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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 00:56

 

 

 

 

Franck Saragba


 

 


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a voué aux gémonies  les différents leaders et partis politiques de l’opposition démocratique.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux  en place a refusé aux partis politiques de l’opposition démocratique, aux syndicats de jouer simplement leur rôle de contre pouvoir comme il est indiqué dans les dispositions de la loi fondamentale.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place mène une lutte farouche contre la liberté d’expression  en muselant les médias et les journalistes, ce, malgré la loi sur la dépénalisation des délits de presse.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place  a mis aux arrêts d’une manière arbitraire nombreux de nos compatriotes sans que justice ne soit rendu.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place et ses bras armés ont  scandaleusement assassiné, massacré, humilié d’innocents concitoyens. Les bourreaux sont toujours et encore là, n’hésitant pas à narguer au quotidien les victimes et leur famille.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a initié un système de rapine bien rodé de détournement de deniers publics qui a fini par mettre à genoux le trésor public.

 

 Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a embastillé le peuple centrafricain dans un pays qui est devenu une prison à ciel ouvert. Haro sur toutes les revendications, légitimes soient-elles.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a paupérisé davantage notre bon et généreux peuple au point que nous sommes devenus un peuple de mendiant.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a décidé de faire la promotion des plus médiocres d’entres nous, de cautionner l’immoralité dans tous les sens du terme, d’encourager les agissements de personnages douteux, hauts en couleur qui ternissent ici et là l’image de notre pays.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a décrété que la récréation sera entière et permanente pour ses princes mais horriblement répressive pour tous les autres. Ainsi, il a fini par diviser  la société centrafricaine en une classe d’intouchables privilégiés et celle des nécessiteux qui sont précarisés, brimés à outrance.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a décidé de sous traiter notre souveraineté nationale à des pays tiers, pire encore à des groupes de va-t-en-guerre.


Dix (10) bonnes années de règne absolu pendant lesquelles le régime belliqueux en place a troqué d’une manière scandaleuse notre république indépendante contre une suzeraineté au voisin du nord.


Au terme de ces dix années d’enfer et de régression à travers lequel nos concitoyens espéraient enfin voir le bout du tunnel, voici que  l’opposition démocratique d’une manière surprenante vient tendre une nouvelle perche au régime en réclamant  à cor et à cri un hypothétique dialogue pour distraire nos concitoyens. Qui paiera la facture au moment où notre pays est confronté à d’énorme problème financier  et que le monde est en crise ?  Quelles sont les moyens de pressions dont disposent l’opposition démocratique pour contraindre par la suite le régime à accepter les recommandations ? A croire que l’opposition démocratique, ne veut pas vraiment d’une véritable alternance. A ce moment-là, pourquoi ne pas imposer par exemple un bras de fer au régime en place afin qu’il applique sans délai tout simplement les recommandations du dialogue inclusif de 2008 ?

 

A ce jour, on peut dire sans détour que le régime en place est le seul responsable de son échec et de la faillite du pays du fait que depuis le 15 mars 2003, le régime  a décidé de gouverner seul, confisquant tous les pouvoirs. S’il est vrai que le dialogue reste et demeure le seul moyen incontournable de résolution de crises en politique, il n’en demeure pas moins que pour dialoguer, il faudrait être au minimum à deux. Or,  l’opposition démocratique n’a jamais  reconnu la légitimité du régime, de l’autre côté , le général Bozizé n’est pas un homme de dialogue à plus forte raison de consensus, il ne veut pas dialoguer depuis sa prise de pouvoir par la force ou feint de dialoguer lorsque la communauté internationale l’oblige à le faire,  comme lors du dialogue politique inclusif en 2008. Comment dialoguer alors que les deux partis concernés ne reconnaissent pas inversement l’existence de l’autre ?


OUI et encore mille fois OUI pour le dialogue inter-centrafricain mais avec qui ? Et pour quels objectifs ? Pour des recommandations qui ne seront encore et toujours hélas pas appliquées ? Que faudrait-il faire alors ?


Pour des raisons objectifs et de calendrier, nous pensons que l’opposition démocratique se trompe une fois encore en offrant un ballon d’oxygène inespéré à un régime à bout de souffle dont les principaux et les plus fidèles collaborateurs ont quitté le navire.  Le temps nécessaire d’organiser un dialogue digne de ce nom avec les différents partenaires sérieux et l’on aura perdu déjà cinq à six mois qui auront des répercussions sur la préparation des prochaines élections présidentielles. A presque mi-parcours d’un second et dernier mandat calamiteux du régime en place, le dialogue politique ne sert plus à rien et n’a pas de sens au regard du temps imparti. Le grand gagnant sera encore le régime en place qui cherche a gagné du temps. A titre d’exemple, les organes qui préparent  l’organisation des élections présidentielles dans des pays pourtant expérimentés s’y mettent au moins deux à trois ans avant les échéances. Pour ne pas perdre du temps, l’opposition démocratique ne ferait t’elle pas mieux de se concentrer plutôt sur les voies et moyens pour l’organisation d’une élection juste et transparente en 2016 ?  

 

Franck SARAGBA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion