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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 00:55

 

 

 

Zameto

 

 

La crise qui couvait au CNRC-FB depuis deux mois vient d’éclater au grand jour à la suite de graves divergences entre ses membres les plus éminents lorsque le Professeur Gaston NGUEREKATA, Président du mouvement, a refusé de valider le Bureau Exécutif dont les membres viennent d’être élus par la majorité des Conseillers Nationaux nommés par lui-même, en violation de l’article 132 des statuts qui stipule que :

 

« Article 132 L'Assemblée Constituante élit provisoirement les membres du Conseil National et du Bureau Exécutif du CNRC-FB. Ils seront confirmés ou pas dans leurs fonctions respectives par vote lors du 1er Congrès du CNRC-FB. »

 

Cette violation des statuts a cependant été tacitement acceptée par tous les militants du CNRC-FB, soucieux de ne pas soulever les questions qui fâchent, jusqu’à l’annulation autoritaire du scrutin mettant en place le Bureau Exécutif élu et contesté.

 

Une querelle sur les appartenances ethniques des membres du Bureau Exécutif élu est venue envenimer le débat sur la régularité des votes lorsque l’un des candidats battus a mis en avant son origine ethnique pour exiger le poste de Vice-Président. La question du panachage ethnique est discutable, mais elle n’aurait jamais dû être opposable à un vote démocratique de la majorité des Conseillers Nationaux pour mettre en place un Bureau Exécutif qui, somme toute, était provisoire jusqu’au Congrès. Or elle a été cautionnée par le Président Gaston Nguérékata, au risque d’écœurer ceux qui lui reprochaient déjà une gérance « despotique et antidémocratique » (sic) du mouvement.

 

A l’occasion de cette crise, il est apparu très clairement qu’il y a un fossé abyssal entre ceux qui pensent que :

1) lorsqu’on se dit démocrate, on respecte le verdict des urnes qu’il faut préférer aux nominations,

2) l’appartenance ethnique ne doit plus jamais être un argument pour accéder à des fonctions ni dans l’administration et les structures de l’Etat, ni dans les instances des partis politiques,

3) la vision politique de la Nation centrafricaine qu’ils aspirent à bâtir, loin d’être une collection d’ethnies, est celle d’une Nation unifiée où tous les citoyens jouissent des mêmes droits fondamentaux, quelle que soient leur sexe, leur appartenance ethnique, leur croyance religieuse ou philosophique, leur région d’origine ;

 

et ceux qui pensent que l’on doit absolument, même au mépris de tout vote démocratique, établir des coefficients ethniques comme paramètres secondaires incontournables afin de garantir, coûte que coûte, un équilibre ethnique et une parité homme/femme dans les instances des partis et les structures administratives et politiques de l’Etat.

 

Il est évident que cette dernière posture valide la pratique funeste du dicton « Tî mo sï », « Bo mè sè », « Ko mè sè » « Edjé ze kani » (qui signifie « Les tiens d’abord » en sango, manza, gbaya, banda). La société centrafricaine n’évoluera jamais si on ne fait rien aujourd’hui pour la faire évoluer progressivement dans le sens de l’UNITÉ de tous ses ressortissants, si une culture citoyenne de l’identité centrafricaine primant sur les identités ethniques n’est pas inscrite dans l’ADN de nos pratiques politiques et sociales.

 

Voilà pourquoi plusieurs des Conseillers nationaux du CNRC-FB ont démissionné, en commençant par Marcel DIKI-KIDIRI (Conseiller national administrateur), suivi de Faustin ZAMETO (Conseiller national chargé du projet politique et de la Bonne gouvernance), Jean-Pierre REDJEKRA (Conseiller national chargé de stratégie et de la mobilisation et nombre d'entre nous qui ont préféré l'anonymat.

 

Ceux qui ne comprennent pas les explications données ci-dessus ne comprendront jamais pourquoi nous avons quitté le CNRC-FB et continueront toujours de penser que nous voulions nous emparer du mouvement alors qu’il nous appartenait tout autant qu’à ceux qui y sont restés. Si nous voulions nous « emparer » du parti, nous aurions avalé la couleuvre et attendu le Congrès pour arpenter les couloirs des lobbies afin de nous faire élire massivement dans la plupart des postes de responsabilité, comme font les vieux politiciens retords ! Mais il n’y avait aucun « calcul » pour soi-disant s’emparer de quelque chose où nous avions toute notre place ! C’est une question de valeur et de principe. Quand nous disons que nous voulons faire la politique autrement, c’est vraiment « autrement » qu’il faut la faire.

 

Fait à Mauléon-Licharre, le mardi 5 février 2013

 

Marcel DIKI-KIDIRI

Faustin ZAMETO

Jean-Pierre REDJEKRA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion