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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 02:55




 

mardi 24 novembre 2009 par webmaster

Le 06 novembre 2009, la Commercial Bank of Cameroon, CBC, un des fleurons du paysage financier camerounais crée il y a une dizaine d’années et appartenant au groupe Fotso, Victor, industriel connu et respecté, a été mise sous administration provisoire par la COBAC. Le Directeur général a été maintenu dans ses fonctions et nommé administrateur provisoire pour une période de six mois. Par ailleurs, toutes les autres banques du groupe dans la sous région, à savoir la Commercial Bank Tchad, et la Commercial Bank Centrafrique ont été frappées par la même décision.

SUR LA FORME


La décision de la COBAC a été rendue publique dans des conditions de publicité excessive qui frisent une volonté de nuire. Selon nos propres enquêtes et recoupements, diverses fuites bien planifiées ont précédé l’annonce, dans un style de dramatisation avec pour unique objectif de noircir la situation et de précipiter l’institution dans l’irréparable. Des clients importants de la banque ont faits l’objet de chantage, de harcèlements diverses et d’intoxication.

SUR LE FOND


En dépit de l’existence de quelques difficultés incontestables, la décision de la COBAC ne se justifie pas, au moins dans les termes, la substance, et les conditions dans lesquelles elle est intervenue. La situation de la banque n’était ni excessivement dégradée, ni alarmante, ni dommageable pour ses clients d’affaires et les petits épargnants individuels. Des plans de restructuration existaient et la COBAC les connaissait parfaitement. Par ailleurs, que ce soit pour la Commercial Bank Tchad ou pour la Commercial Bank Centrafrique, la COBAC est devenue clairement le problème et non la solution. La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination qui a approché les plus hautes autorités de ces deux pays, les a trouvées dans un profond trouble. Tant au Tchad qu’en Centrafrique où les banques du groupe jouent un rôle prépondérant dans l’économie, rien ne permettait de façon effective, vérifiable, certaine et immédiate, de leur étendre la décision du 06 novembre 2009. Au contraire, tout leur permettait d’entrevoir l’avenir avec d’autant plus d’assurance que les gouvernements se sont impliqués fortement. La COBAC a-t-elle mesuré le risque d’aggraver les problèmes économiques de ces pays déjà fragiles ? Last but not least, la décision de la COBAC n’est pas conforme aux conclusions de la concertation qui a eu lieu entre les ministres le 28 octobre à Douala. Pourquoi a-t-elle tronqué le vrai rapport de la réunion ?

SUR L’ATTITUDE DU GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS


Une fois n’est certainement pas coutume, le gouvernement camerounais a su réagir promptement et positivement devant la situation ainsi crée. La visite du ministre des finances à l’agence centrale de Yaoundé, les assurances envers les clients, et surtout les promesses de soutien ferme de l’Etat camerounais par un apport substantiel de liquidités en tant que de besoin pour appuyer le plan de structuration, constituent une démarche louable dont il faut se réjouir et féliciter.

La commission indépendante contre la corruption et la discrimination regrette cependant, que le gouvernement ait assisté sans s’en émouvoir, au déplacement de la banque vers d’autres institutions, de certaines dotations publiques et para publiques à l’instar du fond routier, et de bien d’autres précieuses ressources du genre. Des mesures pour arrêter l’effusion s’imposaient réellement, et le gouvernement avait été alerté.

EN CONCLUSION


La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination, à la suite de ses enquêtes, se range à l’interrogation de plusieurs sources expertes ainsi que de certains gouvernements de la sous région, lesquels croient déceler dans la décision de la COBAC, des objectifs différents de ceux annoncés, et des motifs sans aucun rapport avec la remise en cause de la capacité managériale des promoteurs de la banque autant que le soucis du respect de certaines normes prudentielles. Les représentations du FMI en Afrique centrale ne seraient pas loin d’avoir la même opinion, et l’auraient fait savoir. La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination est en mesure d’affirmer, que la CBC a été victime d’un traitement discriminatoire sur un triple plan.

Au plan national, une violente campagne a été initiée, financée, encouragée, entretenue et relayée par des esprits obscurs, lesquels n’ont eu aucune peine à fidéliser certains médias particulièrement haineux et inutilement violents, recourant à l’injure, au mensonge, à la désinformation, à la diffamation, et à la provocation délibérée. Le Groupe Fotso, la famille Fotso, le patriarche Fotso, et particulièrement Yves Michel Fotso son fils, président de la Banque, ont été constamment crucifiés sans que personne ne lève le petit doigt.

Au plan international, un Etat membre, en l’occurrence la Guinée Equatoriale, lourdement condamné par un tribunal international pour manquement grave à ses obligations dans une relation d’affaires avec le Groupe Fotso, a non seulement refusé de s’exécuter, mais pis encore, entrepris de développer une animosité destructrice contre le Groupe, ce que reflète mieux aujourd’hui, la décision de la COBAC du 06 novembre.

Face à tant d’incongruités, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination déplore qu’une institution chargée de jouer la police monétaire dans la sous région, de réguler le marché des changes et des transferts, s’écarte de sa vocation d’institution favorisant l’intégration régionale, pour se muer en bras politique et diplomatique décourageant opérateurs locaux et investisseurs étrangers.

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination exhorte vivement les institutions financières internationales de caractère universel, de même que celles régionales et partenaires privilégiées, à faire pression sur la COBAC afin qu’elle mette fin à ses multiples errements comme le prouve également le cas de AMITY BANK. Il importe de rappeler pour ce dernier cas, que le Tribunal arbitral de la CEMAC a invalidé le contrat par lequel la COBAC avait cédé cette banque à une tierce institution, et a ainsi, de fait rétabli les propriétaires actionnaires dans leurs légitimes droits.

La Commission renouvèle ses félicitations au gouvernement camerounais pour sa prompte décision d’appui à la CBC, et invite tous ceux et toutes celles qui sont attachés à la préservation du patrimoine national, à soutenir fermement la banque pour faire échec aux plans néfastes de quelques comploteurs. La CBC doit garder tous ses clients. C’est un défi.

La Commission met en garde la COBAC et tous les cercles frileux qui pourraient nourrir l’intention de dépouiller le Groupe Fotso de la propriété légitime de la banque, de faire attention de ne pas précipiter les populations dans un mouvement d’humeur incompatible avec la tranquillité publique. La CBC doit rester au Groupe Fotso.

La Commission se félicite de l’attitude des autorités monétaires du Tchad et de la Centrafrique, pour leur courage, leur loyauté et leur honnêteté, car elles ont clairement fait connaitre leur désaccord avec la décision de la COBAC, et ont engagé des mesures salutaires pour assurer la continuité des opérations de la banque sur leur territoire et garantir son expansion harmonieuse. La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination renouvèle son soutien total au Groupe Fotso, et réaffirme sa position selon laquelle le Groupe constitue un exemple de fierté pour le Cameroun, pour les pays africains, et pour les pays du sud en général.

Fait à Yaoundé, le 18 Novembre 2009

Le Président de la Commission

SHANDA TONME

Source : Correspondace de Shanda Tonme

 

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