec les partis et les peuples en lutte. Aujourd'hui nous sommes réunis au Cap, grâce à la lutte pour la liberté menée par l'ANC, avec le soutien des forces progressistes du monde entier. D'autres pays africains en ce moment même ont soif de liberté et de démocratie, et leurs peuples se battent dans le dénuement le plus complet face à des oligarchies et à des autocrates d'un autre âge. Nous ne pourrons avoir une Afrique où règneront  la paix, la stabilité, le développement et la démocratie que grâce à votre soutien politique multiforme. Or, ne l'oublions pas, dans cinquante ans, l'Afrique aura deux milliards d'habitants, et la condition essentielle de la paix dans le monde est le niveau d'appui à un développement endogène de l'Afrique sur le plan institutionnel, démocratique autant qu'économique.


C'est le lieu de saluer, en tant que progressiste africain, les victoires électorales de nos frères du Niger avec le Camarade Mahamadou ISSOUFOU et de Guinée avec le Camarade Alpha CONDE qui ont la redoutable obligation de réussir avec notre soutien multiforme. De même, nous exhortons notre organisation à apporter un soutien sans faille à nos frères du Mali qui vivent  une situation inédite avec la sécession du Nord de leur pays. J'exhorte également l'Internationaliste Socialiste à revoir sa sanction à l'encontre du Front Populaire Ivoirien qui a aujourd'hui plus que jamais besoin de notre compréhension et de notre solidarité.

Le  temps de parole étant limité, je vous salue à nouveau en fondant l'espoir qu'un jour le peuple centrafricain aura le plaisir de vous accueillir aux bords du majestueux fleuve Oubangui qui longe Bangui, la capitale de cette République centrafricaine qui est vraiment au cœur géographique de l'Afrique.


Merci

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