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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 11:07

 

 

 

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On connaissait l’Afghanistan, le Pakistan, le Turkménistan, le Kazakhstan…et même le Londonistan. Il faut désormais ajouter à cette liste un pays d’Afrique centrale : l’Absurdistan alias la République centrafricaine.

 

La République centrafricaine couvre une superficie de 623 000 kilomètres carrés soit la superficie de la France plus celle du Bénelux. Elle est abondamment arrosée et dispose de vastes terres fertiles qui donnaient naguère outre les cultures d’exportation tels ; le coton, le café, le cacao…des cultures vivrières pour l’autosuffisance alimentaire des populations  et même un surplus exporté vers les pays voisins. L’incurie du gouvernement, les rebellions multiples qui entretiennent une guerre de basse intensité sans risques réels pour le gouvernement mais constituent une réelle menace pour les populations rurales et bientôt les citadins, l’indifférence et le cynisme du reste du monde (la fameuse communauté internationale plus sensible à certains pays qu’à d’autres), ont acculé ce pays béni des dieux à la famine et l’ont installé dans une misère durable sans nom. On meurt de faim à Berbérati, ville riche, capitale du diamant ! Le reste du pays est à l’avenant. Sans l’aide du Programme Alimentaire Mondial et de certaines ONG aux populations sinistrées, que deviendraient ces fières et laborieuses populations ? Que le gouvernement assure au moins la sécurité alimentaire du pays !

 

Ce vaste territoire a été dirigé successivement par les présidents Dacko, Bokassa, Dacko bis, Kolingba, Patassé et Ubu. Ubu, c’est Bozizé. Il est le parfait élève de Bokassa qu’il s’est empressé de réhabiliter et qu’il copie en permanence. De facto, la RCA est sous la coupe d’un parti unique comme à l’époque de Bokassa. Les deux prochaines étapes seront la présidence à vie et le maréchalat maintenant que sa famille va squatter l’assemblée nationale.…

 

Ubu vient d’organiser des élections qu’il a gagnées dès le premier tour, dans un pays où il est littéralement détesté. Son nouveau gouvernement compte 34 membres alors que la tendance générale est aux économies en réduisant la taille des gouvernements. Il croit étouffer le grondement qui s’élève dans le pays en réunissant 34 personnes autour de la mangeoire. Pourquoi pas 40 tant qu’il y est comme Ali et ses quarante voleurs ? Plus que partout ailleurs, le gouvernement centrafricain est le premier ennemi du peuple centrafricain.

 

Autre exploit d’Ubu aux conséquences dramatiques : harceler puis  empêcher par pure mesquinerie son prédécesseur d’aller se faire soigner en hâtant sa mort pendant que les regards étaient fixés sur Tripoli et le couple Gbagbo. On ne tue pas seulement avec une sagaie ou un Revolver.

 

Enfin, Bozizé est un président zéro. Zéro kilomètre bitumé après sept ans de pouvoir, zéro collège et lycée, zéro université naturellement «  puisque mes enfants n’y vont pas » dixit Bozizé, zéro hôpital , zéro bâtiment public digne d’une capitale comme Bangui, zéro plan d’urbanisation de Bangui et d’aucune autre ville, zéro politique étrangère, zéro sécurité, zéro stabilité, zéro vision globale, zéro programme politique d’envergure nationale, zéro négociation avec les rebelles . Ma liste de zéros n’est pas exhaustive. Et qu’on ne vienne pas me parler du stade de football de Bangui qui peut contenir 20000 personnes ! Que ne demande-t-il pas aux Chinois d’agrandir l’université qui est à deux pas du stade ou à tout le moins de l’équiper ? Du pain et des jeux disaient les empereurs romains. Bozizé a oublié le pain.

 

De la nocivité de certains concepts

 

J’en étais là dans mes réflexions quand le porte parole du défunt président Patassé a piqué ma curiosité par l’emploi à plusieurs reprises dans ses communiqués de l’expression «  famille biologique » de Patassé. De quoi parle ce compatriote au juste ? Des enfants de Patassé à opposer à sa famille politique ? Ce serait une aberration. De la nébuleuse qui a toujours gravité autour de lui avant sa mort ? Ce serait loufoque.  Patassé est un homme politique centrafricain de longue date qui a dirigé la RCA pendant dix ans. A ce titre, n’importe quel centrafricain peut se revendiquer d’où qu’il vienne : Obo, Bouca, Gamboula ou Bambouti. Attention à l’emploi et à la manipulation de certains  concepts dangereux aux relents d’ivoirité de triste mémoire. Une contradiction : Sylvain Patassé chez qui les « prétendus » parents de Patassé se sont réunis nuitamment ne serait-il pas biologiquement plus proche de Patassé. Et puis qu’est-ce que c’est que cet appel aux patriotes et ce procès verbal de la famille « biologique » qui aurait une valeur juridique ? Cher compatriote, n’en jetez plus ! La seule mort d’un homme est déjà assez pénible. N’en faites pas un cheval de bataille pour d’obscures raisons. Vous aviez une occasion unique pour pilonner un gouvernement autiste qui a d’une certaine façon éliminé votre patron Patassé. Ne noyez pas votre message dans un verbiage de mauvais aloi et surtout ne le parasitez  pas par des rancoeurs contre de prétendus parents de Patassé que vous poursuivez d’une vindicte personnelle. Maintenant que Patassé n’est plus, de qui portez-vous la parole ? A bon entendeur, salut !

 

 

P.S : Je n’ai aucun lien « biologique » avec Patassé que je ne connais pas personnellement et je ne connais pas plus son porte-parole.

 

 

                                                                     KaDé  (France)

 

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