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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 20:36

 

 

président pasteur Bozizé

 

 

Un compatriote tellement écoeuré par le mélange de genre douteux de Bozizé nous a fait parvenir cette réflexion très intéressante sur le sort de notre pays entre les mains du destructeur Bozizé. En effet, tout en prétendant être président de la République centrafricaine, il n'en continue pas moins d'exercer ses prétendues fonctions de pasteur du temple du Chritianisme céleste, une secte qu'il a importée du Bénin où il avait passé quelques années d'exil après son coup d'Etat radiophonique et ses errements politico-militaires de mars 1982. Dimanche dernier, le prétexte de l'inauguration d'un temple de cette secte au quartier Galabadja à Bangui dans le 8ème arrondissement a entraîné la monopolisation des antennes de Radio Centrafrique pour toute la matinée, confondant ainsi l'Etat centrafricain dit laïque avec le religieux.

 

Rédaction C.A.P

 

 

 

Le temps passe, les hommes changent et font changer le milieu dans lequel ils vivent. Nous en avons la preuve du fait que de l'Oubangui Chari, on est arrivé à la République Centrafricaine, et de Boganda, nous en sommes à Bozizé. Et si l'Oubangui Chari et la République Centrafricaine n'ont, étymologiquement parlant, rien en commun, Boganda et Bozize partagent une racine commune, celle de voir leur nom respectif commencer par la même syllabe. Et là s'arrête la similitude.

Et comme il a été mentionné plus haut, le temps passe, les hommes changent. Et parler de changement, c'est ouvrir une alternative : le changement qui suppose une progression permanente positive et celui qui, au contraire, entraîne une dégradation incessante et néfaste.

Un homme d'Etat est celui qui est supposé poser des actes tangibles, matérialisant pendant longtemps sa vision politique à travers des constructions concrètes au bénéfice de l'ensemble de sa population et à travers des idées fortes, pouvant résister à l'épreuve du temps.

Boganda s'en est allé précocement, en n'ayant pas laissé à son compte des réalisations matérielles, mais l'héritage qu'il a laissé à son peuple est incommensurable : un drapeau qui n'a jusqu'à présent, soulevé aucune contestation, un hymne qui fait la fierté des compatriotes et qui retrace leur histoire, un programme politique, dont le contenu, tenu en cinq verbes seulement, suffit, s'il est suivi à la lettre, pour mener à bon port le bateau centrafricain, une langue nationale et une devise que beaucoup de nations nous envient, et enfin une pratique démocratique assise sur l'existence de plusieurs partis politiques.

Et pour faire que toute cette activité politique soit comprise par l'ensemble des populations, Boganda n'avait pas hésité à écrire à sa hiérarchie ecclésiastique pour être libéré de ses charges religieuses, qu'il trouvait incompatibles avec les responsabilités d'un homme d'Etat, laïcité oblige.

Et que voyons-nous aujourd'hui ?

A l'époque où il manquait à Boganda les hommes qu'il fallait pour bâtir une nation prospère, l'on ne peut pas croire qu'aujourd'hui, la République Centrafricaine souffre de ce déficit. Le constat est que les hommes valables, capables de sortir ce pays de l'ornière, ont tourné le dos au pays à cause des mauvaises orientations politiques et des pratiques aberrantes de gestion des ressources tant humaines que naturelles du pays.

L'on ne peut donc guère s'étonner que la nomination d'un premier ministre à la suite des élections présidentielle et législatives ait été conduite comme une affaire biscornue, à la suite de laquelle la reconduction du même personnage était l'unique voie de sortie de l'impasse. Peut-on vraiment croire qu'il n'y ait pas d'autres hommes capables d'exercer la fonction ?

Quel changement peut-on envisager avec une telle répétition ?

En plus, de savoir que des hommes qui avaient déjà fait la preuve de leur incapacité à assumer des fonctions ministérielles reviennent au grand galop autour de la table du conseil des ministres, que penser de l'avenir de ce pays ?

Les liens familiaux, l'apparence vestimentaire, et même le verbiage sont-ils des critères objectifs à retenir dans le choix des hommes ? Là n'est pas l'objet du propos même si cela a son importance.

Ce qui irrite, c'est de voir l'Etat faire des mains et des pieds pour mettre le Temple à sa solde, sabotant ainsi le principe de laïcité dont il devait être le garant. Pire, quelle image que de voir celui qui devait incarner cette laïcité, s'affubler d'un manteau de temple et mobiliser la presse nationale pour livrer au public un nouveau lieu de culte !

Boganda s'était défait de sa soutane pour exercer ses activités politiques. Le ridicule aujourd'hui, c'est qu'après un pasteur président de la CEI, on court le risque de voir un président se mettre à baptiser ses disciples à tour de bras pour que la boucle d'élections contestées soit « bouclée », et que la descente aux enfers du pays se fasse au pas de gymnastique.

Les Centrafricains doivent ouvrir les yeux, car la RCA ne mérite pas ce sort. Nos voisins sont en train d'avancer, pourquoi pas nous. Et pourquoi pas nous ?

 

Un Centrafricain vivant en Picardie (France)

 

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