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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 03:05

 

 

 

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La recette est bien éprouvée. Chaque fois qu’il est en grande difficulté, Bozizé fait venir à Bangui le célèbre directeur de la rédaction du non moins célèbre hebdomadaire africaniste parisien, Jeune Afrique pour ne pas le nommer, la réalisation d’une prétendue « grande interview » généralement bien tarifée et destinée à dresser un écran de fumée sur sa mauvaise gouvernance et ses propres turpitudes afin d’embrouiller l’opinion nationale et internationale. Après avoir rechigné un moment à se rendre à nouveau à Bangui où il croyait n’avoir plus rien à dire, François Soudan y est bien retourné ces dernières semaines et a encore ramené une nouvelle autre « grande interview » de Bozizé publiée ce lundi 30 janvier dans le n°2664 de l’hebdomadaire. Comme à l’accoutumée, c’est encore au même genre de mensonges et de balivernes auxquels Bozizé nous a toujours habitués mais dont personne n’est maintenant dupe.

A commencer par ses problèmes de santé au sujet desquels les plus folles rumeurs ne cessent de circuler depuis un petit moment. Au lieu d’y mettre un terme par la publication d’un vrai bulletin de santé par son médecin ou un collège de médecins, il choisit plutôt un mode peu convaincant à savoir une photo le montrant sur un appareil de remise en forme dans une salle de training de Bangui. Il ne suffit pas d’arborer un polo sur le torse avec un bas de survêtement pour être en bonne santé.

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Sur la « récréation qui serait terminée »…

Sur le thème de la corruption de son régime, des détournements de deniers publics où Bozizé avait prétendu dans son allocution d’investiture du 15 mars 2011après la mascarade électorale du 23 janvier 2011, que « la récréation était terminée », tout le monde sait que ce ne sont là que des propos pour amuser la galerie. Prétendre comme il le fait dans son interview en affirmant que « les limogeages et arrestations de directeurs généraux ainsi que les poursuites contre certains membres du gouvernement entre dans ce cadre » n’est pas sérieux.

Au sujet de l’impunité de certains dignitaires véreux

Les cas du ministre de l’agriculture Fidèle Gouandjika alias « le milliardaire de Boy-Rabe », ancien ministre des télécoms ainsi que son successeur Thierry Maléyombo,  tous les deux mis en examen pour diverses malversations et faillite de la société nationale de télécoms dont ils ont assuré la tutelle, sont là pour montrer la mauvaise foi de Bozizé. Ayant probablement bénéficié des fruits de la prédation de ses deux ministres, il leur assure une scandaleuse impunité. N’a-t-il pas restitué lui-même à Fidèle Gouandjika son passeport pourtant confisqué par un juge ? Qui peut-il convaincre lorsqu’il affirme dans cette interview que : « A la justice de faire son travail. Personnellement, je n’interfèrerai pas, quel que soit le degré de proximité avec moi de telle ou telle personnalité mise en cause. » C’est vouloir prendre les Centrafricains pour des demeurés ! Une chose est désormais sûre. Il a nommé Firmin Findiro ministre de la justice pour enterrer toutes les sales affaires dans lesquelles des ministres et dignitaires de son régime sont impliqués jusqu’au cou.

Sur les relations de la bozizie avec le FMI et les autres partenaires au développement

Bozizé reconnaît furtivement et du bout des lèvres le manque de rigueur dans la gestion des finances publiques que le FMI leur reproché mais pour souhaiter conclure au plus vite un programme avec l’institution et notamment la signature d’une lettre de confort. C’est sauter un peu vite à pieds joints sur l’évaporation de près de 70 milliards de F CFA du trésor toujours non élucidée. Malgré cette situation, Bozizé, et cela n’existe nulle part au monde, s’entête à continuer de présider le comité de trésorerie ce qui d’après lui, permettrait de payer régulièrement les salaires. Faux ! Si le fait qu’il se targue de présider le comité de trésorerie était si efficace, l’endettement de l’Etat après des banques commerciales de la place n’aurait pas atteint le montant qui avoisine les 15 milliards de F CFA à présent. Cette gestion n’est pas aussi bonne qu’il prétend, la vacuité des caisses du trésor est encore là pour le prouver.

S’agissant des autres partenaires au développement, notamment l’Union Européenne et la Banque Africaine de Développement, Bozizé ne comprend pas qu’ils aient tourné le dos à son pays depuis 2011 et les appelle à se réengager à ses côtés en les accusant de se « cacher derrière le FMI ». Les raisons de cette fermeture de robinet sont pourtant si simples. Elles tiennent au déficit de démocratie et à la mauvaise gouvernance de son régime.

Non seulement il a roulé tout le monde y compris ceux qui ont financé les élections du 23 janvier 2011 qui ont connu des fraudes à une échelle inouïe qui lui ont permis de rempiler, mais il est fermé à toute perspective d’annulation des résultats frauduleux et de reprise de nouvelles élections. Il oppose une réponse méprisante à la question  de jeune Afrique sur le rapport des experts électoraux de l’Union Européenne en ces termes : « Le rapport dont vous parlez était subjectif, incomplet et inutile. Il a été rédigé à partir de Bangui sans enquête sur le terrain hors de la capitale et sans autre source que les communiqués de l’opposition ». Quelle enquête sur le terrain pouvait-on effectuer à l’époque quand pendant ces élections, l’insécurité en province délibérément organisée par sa garde présidentielle pour les besoins de la fraude massive et certains mouvements de rébellion, empêchait même des candidats de battre simplement campagne.   

La concentration des pouvoirs entre les mains du seul Bozizé

La décision qu’il vient de prendre de dissoudre tous les conseils d’administration des sociétés d’Etat et offices publics est bien une autre preuve. A quoi sert l’exécutif si tout doit être ramené à un seul individu fût-il président de la République qui joue au « neveu de Rameau ». Actuellement, outre les ministres de la  défense et des mines qui sont délégués auprès de lui, Bozizé est président du comité de trésorerie et vient de s’arroger encore la présidence du conseil spécial de surveillance et de redressement des entreprises et offices publics (CSSREOP). Cela fait tout de même beaucoup pour un seul homme.  

A propos du cas Sylvain Ndoutingaï

A la question qui lui est posée sur les réserves de Paris, Bruxelles et Washington à l’égard de son indéboulonnable « argentier » Ndoutingaïet sur la confiance qu’il continue pourtant de lui faire contre tout évidence, Bozizé a eu cette réponse provocatrice : « Pourquoi voudriez-vous que je change une équipe qui est en train de gagner ? » dit Bozizé faisant allusion à « super » Sylvain Ndoutingaï, celui-là même qu’on appelle à Bangui « vice-président » et son ineffable Premier Ministre Faustin Touadéra. Que sont-ils en train de gagner et sur quoi ? De quelle victoire parle Bozizé ?  C’est vraiment se mettre la tête dans du sable.

Mendicité, toujours la mendicité

« Le président Sarkozy m’avait promis une aide pour notre armée. Le résultat est bien maigre. » ou encore plus loin : « En 2011 nous n’avons plus rien reçu de la part de la communauté internationale. Pas un centime d’aide budgétaire, rien pour le désarmement et la réinsertion. Pourquoi s’arrêter au milieu du gué ? Il suffit pourtant d’un coup de pouce pour que ce pays démarre. » Bozizé feint d’ignorer que tout le monde connaît maintenant son sens de la roublardise et ses mêmes rengaines. Continuer de se lamenter ne sert à rien. Cela a trop duré et ses cassettes sont usées tellement elles ont été jouées. A en juger par l’opacité avec laquelle il a géré l’enveloppe de huit milliards de F CFA octroyée par les pays de la CEMAC pour le DDR, plus personne ne peut encore lui faire confiance pour mettre un centime dans le programme DDR et de réinsertion, d’autant plus qu’il vient par-dessus le marché d’arrêter le vice-président de son comité de pilotage Jean Jacques Demafouth qu’il promet de libérer si l’enquête sur son affaire ne donne rien. Plusieurs sources proches du dossier dont ses avocats, affirment qu’il est vide…

Rédaction C.A.P

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique