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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 17:26


bonne-annee

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Mesdames et Messieurs,

Depuis quelques jours, nous avons appris par voie de presse et sur les ondes des radios nationales et étrangères que le colonel Charles Massi, ancien Ministre d’Etat, Président fondateur du Forum Démocratique pour la Modernité (FODEM) et Président du groupe armé Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) a été arrêté par les éléments de la gendarmerie tchadienne. Selon les mêmes sources, il aurait été par la suite récupéré par les militaires centrafricains de la garde présidentielle qui l’auraient transféré et incarcéré à Bossembélé où il aurait été torturé jusqu’à ce que mort s’en suive.

Pour lever toute équivoque, nous exigeons du gouvernement centrafricain de faire toute la lumière sur cette préoccupante affaire qui trouble actuellement le peuple centrafricain.

Aussi, condamnons-nous avec la dernière rigueur les communiqués de presse et les déclarations tendancieuses des membres du gouvernement qui, non seulement nous laissent sur notre soif d’en savoir davantage, mais dénotent leur manque d’élégance morale dans une affaire dont les conséquences peuvent être graves pour notre pays.

Par ailleurs, cet événement malheureux intervient au moment où le peuple centrafricain s’apprête à aller aux urnes pour choisir de nouveaux députés et un nouveau président de la République. Un tel acte ne peut que réprouver la conscience humaine. Et mieux que cela, il ne peut que déconcerter la communauté internationale qui ne demande qu’à nous aider au cour de ce processus électoral.

Quant à nous démocrate républicain et fervent combattant pour la justice, la liberté et la paix, nous n’avons soutenu et nous ne soutiendrons jamais tous ceux qui croient devoir recourir aux armes pour s’emparer du pouvoir de l’Etat.

Cependant, nous estimons à juste titre, que monsieur Charles Massi n’ayant pas été tué au combat, et dès lors qu’il a été arrêté et remis aux autorités centrafricaines, il aurait dû être simplement traduit en justice pour répondre de ses actes.

Faut-il rappeler que sous notre propre régime, messieurs Kolingba, Demafouth et autres, accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat ont été jugés condamnés ou acquittés.

Nous nous souviendrons aussi que monsieur François Bozizé, réfugié au Bénin en mars 1982, accusé lui aussi d’atteinte à la sûreté de l’Etat, arrêté et rapatrié dans des conditions dramatiques et inhumaines a été incarcéré et maltraité dans la prison militaire du camp de Roux. Nous avons à cette époque, mobilisé tous nos amis, connaissances, militants et partisans, tant de l’étranger que du pays pour alerter l’opinion nationale et internationale. C’est ainsi qu’il fut jugé et acquitté.

En notre qualité d’ancien chef d’Etat, témoin de l’histoire récente de notre pays, nous pouvons donc affirmer avec certitude et sans rancune que ce sont les autorités actuelles qui ont pris la responsabilité d’introduire le virus de la rébellion dans les forces armées centrafricaines.

Pour terminer, nous lançons un appel pressant à l’ONU, à l’Union Africaine, à la CEN-SAD, à la CEMAC et à toutes les organisations humanitaires, d’intervenir énergiquement auprès du gouvernement centrafricain pour constituer une commission d’enquête internationale afin de déterminer les circonstances réelles de la mort de M. Charles Massi.

A cet effet, nous défions le gouvernement du général François Bozizé de présenter son frère d’arme, le colonel Charles Massi vivant au peuple centrafricain et à la communauté internationale.

En effet, notre souhait commun est de voir tout le monde placé dans une atmosphère de sérénité et de confiance absolue avant la tenue des élections présidentielles et législatives et même après celles-ci.

Mesdames et Messieurs, nous avons parlé et vous remercions.

Fait à Bangui, le 27 janvier 2010

 

Ange Félix PATASSE

Ancien Chef d’Etat

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique