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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 23:35

 

 

 

Roger-Andjalandji.JPG

 

 

 

Sous le prétexte de prendre part aux accords politiques de Libreville sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en Centrafrique  des hommes et des femmes vont réinvestir la sphère politique  de la transition sous couvert de la participation de la société civile à l’exercice  du pouvoir.

 

C’est l’occasion ici de s’interroger sur la nature  de cette « société civile » dont on a du mal à analyser les contours et la pertinence de son action politique en faveur de la défense et consolidation des acquis démocratiques dans  notre pays.  D’autant plus que durant dix ans cette société civile, contrairement à celle des années 90, a été absorbée et encadrée par l’Etat KNK au point où elle n’a jamais réussi  son « institutionnalisation » et sa « politisation » afin d’offrir aux citoyens centrafricains en lutte contre la dictature des  « Libérateurs »  un espace social de résistance   aux violations répétées   de la constitution, à la prédation économique, au triomphe de l’impunité et au mépris de la loi.

 

En effet,  sous la pression de la communauté internationale,  la problématique de la consolidation de la démocratie en Centrafrique a facilité l’émergence sur la scène politique nationale d’acteurs nouveaux issus des ONG, Associations, Eglises, Mouvements de défense des droits de l’homme… généralement classés dans la « société civile ».  L’expérience de cette nouvelle forme d’association au pouvoir politique de la société civile a tourné ces dix dernières années  à un subtil jeu « d’encadrement » et de « contrôle » de cette société civile par l’entremise du CIONGCA (Conseil Inter ONG en Centrafrique) dont la caractéristique principale est de produire des orientations et les conditions de cette nouvelle forme « conventionnée » de participation politique.

 

C’est comme cela  qu’en Centrafrique, durant dix ans et par inaction, la société civile a évité l’affrontement avec le pouvoir sur des questions de violation régulière des libertés fondamentales et du recul constant des acquis démocratiques. Elle n’a fait que s’accommoder des formes  conventionnelles de participation politique (séminaires, ateliers, conférences…) tout en évitant de jouer son rôle « d’espace d’interpellation démocratique ». C’est en cela qu’elle porte, en partie, une responsabilité morale, par inaction, dans la récente crise.

 

Nul n’est  besoin de rappeler que  dans les années 90, la société civile n’avait pas hésité, parfois, à se confronter violement avec le pouvoir pour faire reculer l’arbitraire et, ce faisant, à créer les conditions d’un meilleur respect de l’Etat de droit sans lequel il n’y aurait pas eu de démocratie en Centrafrique. Les SONNY  COLLET et autres Docteur CONJUGO se sont mobilisés au risque de leur vie pour défendre une certaine idée de l’éthique politique, de la démocratie ou tout simplement de la dignité humaine et ceci au-delà des revendications catégorielles.

 

Roger ANDJALANDJI, Sociologue, Paris

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion