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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 11:47

 

 

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Libye : Kadhafi serait décédé d’une balle dans l’estomac

Mouammar Kadhafi a été touché mortellement par balle au niveau des intestins après avoir été capturé, a rapporté un médecin qui a examiné son corps. Les versions contradictoires sur la mort de l'ex-homme fort libyen se multiplient.

Après plus de huit mois d'affrontements et 42 années passées au pouvoir, Mouammar Kadhafi, 69 ans, a été tué jeudi après avoir été capturé par les combattants du Conseil national de transition (CNT) qui ont pris le contrôle de sa ville natale, Syrte.

"Kadhafi était vivant quand il a été capturé et a été tué ensuite. La balle à l'origine de sa mort a pénétré son intestin", a dit le docteur. "Il a ensuite reçu une deuxième balle dans la tête qui a traversé son crâne", a-t-il ajouté.

Moutassim aussi tué

Le chef du gouvernement du CNT, Mahmoud Djibril, a déclaré jeudi que Mouammar Kadhafi avait succombé à une blessure par balle à la tête reçue lors d'une fusillade entre ses gardes et les combattants du CNT alors qu'il venait d'être placé à bord d'une camionnette.

Moutassim, un des fils de Mouammar Kadhafi également tué jeudi, est décédé après son père, a indiqué le médecin.

"Concernant Moutassim, son corps présente une blessure, une grande ouverture au-dessus de son torse et juste en dessous de son cou. Il présente trois blessures dans son dos et à l'arrière de sa jambe. Il y a également une blessure causée par un éclat d'obus sur sa jambe mais qui remonte à plusieurs jours", a-t-il ajouté.

Mort après son père

"L'examen de son sang prouve qu'il a été tué après Mouammar Kadhafi", a encore dit le médecin.

Il a par ailleurs indiqué ne pas avoir vu le corps d'un autre fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al Islam, visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).


(ats / 21.10.2011 11h46)

 

Décès de Kadhafi: l'ONU demande une enquête

 

depouille-Kadhafi.jpg


GENEVE AFP / 21 octobre 2011 12h28 - Le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a demandé vendredi la mise sur pied d'une enquête sur les circonstances entourant la mort de l'ex-Guide Mouammar Kadhafi.

A propos de la mort de Kadhafi hier (jeudi), les circonstances ne sont toujours pas claires. Nous estimons qu'une enquête est nécessaire, a déclaré aux journalistes le porte-parole du Haut- commissariat, Rupert Colville, se référant aux vidéos qui ont été publiées jeudi par les médias.

Il devrait y avoir une enquête compte tenu de ce que nous avons vu hier (jeudi), a-t-il insisté.

Ainsi, il a estimé que les deux vidéos de Kadhafi publiées jeudi, une de lui vivant, une de lui mort, (...) étaient très inquiétantes.

Il n'a toutefois pas indiqué qui devait se charger de mener l'enquête, rappelant que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU avait mandaté cette année une commission d'experts pour faire la lumière sur les violences en Libye.

M. Colville a estimé que la mort de Kadhafi met un terme à huit mois d'extrême violence et de souffrances pour le peuple libyen.

Une ère commence en Libye qui devrait répondre aux aspirations du peuple en faveur de la démocratie et des droits de l'homme, a-t-il ajouté.

L'ex-leader, 69 ans, en fuite depuis la chute de Tripoli fin août, a été capturé vivant jeudi dans sa région d'origine, près de la ville de Syrte (360 km à l'est de Tripoli) et a été tué, selon le CNT, par balles peu après, dans des circonstances encore floues.

Il est le premier dirigeant arabe à avoir été tué depuis le début du Printemps arabe, une succession de soulèvements contestant des régimes autoritaires, en Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, au Yémen et à Bahreïn.

Le porte-parole du Haut-commissariat a insisté sur l'importance de la justice transitionnelle qui doit être mise en place par les nouvelles autorités.

Un aspect clé pour être en mesure de tirer un trait sur l'héritage de 42 années du règne despotique de Kadhafi et sur le conflit sanglant de cette année serait de s'assurer que justice soit faite, a dit ainsi M. Colville.

Les milliers de victimes ayant subi des pertes de vies humaines, des disparitions, la torture et d'autres graves violations des droits de l'homme depuis le conflit survenu en février 2011 ainsi que celles qui ont souffert des violations des droits de l'homme sous le long régime de Kadhafi ont le droit de connaître la vérité, a-t-il ajouté.

Ces personnes ont le droit de voir la culture de l'impunité prendre fin et d'obtenir des réparations, a-t-il fait valoir, appelant à ce que les responsables de ces crimes soient jugés.


(©)

 

Misrata fête la mort de Mouammar Kadhafi

Tanguy Berthemet Le Figaro 21/10/2011 à 21:25

REPORTAGE - Exposée dans une boucherie de la ville martyre, la dépouille du dictateur raconte le lynchage qui a suivi son arrestation. 

Mouammar Kadhafi repose dans la chambre froide d'une boucherie de Misrata. La dépouille gît, sanglante et torse nu, sur un petit matelas au beau milieu de cette pièce, le crâne chauve luisant sous la faible lumière. Les bouchers du Souk el-Arab ont pris soin d'enlever les carcasses de moutons qu'ils y stockent habituellement. Devant la grosse porte blanche, de petits groupes d'heureux élus se pressent, piétinant de vieux cageots d'oranges pour voir les restes du dictateur dans de grands cris. On sent l'excitation. On est venu en famille, entre frères, parfois même avec des enfants.

À Misrata, ville qui a souffert plus que d'autres de cette guerre, on en veut encore au tyran déchu - peut-être plus encore maintenant qu'il est mort. «On sait que ce frigo n'est pas le lieu idéal mais c'est ce qu'on a trouvé de mieux», explique Yasine Ahmad qui, avec sa Katiba (groupe de combattants) «Shouada Square», est chargé de la garde de l'illustre dépouille. «On doit le protéger. Sans ça, les gens feraient des choses pas convenables avec le corps.» Après avoir été déplacé à la hâte d'un lieu à l'autre, d'un hôpital de campagne près de Syrte à la maison d'un homme d'affaires, le Guide a donc été caché au marché.

Immédiatement, une foule s'est massée devant les grilles exigeant qu'on leur montre le cadavre. Le Conseil national de transition (CNT), la nouvelle autorité libyenne, gêné par cette ambiance de curée, a tout fait pour y mettre un terme. Jeudi soir, à Tripoli, Mahmoud Djibril, le numéro deux du CNT, a longuement insisté: Kadhafi aurait été mortellement blessé «lors d'échanges de coups de feu entre les rebelles et les loyalistes». «Nous ignorons qui a tiré les balles fatales», a-t-il ajouté .

Dictateur honni 

Dans les rues de Misrata, ce flou fait sourire. Personne ne doute que les combattants ont exécuté le dictateur honni. À chaque coin de rue, des adolescents hilares se passent en boucle sur leur téléphone portable les films de l'arrestation du dictateur. Sur l'un, on voit un Kadhafi vivant, le visage en sang, essuyer des coups. Le second montre le Guide à terre, cerné par les cris de rage des Thuwars (combattants rebelles). Dans la chambre froide, le visage reposé de Mouammar Kadhafi ne dissimule aucune trace du lynchage. On lit les griffures, les ecchymoses et même la trace sanglante d'une chaussure Rangers sur le côté. Le front est percé d'une balle, comme le torse.

Le sort de Moatassem, le troisième fils de Kadhafi arrêté avec son père, ne fait guère plus de doute. L'homme a visiblement été exécuté d'une balle dans la tête après son arrestation. Mais le destin des deux hommes ne fait pas pleurer grand monde en Libye. «Bien sûr que les combattants les ont tués. Et ils ont bien fait. C'est le prix pour tout le sang qu'ils ont versé», insiste un Thuwar. À Misrata, nombre de rebelles se vantent d'avoir été de ceux qui ont arrêté et tué Kadhafi. Dans ce concert de rumeurs et d'histoires que l'on répète à l'infini, la voix de Taïeb Mohammed Imbais détone.

Le chef de la Katiba «Shouada» était à Syrte ce jeudi-là. «Nous avons été appelés car un convoi avait quitté la ville et avait été bombardé par l'Otan. Quand je suis arrivé, je ne savais pas que Kadhafi était là. On savait juste que les occupants s'étaient enfuis à pied en deux groupes. Moi je suis allé vers une maison où certains s'étaient retranchés», raconte-t-il, brandissant une photo où il trône à côté de son prisonnier. Quelques minutes plus tard il arrêtait Mansour Daou, le chef de la sécurité de Kadhafi. «Les autres ont pris Kadhafi qui s'était réfugié dans un égout. Il ne s'est pas défendu. Il a juste dit: “Qu'est-ce que vous voulez?”». Taïeb Mohammed Imbais comprend vite que l'ambiance est en train de tourner. «Je suis très vite parti car je ne voulais pas que Daou soit tué par des combattants. Je voulais montrer que le 17 février est différent de l'ancien régime». Selon Taieb, Mansour Daou était alors hébété: «Il m'a dit que lui et Kadhafi s'étaient réfugiés à Syrte dès la chute de Tripoli, en août. Il pensait être à l'abri dans sa tribu. Puis quand le siège a commencé, c'est devenu plus dur. Kadhafi vivait dans des maisons particulières abandonnées. Il en changeait chaque jour pour éviter les trahisons et les bombardements de l'Otan. Il était très discret. Kadhafi ne commandait pas les combats. C'est Moatassem qui donnait les ordres. Le mercredi, c'était devenu intenable. Les rebelles étaient très près et Moatassem avait pris une balle dans le pied. Il m'a dit qu'il avait alors pris toute l'essence qu'il restait et qu'ils avaient tenté de fuir.»

Ces détails, les Thuwars de Misrata s'en fichent, tout accaparés qu'ils sont, à fêter leur victoire. À chaque carrefour on tire en l'air, on agite les drapeaux de la révolution au son de chants religieux. «Ce sont des semaines de fêtes qui se préparent. La liberté, après quarante-deux ans de tyran, ce n'est pas rien», braille Younès, en sueur dans Tripoli Street, la rue qui fut longtemps la ligne de front de la ville Martyr.

Une nouvelle ère 

À Misrata, le triomphe semble plus complet que partout ailleurs en Libye. «Ce sont nos hommes qui ont attaqué Syrte. Nos hommes qui ont pris Kadhafi. Nos hommes qui gardent son corps», résume Salah Adi Abdi, le chef de la Katiba «Shouada Square». À l'entendre, on comprend vite qu'il n'est pas question de remettre la dépouille au CNT. «Pourquoi l'emmener à Tripoli. Elle sera moins bien cachée qu'ici», s'agace-t-il. Pour l'heure il ne veut entendre parler que des conditions de l'enterrement. «Cela sera fait selon la charia. Les imams vont décider du lieu, qui sera gardé secret». Quant au CNT, il n'a selon lui pas son mot à dire…

Alors que la fin officielle de la révolution et l'entrée dans une nouvelle ère doivent être annoncées samedi, la guerre civile laisse un pays profondément divisé entre villes, tribus et communautés. Les réunir sera délicat. Car l'union sacrée autour de la mort du tyran ne va durer que le temps d'une fête.

 

 

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