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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 01:23

 

 

 

 

Firmin Feindiro

 

 

 


D’après des informations concordantes et selon toute vraisemblance, l’ancien procureur de la République de Bangui, puis ex-tout puissant ministre de la justice et de la moralisation, garde des Sceaux, ancien conseiller juridique officieux de Bozizé et ancien pilier de son pouvoir, serait bel et bien arrivé en France ce dimanche 2 septembre 2012 dans l’après-midi et aurait gagné l’appartement qu’il possède à Joué les Tours dans le département d’Indre et Loire.

 

Ainsi s’achève pour l’intéressé et de façon aussi pathétique qu’épique (ndlr : l’évasion de Bangui de Firmin Findiro se serait déroulée dans un premier temps à bord d’une pirogue sur le fleuve Oubangui puis par une longue marche à pieds sur les territoires de la RDC et du Congo Brazzaville d’où il aurait réussi à prendre un vol pour la France), l’aventure débutée tambour battant après le coup d’Etat du 15 mars 2003 de François Bozizé. Firmin Findiro aura tout été pour Bozizé. Piètre tête et bras juridiques et judiciaires de ce dernier, il l’aura mal conseillé jusqu’au bout et fait prendre à celui-ci toutes les décisions les plus discutables et contestables sur les plans du droit et de la justice. C’est lui que Bozizé dépêchera à plusieurs reprises à La Haye à la CPI, pour la saisine de cette institution et le suivi de l’affaire des crimes de guerre reprochés aux troupes du MLC de Jean-Pierre Bemba lors de leur intervention à Bangui en 2002-2003, pour laquelle la Cour de Cassation de la République centrafricaine, sur demande de Bozizé, avait déclaré son incompétence.

 

Plus tard, lorsque Bozizé s’est aperçu que la CPI voulait étendre son champ d’investigation aux crimes de guerres commis sur le territoire centrafricain, notamment à Paoua et dans le nord du pays depuis qu’il est arrivé au pouvoir, c’est encore Firmin Findiro qui conseillera à Bozizé, une démarche totalement ridicule qui consiste à saisir par écrit le Secrétaire Général de l’ONU afin qu’il fasse annuler les enquêtes que la CPI envisageait d’entreprendre sur les nombreuses violations des droits de l’homme et les crimes commis par sa soldatesque.

 

C’est toujours Firmin Findiro qui montera au créneau pour publier un scandaleux et hallucinant communiqué de presse consistant à empêcher à qui que ce soit en Centrafrique de prétendre avant une dizaine d’années, que Charles Massi aurait disparu et encore moins assassiné. Dans l’affaire de l’incendie du supermarché RAYAN du Libanais Ali El Akhrass, c’est toujours lui qui était le cerveau du dossier dans lequel, sans le moindre début du commencement de preuve, avec Bozizé, ils ont décidé de désigner les incendiaires comme étant Jean Daniel Dengou et le bâtonnier Me Symphorien Balemby.


Pour ne pas se faire dépecer comme Bozizé en avait lancé l’ordre à ses éléments de sécurité, ces deux compatriotes ont dû quitter précipitamment le pays et ont trouvé asile en France où ils se trouvent toujours. Malgré la décision de mise en liberté rendue par la chambre d’accusation de la Cour d’appel et confirmée dernièrement par la Cour de Cassation, les personnes arbitrairement arrêtées dans le cadre de cette scandaleuse affaire dont l’épouse de Me Balemby et des parents de Jean Daniel Dengou ainsi que certains de leurs collaborateurs, qui avaient été déportées à la prison spéciale de Bossembélé puis ramenées plus d’un an après dans les prisons de Bangui, continuent toujours d’y croupir.

 

Tout cela par la seule volonté de Findiro et Bozizé.  Ayant appris l’évasion et l’arrivée en France de Firmin Findiro, Me Balemby et Jean Daniel Dengou ne font pas mystère de leur intention de poursuivre en justice sur le territoire français le sieur Firmin Findiro dont on apprend qu’il compte dès ce lundi demander l’asile à l’Office Français des Personnes Réfugiées et Apatrides (OFPRA). En juillet dernier, alors qu’il se trouvait à Paris, il avait demandé l’asile plutôt auprès de l’ambassade du Botswana. Pourquoi ? Est-ce l’ironie de l’histoire ou un pied de nez de la providence à celui-là même qui était le Procureur de la République en service commandé pour Bozizé et persécuteur gratuit des braves citoyens.

 

Les exemples démontrant l’arbitraire et la toute-puissance de Firmin Findiro au service de Bozizé sont légion dans plusieurs dossiers qui désormais, vont sans doute le rattraper maintenant qu’il n’est plus du sérail bozizéen. Il y a par exemple l’affaire de trafic d’ivoire, de diamant et de l’assassinat de treize personnes à Bakouma probablement par la LRA mais qu’il avait réussi avec son frère aîné, Laurent Findiro, le sous-préfet de Bakouma, à en faire porter le chapeau à un Suédois et un Britannique de la société CAWA Safari, est toujours pendante devant la justice. Il a eu des problèmes avec beaucoup de personnes à Bangui et il y a des risques que son exil puisse durer longtemps.

 

Déjà magistrat véreux et corrompu à l’époque du président Ange-Félix Patassé, Firmin Findiro avait été sanctionné par le Conseil Supérieur de la Magistrature présidé par Patassé en personne pour s’être laissé corrompre par le truand et sulfureux Sani Yalo qui avait offert une voiture d’occasion à son épouse. Il avait fait l’objet d’une mutation disciplinaire dans un tribunal en province et n’a dû son retour à Bangui qu’à la faveur du coup d’Etat de Bozizé qui ne lâchera plus jusqu’à son limogeage du gouvernement le 16 juillet dernier.

 

Cette position aux côtés de Bozizé lui a permis de racketter plusieurs justiciables, d’être au cœur d’affaire d’enrichissement et de corruption se chiffrant à plusieurs dizaines voire de centaines de millions de F CFA, ce qui lui a permis de se constituer une fortune personnelle dissimulée dans des comptes en France aux avoirs nullement en rapport avec les revenus officiels auxquels il avait droit de par les fonctions qu’il occupait en Centrafrique. L’acquisition sans crédit immobilier mais cash de son appartement de Joué-les-Tours dans les conditions que l’on sait décrites à l’époque par la rédaction de Centrafrique-Presse, en est l’illustration et prouve qu’il n’a pas perdu son temps.

 

 Firmin Findiro dit être l’objet de menaces de mort. AU point qu’il s’est cru obligé de quitter le pays, on suppose que ces menaces provenaient de Bozizé car on peut difficilement croire en dehors de ce dernier et ses bras armés et assassins impunis comme Ngaikoisset, Koudémon, et autres Anatole Ngaya, aucune menace ne devrait être prise au sérieux par un Firmin Findiro. Qu’est-ce qui a pu changer depuis son limogeage du gouvernement ? Il avait pourtant dernièrement convoqué une conférence de presse afin de récuser les accusations de complicité avec Ndoutingaï et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, pourtant sa tarte à la crème contre beaucoup de personnes, voir le cas Jean Jacques Demafouth qu’il avait fait arrêter de façon spectaculaire dans son propre bureau ministériel après l’y avoir convoqué.

 

Selon nos informations, après avoir été limogé du gouvernement le 16 juillet dernier, Firmin Findiro a dirigé la chorale de l'Eglise Evangélique des Frères des Castors à qui il a préalablement appris un vieux cantique en sango portant sur la repentance. Cela a suscité une franche  hilarité et la moquerie des fidèles dont certains faisaient remarquer à juste raison qu'il a fallu qu'il ne soit plus ministre pour venir faire tout ce folklore. Chaque dimanche en effet, des témoins rapportent qu’en outre, il leur était donné d’assister à une sorte de réunion qui se tenait dans la voiture de Firmin Findiro, vitre fumée remontée, avec son ancien dircab et l'actuel Procureur de la République Tolmo et une tierce personne. Cette réunion insolite de chaque dimanche après le culte intriguait beaucoup mais maintenant qu'il a fui du pays, ceci n'explique-t-il peut-être pas cela ?

 

Le mauvais film de sa méchanceté gratuite contre de braves compatriotes défilera devant les yeux de Firmin Findiro comme pour lui signifier qu’il a brisé la vie de beaucoup de gens mais la descente aux enfers d’une vie en exil vient de débuter aussi pour lui. La vie ne tient qu’à très peu de chose et la mort ne rôde pas très loin…. !


La Rédaction

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Centrafrique-Presse.com - dans Editorial