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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 21:30

 

 

 

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Invité par les organisateurs à prononcer le discours ci-dessous devant le général Bozizé lors de la réunion du 13 août 2012 au Hilton, Bertrand Kemba n’a pu avoir le temps matériel de le faire faute d'un timing respecté par la coordination de la rencontre. C’est la raison pour laquelle il a sollicité les colonnes de Centrafrique-Presse pour néanmoins porter à la connaissance des Centrafricains, le contenu dudit discours, estimant que l'opinion doit être informée de ce qui s'était passé lors du forum sur la diaspora qui avait eu lieu au pays. Si on veut vraiment corriger les erreurs pour que les mêmes choses ne reviennent pas, pourqu'enfin on s'occupe réellement des problèmes de la diaspora comme cela se fait ailleurs.

 

 

Discours du Coordonnateur à l’occasion de la fête du 13 Août à Paris.

 

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre d’Etat, Messieurs les Membres du Gouvernent, Monsieur l’Ambassadeur, Chers frères et amis de la Centrafrique présents à la manifestation d’aujourd’hui,    

Nous remercions ceux qui nous ont donné l’occasion de prendre la parole en ce jour de la commémoration de la fête de l’indépendance de notre pays, en tant qu’ancien Coordonnateur de la diaspora centrafricaine pour délivrer notre message concernant le travail qui avait été commencé dans le cadre de la préparation du forum de Bangui en juin 2010 et qui malheureusement n’a pas été mené à son terme.  

Monsieur le Président, la fréquence de vos rencontres avec la diaspora, celle de  France, témoigne de l’importance que vous accordez à cette communauté,  la plus représentative de notre pays à l’étranger. Mais les rencontres fussent-elles nombreuses ne peuvent remplacer les actes concrets qui sont les reflets d’une volonté politique.  

Ainsi Monsieur le Président, la diaspora centrafricaine de France, quand on lui  avait donné l’occasion, s’était mobilisée pour préparer un forum qui lui était destiné et dont vous avez honoré de votre présente aux assises à Bangui.  

Quel espoir n’avait-on pas créé à cet effet. Pour la première fois se tenait dans notre pays un forum spécifique à la diaspora à l’instar de ce qui se passait partout ailleurs sur notre continent.  

Quel en est le résultat aujourd’hui Monsieur le Président. Nous ne pouvons   indéfiniment multiplier des rencontres sans résultat concret à travers un calendrier de suivi et de mise en œuvre.  

Les difficultés de tous ordres que la diaspora rencontre que se soit dans le cadre d’accès aux marchés publics qui sont l’apanage des bureaux d’études étrangers bien introduits dans les rouages de l’administration centrafricaine ou encore en matière de créations d’entreprises, nous avions voulu en chercher les solutions à travers le forum de l’époque.  

Aucun résultat probant n’en est sorti malheureusement. Ceux qui souhaitent le maintien du statu quo ont finalement eu gain de cause peut on dire.  

Monsieur le Président, ayant marqué votre intérêt pour ce forum, il aurait fallu qu’il soit mis en place un comité ou une cellule de suivi des recommandations à l’effet de vous renseigner sur un calendrier de mise en œuvre pour les projets retenus.    

Malgré les difficultés de s’accorder à Bangui, nous avions écrit au Premier Ministre à notre retour à Paris pour l’informer des problèmes rencontrés afin d’étudier avec le Gouvernement d’autres voies et mécanismes de relance du processus afin que la diaspora ne continue à rester sans repère quant à son organisation et la mobilisation des moyens envers le pays à travers des incitations. A ce jour, aucune suite n’est venue du Gouvernement.  

Dés l’annonce du forum à l’époque, brisant les tabous de  règle en la matière, nous avions volontairement transgresser les termes de références que les organisateurs du forum proposaient, tout en gardant son esprit pour étudier tout ce qui est possible d’être entrepris par la diaspora et surtout chercher des solutions quant à notre propre organisation .    

C’est ainsi que nous avions créé des commissions thématiques où chacun de par son expérience ou par sa vision des choses a pu apporter des contributions desquelles se sont dégagées des synthèses que nous avions apportées au forum.  

Malheureusement, les organisateurs ont cherché plutôt à nous diviser en imposant leurs propres thèmes pour le forum au détriment d’un travail d’équipe effectué à travers un comité de pilotage pendant plusieurs mois en concertation avec la diaspora centrafricaine des grandes villes françaises (Paris, Lyon, Bordeaux, Lille etc.) Les synthèses de ces concertations vous ont été remises lors d’une rencontre à Paris avant la tenue du forum.    

Il n’était nullement dans notre intention d’imposer nos vues à l’Etat, il lui appartenait au vu de nos besoins de discerner ce qu’il pouvait faire à court et  moyen terme,  en fonction de ses possibilité et l’assistance de nos amis.  

Un forum de la diaspora est avant tout destiné aux centrafricains de l’extérieur qui à travers leurs parcours et expériences se doivent de faire des propositions sur les relations qu’ils souhaitent tisser avec leurs pays pour favoriser les investissements ou tout autre projet qu’ils veulent mener chez eux.    

Le message était censé d’abord venir de nous avant de recueillir les observations et questionnements de nos partenaires dans le cadre du forum comme vous l’aviez souligné vous-même lors d’une audience que vous nous aviez accordée à Paris en mai 2010.  

Il y a eu au pays des forums et états généraux sectoriels dans des domaines divers que sont les mines, l’agriculture, la santé, l’éducation et en février 2009, il y a eu un forum des investisseurs à l’initiative du Ministère du commerce.    

Un forum de la diaspora comme cela se fait partout ailleurs est destiné avant tout aux acteurs de la diaspora.    

Notre démarche visait d’abord un cadre institutionnel à travers la mise en place des textes de base, et les outils d’accompagnement des investissements avant de susciter des projets individuels.  C’est ainsi que les débats et les échanges avaient été initiés dans des commissions thématiques dont la plus représentative était la commission entreprise.   

Les restitutions et échanges dans cette commission avaient donné à des propositions suivantes :    

Les propositions de résolution des obstacles du Guichet unique de Douala porte d’entrée dans notre pays. (problèmes en partie résolus depuis par la concertation entre les trois Etats concernés, Cameroun, Centrafrique et Tchad pour favoriser la circulation des biens et des personnes)    

La mise en place d’un nouveau code des PME (dont un projet a déjà été envoyé au Ministère des PME). Malheureusement notre proposition a été écartée  comme dans bien d’autres cas d’ailleurs  pour faire place à propositions des bureaux d’études étrangers qui n’ont pas la science plus infuse que nous ;  

A titre d’exemple, la TVA qui est la première source de revenu de l’Etat et dont nous maitrisons bien le mécanisme de par notre expérience, nous avons été écartés d’une mission d’audit au profit d’un bureau d’étude étranger qui malheureusement a échoué dans sa mission. Cet audit aurait permis de réduire de manière substantielle, les dettes de l’Etat vis-à-vis des Banques. Des exemples comme celui-là sont légions dans notre pays alors que la diaspora dispose des ressources permettant de faire face à des grandes missions.    

On ne peut parler d’investissement au pays en l’absence de cadre juridique adapté. C’est ainsi que la diaspora dans le cadre du forum, avait à l’étude un code des PME créant des conditions propices à ses interventions.  

Ainsi à travers ce code des PME, les pouvoirs publics devraient s’accorder sur les critères permettant de classer les différentes catégories d’entreprise en TPE Micro et PME,  pour à la fois des besoins statiques mais aussi pour promouvoir les politiques adaptées en fonction de la taille de l’entreprise.  Le code des PME devait également aborder les divers points ci après :  

La politique de financement de la PME à travers la mise en place d’un Fonds  d’investissement ou d’autres mécanismes pour pallier l’insuffisance des circuits  bancaires locaux  

Les conditions d’accès aux marché publics ou la diaspora doit être sollicitée afin de voir des domaines ou son expertise peut être sollicitée  

Les incitations en matière de sous-traitance ou de partenariat de sorte réserver 25 % des marchés aux PME locales à défaut s’acquitter d’une retenue à la source de 5 à 10 % devant alimenter un Fonds de promotion de la PME centrafricaine (pour la formation des cadres de ces PME)  

Des incitations fiscales douanières ou matière d’embauche étaient également à l’étude dans ce code de PME.  

La création d’un Centre d’affaires généralistes pour l’hébergement des pépinières d’entreprises de la diaspora voire même au delà.    

La mise en place d’un fonds d’investissement pour le financement des projets de la diaspora et aussi des PME dont les caractéristiques étaient envisagées dans le nouveau code des PME.  

La création d’un Centre de Gestion Agréé pour le suivi comptable des projets.    

La pérennisation des outils de communication à travers des Guides économiques ou tous autres supports pour valoriser l’économie de notre pays comme les sites web,         

L’exemple des thèmes abordés dans la commission entreprise était suffisant pour montrer la perspicacité des travaux effectués dans les autres commissions où l’apport de la diaspora était à la hauteur des attentes et besoins de notre pays.  Ces besoins étaient valorisés à travers les commissions santé, éducation, culture et sport, commission sociale et organisation de la diaspora.  

Notre souhait était que le forum organisé à l’initiative du Gouvernement et des partenaires au développement réussisse amplement et constitue un véritable amorçage des bonnes relations entre le pays et la diaspora, de sorte que la mise en œuvre des résolutions qui en résultaient ne devaient pas être des simples vœux pieux et traduisent une véritable volonté politique de notre Etat.    

La diaspora en tant qu’entité ne peut être qu’apolitique. Ainsi en tant qu’acteurs neutres, nous pouvons œuvrer pour les intérêts du pays de par nos expériences et vécus à l’étranger transcendant les clivages politiques qui sont de règles dans toutes démocraties.

 Pour terminer Monsieur le Président, la question à se poser est de voir comment la diaspora qui a aussi sa part de responsabilité de l’échec du forum et le Gouvernement peuvent tirer les leçons de ce diagnostic et envisager de nouvelles voies et moyens pour que la diaspora centrafricaine arrive un jour à jouer de rôles aussi importants à l’instar des autres pour leurs pays.

  Nous vous remercions Monsieur le Président et toutes les personnalités et public ici présents pour l’attention que vous avez bien porté à notre allocution.

 

Le Coordonnateur de la diaspora

 

Bertrand KEMBA

 

 

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