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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 17:38

 

 

 

 

RÉSEAU DES JOURNALISTES POUR LES DROITS DE L’HOMME EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (RJDH-RCA)

 

BANGUI : IL Y A MOINS DE FIÈVRE TYPHOÏDE À BANGUI QU’ON NE LE PENSE, SELON LES SCIENTIFIQUES

 

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Bangui, 22 décembre (RJDH)–Dans les différents quartiers et arrondissements de Bangui, il ne se passe aucun jour où l’on entend parler de la fièvre typhoïde. Régime par-ci, régime par-là, l’on croirait à une épidémie de fièvre typhoïde dans la capitale centrafricaine. Sans vouloir minimiser cette maladie, les scientifiques pensent que la prolifération de la fièvre de typhoïde est liée à un problème de diagnostic.

 

« La fièvre typhoïde est définie comme étant une septicémie (une infection sanguine par les bactéries). C’est-à-dire lorsque les bactéries envahissent le sang », explique le Dr Clotaire Rafaï, médecin biologiste et responsable adjoint du laboratoire de biologie médicale de l’Institut Pasteur de Bangui (IPB). Cette infection bactérienne affecte certains organes qui sont au niveau des intestins. Puis les bactéries passent dans le sang.

 

Des signes qui prêtent à confusion

 

« Etant donné que c’est une infection bactérienne, le signe le plus constant est la fièvre qui persiste, malgré la prise des antipaludiques. Il y a aussi des manifestations digestives du genre douleur abdominale, la diarrhée, etc. », indique le Dr Rafaï. D’autres signes sont aussi les maux de tête, l’insomnie, le vertige, le vomissement, les maux de ventre et sang qui coule dans les narines, ajoute le Dr Mireille Denissio Morissi, chef de service du laboratoire de l’hôpital communautaire de Bangui. Lorsqu’elle atteint un certain niveau, les bactéries perforent les intestins et la douleur au niveau du ventre devient importante.

 

Le Dr Sébastien Breurec, chef de service du laboratoire de biologie médicale de l’IPB ajoute à cette  description, qu’il existe la phase de prolifération intestinale qui n’entraine pas forcément une diarrhée, mais aussi des constipations parce que le paludisme donne aussi assez régulièrement la diarrhée. C’est assez difficile de différencier ces deux pathologies qui posent un problème médical. Dans le processus de développement de la maladie, les bactéries vont passer dans le système immunitaire où elles font des décharges au niveau du sang. C’est à partir de ce moment qu’on parle de la fièvre typhoïde avec une possibilité de dissémination dans certains organes. « On peut en trouver au niveau hépatique, au niveau ménager, un peu partout ; et c’est ça qui fait vraiment la gravité », souligne-t-il.

 

Pour lui, ce qui fait que beaucoup de cas de fièvre typhoïde sont déclarés dans les quartiers se situe au niveau des signes qui sont difficiles à distinguer. « Le gros problème c’est finalement les signes qui ne sont pas forcément très spécifiques, c’est la fièvre. Les médecins traitent cela souvent comme le paludisme ; et si la goute épaisse est négative, ils traitent cela comme la fièvre typhoïde, sans avoir des éléments matériels, des éléments diagnostics biologiques manifestes pour dire vraiment que c’est une fièvre typhoïde. Très probablement, il y a un grand nombre de pathologies qui sont identifiées comme fièvre typhoïde sans être la fièvre typhoïde », estime le Dr Breurec.

 

La complexité du diagnostic

 

Les informations recueillies auprès de l’Institut Pasteur de Bangui révèlent qu’il existe plusieurs types d’analyse pour détecter la fièvre typhoïde. Mais le diagnostic le plus efficace est  l’hémoculture. « C’est-à-dire que l’on vous prend du sang qu’on va cultiver de façon à faire pousser des bactéries. Si on a une bactérie, on a tout une batterie de tests, de façon à identifier cette bactérie. C’est l’examen de référence », explique le Dr Breurec. Or, précise-t-il, les hémocultures sont rarement réalisées en Afrique pour plusieurs raisons. « Premièrement, c’est cher et deuxièmement il y a un manque d’habitude du personnel soignant de faire des hémocultures, parce qu’ils n’en ont pas à leur disposition. Même quand ils ont ces hémocultures, ils n’ont pas le réflexe de les faire ».

 

En dehors de ses aspects, il y’a aussi, selon lui, le fait que le personnel soignant est, la plupart du temps complètement débordé, il évite d’entreprendre cette analyse parce que c’est un examen qui prend un plus de temps. « Il faut prendre 10 à 15 ml de sang ; et en général, il faut faire deux hémocultures chez un patient, de façon à s’assurer que ça soit bien une infection bactérienne, avant que ça soit une fièvre typhoïde », dit-il.

 

En République centrafricaine, le test le plus connu et pratiqué dans les laboratoires des différents hôpitaux et centres de santé est le séro-Widal. Cet examen permet de détecter certains anticorps dirigés contre la bactérie. Le Dr Breurec indique que c’est le contact de la bactérie avec le système immunitaire qui fait que l’organisme va synthétiser des anticorps. Et c’est à partir de ces anticorps que l’on va essayer de mettre en évidence de façon à voir s’il y a une fièvre typhoïde. « Souvent, les tests qu’on utilise ne vont pas mettre en évidence des anticorps dirigés contre ces bactéries. Parfois, le test s’avère négatif alors que c’est bien une Widal. Pour ça, on dit toujours que le test de référence est l’hémoculture », rappelle-t-il.

 

Selon le Dr Rafaï, ce que l’on considère facilement comme étant la fièvre typhoïde sont des « des réactions qui sont faussement positives ». Il explique que généralement, quand les patients présentent la fièvre, les médecins pensent tout de suite au paludisme et les examens qu’ils demandent fréquemment sont soit la goûte épaisse, soir le sérodiagnostic de Widal, sans pour autant penser à l’hémoculture qui est l’examen de référence dans les analyses. Ce point de vue est partagé par le Dr Denissio Morissi de l’hôpital communautaire qui pense aussi que peu de personnes maîtrisent le processus de l’analyse au niveau des laboratoires, de sorte que plusieurs cas de fièvre typhoïde sont déclarés à tort. Pour elle, dans la plupart des cas déclarés, il s’agit de la « paratyphoïde ».

 

Le Dr Rafaï précise que les signes positifs apparaissent souvent très tardivement, parce que l’évolution de la maladie suit un processus à trois étapes appelées septénaires. Le premier septénaire est marqué par la fièvre et très peu de symptômes spécifiques. Le deuxième septénaire présente des signes spécifiques caractérisé par la fièvre avec des dissociations pou et température et parfois la diarrhée. Le troisième septénaire fait survenir des complications ; la bactérie atteint le système nerveux et d’autres complications viscérales. « Donc pendant cette période de l’évolution de la maladie, le sérodiagnostic du Widal peut s’avérer positif, faussement positif ou faussement négatif, d’où l’importance de faire l’hémoculture. C’est pourquoi la coproculture est demandée comme examen de suivi », renchérit-il.

 

Finalement, il paraît que c’est à cause des analyses inappropriées que beaucoup de cas de fièvre typhoïde sont déclarés à Bangui. « La fièvre typhoïde est moins que ce que l’on dit dans les quartiers ; plus que ce qui est diagnostiqué à l’Institut Pasteur de Bangui. Nous avons très peu de cas de fièvre typhoïde. On parlait de 20%, mais en réalité ce n’est pas vraiment le cas. Les cas dont on parle en dehors de Pasteur sont dus à des réactions faussement positives. Nous n’avons pas de statistique en tant que telle ; mais vu les résultats positifs, la fréquence serait moins élevée  que ce qui est estimé », dit-il.

 

Un fort taux de prévalence chez les hommes

 

Selon une étude de la prévalence de la fièvre typhoïde à l’hôpital communautaire de Bangui, réalisé en 2011, ces sont les hommes dont l’âge varie entre 25 et 45 ans qui sont plus contaminés. L’étude a été faite en prenant 50 patients dans les huit arrondissements de Bangui. Et le résultat donne un taux de 58% chez les hommes et 42% chez les femmes. Pour Hubert Célestin Touanet, technicien supérieur de la santé qui a réalisé cette étude, les hommes plus exposés à cette maladies parce qu’ils mangent plus dehors qu’à la maison, et dans des conditions insalubres. «Le pourcentage est élevé chez les hommes parce que la plupart pratique de petits métiers qui ne leur donne pas le temps d’aller manger à la maison. De ce fait ils sont obligés de manger des aliments souillés au bord de la route », a-t-il expliqué.

 

C’est dire que même s’il y a des difficultés de diagnostic, la maladie de la fièvre typhoïde demeure un problème de santé public. Le laboratoire de l’hôpital communautaire de Bangui reçoit au mois six cas par semaines. Pendant le mois de septembre 2012, par exemple, 106 cas se sont présentés. 36 ont été déclarés positifs et 12 étaient des effets de la paratyphoïde. Mais la prévention est possible.

 

Selon les spécialistes, la fièvre typhoïde se transmet couramment par l’intermédiaire d’eau contaminée par des bactéries, des aliments souillés, le non lavage des mains, le manque d’hygiène de l’environnement, de l’hygiène individuelle et collective. Finalement, l’on peut parler d’une maladie liée à la pauvreté. Car seules les pauvres  vivent dans des conditions d’hygiènes douteuses, c’est pourquoi ils sont exposés à cette maladie. Donc la prévention peut se faire par le respect des principes d’hygiène individuelle ou collective. Au-delà de l’hygiène, il existe aussi le vaccin contre la fièvre typhoïde à l’Institut Pasteur de Bangui.

 

Mais lorsqu’on est vraiment atteint par la maladie, un traitement efficace est possible, à travers l’antibiotique. Toutefois, le Dr Breurec déplore l’achat de ces produits dans la rue et leur utilisation  désordonnée. « Le problème est que ces antibiotiques ne sont pas forcément de bonne qualité, les traitements ne sont pas forcément pris pendant la bonne durée, ce n’est pas forcément une molécule adaptée. Et on se trouve dans la situation où il y a une augmentation de la pression de sélection des antibiotiques vis-à-vis du monde bactérien, et on va voir apparaitre des bactéries qui sont très résistantes aux traitements usuels », a-t-il souligné.

 

Jérémie Soupou

 

 

 

BANGUI : LA GRÈVE DU PERSONNEL D’APPUI AFFECTE LES ACTIVITÉS DE L’HÔPITAL COMMUNAUTAIRE

 

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Bangui, 22 décembre (RJDH)–Depuis le déclenchement de la grève du personnel contractuel et d’appui, il y a trois jours, certains services de l’hôpital communautaire de Bangui sont affectés. Des brancardiers aux filles de salle en passant par les surveillants, l’on constate des insuffisances.

 

Pourtant, la grève se poursuit encore, car aucune solution n’est encore trouvée pour calmer les manifestants. « Les autorités de l’hôpital communautaire n’ont pas encore répondu à notre préoccupation. Le ministre de la santé publique, Jean Michel Mandaba est venu nous parler, mais ce n’est pas la parole qui nous intéresse ; c’est le payement de nos arriérées de salaire qui importe », a relevé Benjamin Bialli, membre du collectif des grévistes.

 

« Plus de cinq contractuels sont actuellement chassés des maisons qu’ils louent parce qu’ils n’ont pas pu payer le loyer pendant des mois. D’autres sont dans l’incapacité de faire face aux redevances scolaires de leurs enfants. Trouver de la nourriture pour la famille pose problème, c’est pourquoi nous sommes obligés de poursuivre ce mouvement de grève », a déploré Sébastien Moussa, délégué du personnel contractuel.

 

En ce qui concerne les activités à l’hôpital communautaire, l’espace vert commence à être envahi par les mauvaises herbes, tandis que certains infirmiers et médecins sont obligés, de temps en temps d’accueillir des malades affaiblis, sur des fauteuils roulant.  Au niveau de la morgue, ce sont les parents eux-mêmes qui s’occupent des corps de leur proche. Un retard de procédure de la mise au frigo est considérable.

 

La grève avait débutée le 20 décembre dernier et devait prendre fin ce samedi. Une réunion s’est tenue ce matin pour reconduire le mouvement à partir de lundi 24 décembre prochain.

Ces personnes exigent de l’hôpital,  le payement de trois mois d’arriérées de salaires de trois mois et des indemnités de prestation de service.  Plus 100 employés sont concernés par ce mouvement.

 

 

 

BERBERATI/ BABOUA : LA POPULATION PROTESTE CONTRE LES ATTAQUES PERPÉTRÉES PAR DES REBELLES DANS LE NORD DE PAYS

 

Berberati/ Baboua, 22 décembre (RJDH)– Les habitants des préfectures de la Mambéré-Kadéï et de la Nana-Mambéré, ont organisé une marche, ce samedi 22 décembre, pour apporter leur soutien aux populations victimes des attaques rebelles et protester contre l’insécurité engendrée par ce mouvement armé dans le nord-est et le centre du pays.


« Non à la déstabilisation de la République centrafricaine, non à la division, non à la guerre, oui à l’unité nationale, à l’exploitation du pétrole, de l’uranium, du ciment, nous voulons la paix », ce sont les messages que l’on pouvait lire sur les banderoles déployées par les marcheurs.

 

A Baboua, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, les associations féminines, la jeunesse et les partis de la majorité présidentielle ont aussi marché. « Nous les femmes de la sous-préfecture de Baboua, refusons tout acte de rébellion dans une partie du pays ; nous disons non aux violences faites aux femmes et aux enfants, nous voulons la paix», a indiqué la présidente de l’association des femmes de cette localité, Nancy Kagavaro.

 

A Bangui, l’organisation des femmes centrafricaines (OFCA), le Conseil national de la jeunesse (CNJ) ainsi que des jeunes de quelques partis politiques de majorité présidentielle, ont marché le vendredi 21 décembre,  à travers les différentes artères de la ville de Bangui, pour protester contre les hostilités déclenchées par la coalition des groupes rebelles dénommés ‘’Séléka ‘’dans la région du nord-est, du centre et du nord de la République centrafricaine.

 

NDLR : Toutes ces marches contre la rébellion et l’insécurité dans le Nord-est sont le fruit de la manipulation de la bozizie et l’œuvre du KNK, personne ne peut en être dupe.

 

 

 

BABOUA: LA VIANDE DE BŒUF DEVIENT RARE SUR LE MARCHÉ

 

boucherie à Bouboui

 

 

Baboua, 22 décembre (RJDH) –La population de la sous-préfecture de Baboua (104 kilomètres de la ville de Bouar, ou est), a des difficultés pour s’approvisionner en viande de bœuf.  Cette rareté est liée à la période de transhumance et l’insécurité qui a sévi les derniers mois  dans cette localité.

 

D’après le constat fait par la Radio Maïgaro, « autour d’une seule table où la viande de bœuf  est étalée, on compte plus de 40 femmes qui se disputent. Certaines sont obligées parfois d’abandonner pour n’acheter que des légumes».

 

Maurice Barbou, un des bouchers de la place, a fait savoir que les bœufs sont devenus rares. « Ce matin, les autres bouchers n’ont pas pu acheter les bœufs, parce que les éleveurs ont  quitté les lieux à cause des menaces, certains sont partis en transhumance », a-t-il expliqué.

 

Le maire de la sous-préfecture de Baboua, David Ngboko, a indiqué que d’ici la saison des pluies cette rupture prendra fin.

 

 

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