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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 22:48

 

 

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Martin Ziguélé dans ce discours, demande à Bozizé de cesser avec ses discours guerriers et ses rodomontades et lui rappelle aussi de se souvenir des termes de son serment.(C.A.P)

 

 

 

DISCOURS D’OUVERTURE DE LA SESSION EXTRAORDANIRE DU CONSEIL POLITIQUE NATIONAL DU MLPC 

 

 BANGUI  19 JUIN 2010

 

Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales accréditées en République Centrafricaine,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis Politiques,

Distingués Invités,

Camarades Conseilles Politiques Nationaux,

Camarades membres du Bureau Politique

Militantes et militants,

Chers Sympathisants.

 

 

Avant de commencer, je vous invite à observer une minute de silence à la mémoire de nos nombreux camarades qui nous ont quitté – dont le camarade Victor BOUCHER, ancien Ministre et candidat désigné de notre Parti aux législatives à Mbaïki 1-  depuis la dernière session de notre  Conseil Politique National, tenue en cette même salle le 12 juin 2009

Merci.

 

Au nom du Bureau Politique et en mon nom propre, je  voudrais tout d’abord adresser mes souhaits de bienvenue et mes remerciements à tous nos invités qui ont bien voulu faire le déplacement pour être ici présents ce matin.

 

Mes remerciements vont plus particulièrement à nos frères et sœurs des partis réunis au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation, et au sein du Collectif des Forces du Changement. Ils sont nos compagnons de lutte d’hier, d’aujourd’hui et de  demain, et le MLPC voudrait par ma voix, très solennellement, réaffirmer notre totale disponibilité pour renforcer notre unité d’action, pour le plus grand bénéfice de notre démocratie et de notre peuple.

 

J’adresse  naturellement mes salutations militantes à tous nos camarades  venus de nos seize fédérations reparties sur tout le territoire national. Camarades venus de Djéma, Obo, Zemio, Rafai, Birao, Ndélé, Ouadda-Djallé, Ouadda, Sam-Ouandja, Kaga-Bandoro, Sido, Kabo, Batangafo, Bossangoa, Bouca, Markounda, Paoua, Bocaranga, Koui, Baboua, Carnot, Berbérati, Nola, Mongoumba, Mbaïki, et j’en passe, je vous salue et vous félicite d’avoir bravé  les intempéries, les menaces, « les formalités » aux multiples barrières routières, la fatigue et l’insécurité, pour répondre présents à l’appel de votre Parti. Le Bureau Politique, à travers ma voix, est sensible à votre engagement jamais démenti pour notre Parti.

 

Camarades,

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

 

Les présentes assises de notre Conseil Politique National sont essentiellement consacrées à deux points :

 

- le report de notre quatrième congrès statutaire, normalement prévu en ce mois de juin 2010, à l’année prochaine

 

- l’investiture de nos  camarades déjà désignés par leurs structures locales aux élections législatives à venir.

 

S’agissant du premier point, vous aurez à vous prononcer sur le principe même du report de la date de notre 4ème Congrès à l’année prochaine, et au plus tard au 21 juin 2011, afin de respecter les textes du Parti.

 

 Il s’agira pour nous, Camarades, de prendre cette décision afin de permettre aux organes dirigeants du Parti de se consacrer entièrement et exclusivement à la préparation des élections à venir. Je sais d’avance que sur cette question, votre décision comme toujours, ira dans le sens des intérêts de notre Parti.

 

Le deuxième point concerne l’investiture de nos candidats aux législatives, et dont les dossiers sont parvenus au Secrétariat Général du Parti en suivant la voie hiérarchique. Ils vous seront soumis à votre examen pour votre décision finale et pour votre investiture, conformément aux textes du Parti.

 

 Camarades, nous sommes des êtres humains, et nous pouvons nous tromper. S’il existe des contestations sur certaines candidatures, le Bureau Politique s’engage à les traiter conformément à la décision suprême du Congrès de juin 2007. Nous devons tous demeurer sereins, dignes et responsables, et au sortir de ces assises, nous connaîtrons nos candidats régulièrement désignés dans toutes les circonscriptions électorales de notre pays, sans exception.

 

Camarades, je vous avais déclaré lors de mon discours de clôture du Conseil Politique National du mois de février 2009, je l’ai répété lors de mon discours du 12 juin 2009, et je le répète pour la troisième fois aujourd’hui, la prochaine législature sera celle des députés politiquement responsables et conscients, tout en étant techniquement compétents.

 

Plus que jamais Camarades, nos  futurs députés doivent être de vrais combattants de la démocratie centrafricaine, fidèles à la ligne politique tracée par le Parti et mise en application par le Bureau Politique. Un député n’est pas un salarié qui se préoccupe d’abord de ses indemnités, et si nécessaire contre les positions du Parti. Il est  d’abord un militant convaincu du MLPC, élu du peuple certes mais au nom du Parti. Nous nous battrons pour que le  MLPC fasse mieux qu’en 2005 sur le plan des législatives, mais nos candidats doivent nécessairement  comprendre qu’une fois élus, et pour garder  la confiance de leurs camarades et de leurs structures, ils doivent agir et réagir en adéquation avec le Parti, conformément à leurs engagements militants. Il sera par conséquent proposé à nos candidats investis des formalités en ce sens.

 

Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales accréditées en République Centrafricaine,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis Politiques,

Distingués Invités,

Camarades Conseilles Politiques Nationaux,

Camarades membres du Bureau Politique

Militantes et militants,

Chers Sympathisants,

 

Conforment à nos  dispositions règlementaires, je voudrais procéder à une rapide analyse de la  situation politique, sécuritaire économique et sociale de notre pays depuis le dernier Conseil Politique National.

 

1 Sur le plan politique

 

  Devant la situation politique que vit notre pays depuis nos dernières assises de juin 2009,  me revient en mémoire un épisode de l’histoire de la Rome Antique, il y a de cela deux mille ans. En effet, un général  romain, Catilina,avait pris le pouvoir par les armes dans cette cité démocratique et avait promis à son peuple qui l’avait acclamé à tout rompre, du pain et des jeux. Mais après quelques années  à peine d’exercice de pouvoir par l’empereur Catilina, le peuple romain n’avait plus droit qu’à des larmes, à du sang et à la famine.

 

Alors  Cicéron, un avocat romain courageux, s’exclama devant Catilina en plein Sénat en ces termes et en latin « Quousque tandem abutere Catilina, patienta nostra ? » ce qui veut dire en bon français « Jusques à quand abuseras-tu, Catilina, de notre patience ? »

 

Oui, Camarades, je me pose tous les jours cette question, jusques à quand ce pouvoir continuera à user et à abuser de la patience des centrafricains. Heureusement, il n’y a pas de question sans réponse, et la réponse nous vient de Nelson Mandela.

 

En effet, lorsque Mandela est sorti du bagne de Robben Island après 27 ans  de prison, et que l’Afrique du Sud se préparait aux premières élections multipartistes, il a dit à ses compatriotes noirs qui ne voyaient pas de salut à leur situation, et je cite : « vous avez entre vos mains une arme redoutable, c’est votre carte d’électeur et votre bulletin de vote ».

 

Camarades, l’arme absolue du peule contre toute dictature active ou rampante, ce sont les élections. C’est pour cette raison que depuis la fin du Dialogue Politique Inclusif, notre action a toujours eu pour principal objectif d’avoir des élections crédibles, dans la paix et la sécurité.

 

 Je vous épargne des péripéties et des détails de cette longue lutte, aux côtés de nos frères du Collectif des Forces du Changement, pour faire avorter les hold-ups électoraux programmés par des apprentis-sorciers de la manipulation électorale.

 

C’est l’échec retentissant de leurs deux tentatives avortées de manipulation du processus électoral et de passage en force et en vitesse les 25 avril et 16 mai 2010, qui  fait perdre sa sérénité au pouvoir  aujourd’hui.  Le pouvoir a mobilisé depuis lors des aboyeurs qui abreuvent quotidiennement les médias supposés nationaux d’injures tantôt contre l’opposition considérée comme l’ennemi de la nation et la cinquième colonne de l’impérialisme étranger, tantôt contre la communauté internationale. Mais vous aurez noté que cette même communauté internationale, vilipendée avec une ardeur guerrière, est dans le même temps sollicitée avec empressement  pour « donner l’argent » nécessaire au financement des élections. Nous qui sommes Africains, nous savons que quand on insulte quelqu’un, on ne lui demande rien par la suite…..

 

Mais enfin…. L’essentiel pour nous est de continuer à nous préparer pour aller à des élections crédibles, dans un pays apaisé et sécurisé, et non  pas de nous laisser distraire par des rodomontades de matamore Vous savez comme moi qu’on ne répond jamais aux coups de pied de l’âne.

 

C’est pour cela que le MLPC, solidaire du CFC, réaffirme qu’elle prépare les élections de 2010 depuis le 12 juin 2005. Le MLPC prend acte du chronogramme publié et rappelle comme hier, que les préalables suivants doivent être achevées avant cette date :

 

-  La finalisation du Désarmement et de la Démobilisation des ex-rebelles avant le déclenchement des opérations de recensement électoral, condition sine qua non du retour de la paix et de la sécurité dans l’ensemble du pays, aussi bien pour les opérations électorales que pour les électeurs et les acteurs du processus.

 

Que le pouvoir arrête de nous parler d’argent, car les 8 milliards de francs CFA que le CEMAC et la BEAC ont débloqué au profit de notre pays depuis le premier semestre 2009 et qu’on nous a assuré qu’ils ont été logés dans un compte à la BEAC doivent servir à cette fin ;

 

- La prise en charge des problèmes sécuritaires créés par la LRA dans le Haut-Mbomou, le Mbomou et la Haute-Kotto afin que nos compatriotes de cette partie de notre pays puissent accomplir leur devoir civique dans la paix et la sécurité ;

 

- l’annulation du décret portant modification du découpage électoral et la signature d’un décret redécoupant les circonscriptions électorales conformément aux prescriptions du code électoral ;

 

- la recomposition de certains comités locaux et d’ambassade de la Commission Electorale Indépendante, conformément au Code électoral et en tenant compte des recommandations du rapport du comité de suivi du Dialogue Politique Iinclusif ;

 

Nous devons reconnaissance et remerciement à toutes les bonnes volontés qui, de près ou de loin, ont œuvré pour que le recensement électoral soit retenu en lieu et place de cette hasardeuse opération de révision des listes, que la population a largement boycottée.

 

Enfin et c’est très important de le souligner, les élections ce n’est pas la guerre. Les élections ne doivent pas être l’occasion pour le pouvoir et ses thuriféraires de décrédibiliser notre pays par des attitudes et des comportements staliniens et anti-démocratiques. Cette frilosité vindicative et ses troubles de comportement social et politique trahissent un manque de sérénité qui relève de la psychanalyse. J’appelle très solennellement et très respectueusement le Président de la République à se souvenir de son serment du 11 juin 2005. Je l’appelle à se souvenir qu’il a juré d’être le Président de tous les centrafricains sans exception jusqu’à la fin de son mandat. Par conséquent, il leur doit protection et surtout il doit les respecter, s’il veut être respecté en retour. Lorsque lui-même et ses porte-flambeaux passent le plus clair de leur temps à insulter, invectiver, menacer, intimider, embastiller et brimer une catégorie bien précise de ses propres concitoyens, vers qui ceux-là doivent ils se tourner ? Vers qui doivent-ils aller pour se faire reconnaître leurs droits ?

 

On nous a parlé en 2005 de code de bonne conduite. La bonne conduite n’est –elle pas et ne doit elle pas être un état d’esprit dans une République ? Et l’exemple ne doit –il pas venir d’en haut ?

J’espère que cet appel solennel sera entendu, pour que nul ne dise demain, je ne savais pas.

 

 

2- Sur le plan économique

 

Comme en juin 2009, je ne vois pas ce que je dois vous apprendre sur l’économie de notre pays, vous qui en majorité venez de l’intérieur de notre pays  et qui en vivez quotidiennement les réalités.

 

-Que dois-je apprendre aux artisans miniers, aux collecteurs de diamant et d’or, ainsi qu’aux aux bureaux d’achat ? Cela fait que trois ans maintenant que cette filière s’est effondrée dans les régions productrices et que la famine y sévit. Carnot, Berberati, Nola, Gadzi, Boda, ces villes symboles du diamant centrafricain, sont devenus des villes fantômes. Qui aurait pu s’imaginer il ya à peine trois ans qu’il fallait faire à l’appel à l’aide internationale pour sauver des enfants de Carnot et de Berbérati ? Vous savez tous que cette situation est directement née de fausses bonnes décisions. Le MLPC prend ici et aujourd’hui l’engagement solennel que si le peuple lui fait confiance lors des scrutins à venir, il reviendra sur ces décisions scélérates.

 

- Que dois-je apprendre aux transporteurs routiers, victimes de multiples barrières qui jonchent nos routes et empêchent la fluidité de la circulation des personnes et des biens ? Surtout lorsque nous savons que ces barrières où il faut systématiquement se plier à des « formalités » sonnantes et trébuchantes,  viennent encore d’être renforcées? Tous les transporteurs ont fui le pays ou ont mis sur cale leurs véhicules en attendant des jours meilleurs. Nous les aiderons le moment venu à reprendre leurs activités d’avant, dans un environnement civilisé ;

 

- Que dois-je apprendre aux commerçants, grands et petits, aux opérateurs économiques, aux investisseurs, soumis aux rackets, aux intimidations et à l’insécurité ? Nous créerons le moment venu à tous ceux qui ont déjà investi dans ce pays ou qui souhaitent y venir ou encore revenir un cadre approprié pour leur prospérité et celle du pays ;

 

- Que dois-je apprendre aux cotonculteurs, au caféiculteurs et aux tabaculteurs qu’on abreuve de promesses sans lendemain? Cela fait sept ans que ce pouvoir est en place, et ils n’ont pas réussi à réhabiliter une seule usine d’égrenage de coton, et encore moins à créer une vraie société cotonnière. Après sept ans de pouvoir, le pays ne produit toujours pas plus de 5000 tonnes de coton, alors que nous en produisions 30 000 tonnes en moyenne annuelle sous le régime MLPC. La filière café est, dans les faits, abandonnée : dans quel pays au monde le gouvernement fixe le prix du café à 160 francs CFA le kilo et les acheteurs proposent impunément 60 francs CFA ou rien aux planteurs ?

 

Que deviennent les promesses du pouvoir de relance de la tabaculture faite aux paysans de Gamboula et Abba ?

 

- Où sont les 100 kms de route bitumée par an ? Vous vous souvenez comme moi que lors de la campagne électorale 2005 on nous promettait 100 kms de route bitumée par an. Vous les avez vues ?

 

- Où est la cité lumière KNK sur l’Ile Bongossoua, appelée aussi Ile des Singes avec ses 320 milliards CFA d’investissements par les princes du golfe ?

 

- Que dois-je apprendre aux salariés et aux retraités ? Maintenant, on leur dit que le principe de la continuité de l’Etat n’est plus valable, et qu’ils doivent voter MLPC s’ils veulent voir leurs arriérés de salaires d’avant 2003 apurés. Alors je les invite à respecter scrupuleusement cette consigne du Père de la Nation et à voter massivement pour le MLPC.

 

Camarades militantes et militants

 

Ces derniers temps, vous l’avez observé, les libertés individuelles et collectives telles que la liberté d’aller et de venir pour tous les citoyens, la présomption d’innocence qui est un principe universel de droit, ainsi que la séparation des pouvoirs consacrés par notre constitution, sont gravement menacés par celui-là même qui a solennellement prêté serment de les respecter. A titre personnel, le 8 mai dernier, j’ai été arbitrairement empêché de sortir du pays. Peu de temps après ce sera l’ancien Ministre d’Etat Cyriaque Gonda, allié pourtant du pouvoir. Depuis jeudi dernier, c’est Nicolas TIANGAYE, ancien Président du Conseil National de Transition dont le passeport a été confisqué et déposé chez le procureur. Aux dernières nouvelles, il lui est demandé  de produire le texte de loi qui l’autorise à détenir un passeport diplomatique. J’espère que la même question est posée à ces nombreux étrangers qui détiennent à ce jour le passeport diplomatique centrafricain de par le monde.

 

Depuis quelques jours, entre deux cérémonies de distribution de viande de bœufs à ces compatriotes dont on espère qu’ils s’en souviendront lors des scrutins à venir, c’est maintenant les avocats qui sont traités de terroristes, après que les magistrats aient été traités tout simplement de brigands. Tout cela a commencé, vous vous en souvenez, par les hauts magistrats de la Cour constitutionnelle qui avaient eu droit à une escouade armée pour leur interdire pendant plusieurs mois l’accès à leurs bureaux, parce qu’ils avaient pris une décision de justice qui a déplu au prince.

 

Le MLPC réaffirme, par ma voix, sa ferme condamnation de toutes ces dérives autoritaires qui nous ramènent à des souvenirs que nous croyions à jamais oubliés. Le MLPC, né en 1979 pour lutter contre cette  dictature que beaucoup de princes d’aujourd’hui avaient servilement servi, et s’en accommodaient sans états d’âme, appelle le peuple à rester vigilants pour faire le bon choix le moment venu, car  la démocratie est d’abord un état d’esprit et la liberté ne se divise pas.

 

C’est sur ces mots que je déclare ouverts les travaux de la session extraordinaire de notre Conseil Politique National, de juin 2010

 

Je vous remercie. 

  

 

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