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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 02:10


bonne-annee

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 Ousmane Tanor Dieng et des experts dressent un tableau sombre


(Le Quotidien (Sn) 29/01/2010)

Le processus démocratique en Afrique subit des remises en cause perpétuelles, si bien que le moment est venu de s’arrêter et de le réorienter. Tel est l’objectif d’un colloque qui réunit les Socialistes ouest africains depuis hier, à Dakar. Les hôtes de Ousmane Tanor Dieng ont tout d’abord fait le bilan de la pratique démocratique africaine.

Le sommet de Baule peut être considéré comme un symbole du début de l’ouverture démocratique en Afrique. A analyser les deux décennies de pratiques démocratiques sous l’angle électoral, le bilan se révèle mitigé, a constaté, hier, le constitutionnaliste Ismaïla Madior Fall, lors d’une conférence sur «les processus électoraux et enjeux démocratiques en Afrique», qui a suivi le lancement du Colloque international sur l’état de la démocratie en Afrique, co-organisé par le Parti socialiste (Ps), l’Union des forces du progrès de la Mauritanie (Ufp) et la fondation Friedrich Herbert.

Selon le Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng, il y a eu une remise en cause perpétuelle des normes à travers des coups d’Etat (60 depuis les indépendances), une révision unilatérale du cadre juridique. Par conséquent, un diagnostic des différentes expériences démocratiques des pays ouest-africains devient indispensable, afin de savoir s’il s’agit d’un problème de modèle inadapté aux valeurs africaines ou bien d’acteurs politiques incultes. Cette dernière hypothèse est vérifiable, d’après le conférencier.

Presque tous les cadres juridiques des Etats africains consacrent la démocratie, des normes internationales standard imposées par la communauté internationale. Mais les insuffisances sont notées dans la mise en œuvre, souligne-t-il. Et le constitutionnaliste de rappeler l’un des critères qui distinguent la démocratie des autres formes de régime politique : l’organisation des élections plurielles et dans une périodicité établie par la loi. Si les Etats réussissent souvent des élections de transition, dit-il, ce n’est pas souvent le cas pour celles de la consolidation, mais surtout celles de la routinisation.

Et pour cause : les mêmes sujets de divergence relatifs à la fiabilité du fichier électoral, des pouvoirs de l’organe d’organisateur ou de supervision (exemple de la Cena au Sénégal), l’organisation matérielle du vote. La révision des listes électorales en est une illustration. «Dans les grandes démocraties, affirme M. Fall, l’inscription sur les listes électorales doit faire partie de la vie du citoyen. On n’a pas besoin d’annoncer une ouverture ordinaire des listes électorales pendant une durée déterminée». Autant de manquements qui résultent «d’un cadre institutionnel (qui) se met en place souvent avec beaucoup de retard». A cela s’ajoutent des modifications unilatérales des textes à quelques jours du scrutin et parfois en violation du protocole de la gouvernance de la démocratie de la Cedeao pour ne citer que ce cas. «Ce qui fait qu’on reste dans une réorganisation éternelle. L’élection devient alors un moment à problèmes et non un jour ordinaire.»

DEMOCRATIE ET POUVOIR MILITAIRE

L’assistance ne s’est pas du tout dépaysée, remarque Ismaila Madior Fall, lorsque l’ex-président de l’Assemblée nationale du Niger Mahamadou Issoufou a évoqué trois facteurs fondamentaux pour un scrutin transparent dans son pays. Il cite l’existence d’un fichier électoral fiable qui dépend d’un bon Etat-civil, une commission d’organisation ou de contrôle crédible et une Cour constitutionnelle indépendante. Il ne faut par ailleurs négliger «la faible culture citoyenne qui favorise une corruption des votants».

Le rapport de force entre les partis politiques et de leur implantation sur toute l’étendue du territoire ne viendra pas fermer la liste des obstacles dans la mesure où le règne militaire, en cours dans 17 pays africains, et la place de la femme dans le jeu politique sont problématiques. «Il nous faut réfléchir sur le pouvoir militaire. L’Armée est au cœur des problèmes, si l’on regarde comment elles gangrènent depuis les indépendances les systèmes démocratiques», se désole le président de la Raddho, Alioune Tine.

 Une fois toutes les questions passées à la loupe après deux jours de travaux, les différents participants venus du Niger, du Benin, du Burkina Faso, du Togo, de la Côte d’Ivoire devront esquisser des solutions. Certains proposent déjà la création d’une organisation sous-régionale pour la gestion de la démocratie. En tout état de cause, la résolution qui va sanctionner le colloque international sur l’Etat des lieux, les enjeux et les perspectives de la démocratie en Afrique jettera les bases d’une nouvelle solidarité entre les partis ouest africains se réclamant de la social-démocratie.


Par Birame FAYE

© Copyright Le Quotidien (Sn)

 

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