Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 23:31

 


 Boute-Clement.jpg

 

"Une telle ambition aura non seulement l’avantage de créer du travail, de la richesse et d’améliorer le cadre de vie des Centrafricains, mais aussi la légitimité historique de jeter des passerelles nouvelles en Centrafrique, au-delà de tout ce que nous avons connu.

Le défi qui se présente à nous, est celui du mode de développement, du choix de société et de l’héritage à donner aux Centrafricains de demain." CBM  (2) 

   

Introduction


Les 11 et 12 octobre 2012 s'est tenue à Bangui, une table ronde autour du projet de rénovation de l'aéroport international Bangui-Mpoko. Si l'initiative est louable, son objet l'est moins.

En effet, l’histoire des pays développés, émergents ou en voie d’émergence nous instruit que la dynamique d’un pays se traduit par celle de sa principale ville et la qualité de ses infrastructures globales reproduite à l’échelle nationale.


Or le Doing Business 2013 place la République Centrafricaine au dernier rang des nations mondiales et Africaines. Déjà en 2011, le Classement mondial du Cabinet MERCER plaçait Bangui à la 220ème place/221 dans son enquête mondiale sur les villes.


Face à cette dégradation permanente (voulue et entretenue) des conditions d’existence des Banguissois voire des Centrafricains, un projet comme celui de la rénovation de l’Aéroport International Bangui-Mpoko ne peut se faire comme celui d’un vulgaire abri de stockage agricole.


Bangui est-il notre avenir ?


Tels sont les termes d’une interrogation initiée le 26 juin 2010 (3) à l'occasion du cent-vingt et unième anniversaire de la fondation de la ville de Bangui. Depuis, les différentes catastrophes humaines et naturelles qui s’y sont déroulées ont renforcé cette perception et convaincu de la nécessité de repenser Bangui. En effet, si nous sommes incapables de trouver des solutions aux maux de Bangui, nous serons incapables, qu'importe les moyens à disposition, de régler ceux de la RCA.


 Les maux de Bangui sont ceux de la République Centrafricaine. Trouver des solutions à ceux-ci, c'est trouver la méthode pour solutionner ceux de la RCA. De ce postulat, l'unique possibilité est donc d'intégrer les approches au sein d'un schéma global.


S'il est vrai (voire urgent) que l'aéroport international Bangui-Mpoko doit être mis aux normes OACI, est-ce que sa rénovation est la solution appropriée ?


A peine peuplé de 2000 habitants en 1911, la ville de Bangui selon les dernières estimations démographiques comptera 1.200.000 habitants en 2020 c’est-à-dire dans 8 ans seulement  soit 25% de la population nationale et 46% de la population urbaine.

 

 

La population actuelle et à venir sera confrontée aux mêmes problèmes :

1.    la crise de l'énergie (difficulté d'approvisionnement en bois, principale source d’énergie domestique);

2.    l'accès à l'eau potable;

3.    l'accès et l'approvisionnement régulier en électricité;

4.    un habitat décent;

5.    des infrastructures hospitalières insuffisantes;

6.    une insalubrité quasi-industrielle;

7.    au péril fécal et chimique (présence d'industries polluantes en ville) ;

8.    au déboisement et à la déforestation;

9.    à la sous-alimentation;

10. à la pauvreté, au chômage et sous-emploi;

11. à une offre scolaire et universitaire inadaptée et insuffisante;

12. à un mauvais état des routes et une organisation archaïque des transports en commun;

13. à une urbanisation sauvage (occupation des terres, ghettos-refuges, inondation...);

14. à l'insécurité…

 

Savoir, c'est avoir conscience. Et lorsqu'on a conscience de tous ces facteurs, l'on est en droit de s'interroger si l'option prise pour la rénovation de l'aéroport International Bangui-Mpoko est la bonne  face aux nombreux défis auxquels sont confrontés les Banguissois et les Centrafricains. Ce projet de Rénovation me rappelle ces nombreux monuments de mauvais gout mais de grosses factures qui ont vu le jour ici et là dans la ville ces dernières années mais qui n'ont pas participé à l'amélioration de la qualité de vie des Banguissois. Car c'est de cela dont il est question et c'est uniquement cela que doivent poursuivre non seulement les autorités municipales mais aussi et surtout les responsables gouvernementaux, Bangui étant encore la capitale administrative de notre pays (PS).


Mis en service en 1967 à une période où la ville de Bangui comptait moins de 200.000 habitants et dont les bassins de peuplement Nord/Ouest et Sud/Ouest ne sont pas identiques à ceux que nous connaissons aujourd'hui. Le projet de la rénovation de l’Aéroport International Bangui-Mpoko doit non seulement faire appel à toutes les expériences vécues et les techniques acquises mais aussi et surtout à une évaluation de son impact sur le quotidien du Centrafricain et l’économie de son pays.


 

aeroport-Bangui-Mpoko-Google-Earth.JPG

Aéroport International Bangui-M’poko et le domaine aéroportuaire. Google Earth.


" l’analyse fonctionnelle indique que ces infrastructures ne répondent plus aux besoins d’exploitation d’un aéroport international moderne en termes notamment de disponibilité des surfaces, de capacité d’accueil, de traitement des passagers de délai de livraison des bagages, de facilitation, de commodités offertes aux exploitants et d’encombrement de l’aire de stationnement des aéronefs. Comme exemples patents de la saturation de l’infrastructure aéroportuaire de Bangui M’Poko, il semble utile d’évoquer  l’exiguïté de la salle d’embarquement qui n’offre que 90 places assises quand l’avion critique (Airbus A340) a une capacité de deux cents cinquante-six (256) sièges. De même, le temps de livraison des bagages avoisine fréquemment 2  à 3 heures au lieu des 45 mn généralement admis à compter du stationnement du vol Air France. Afin de remédier à tous ces disfonctionnements, il  devient nécessaire et urgent d’investir massivement pour moderniser et mettre aux normes les infrastructures aéroportuaires de Bangui M’Poko afin qu’elles puissent être en adéquation parfaite avec l’ambition de la République Centrafricaine pour son secteur de l’Aviation Civile et du Transport Aérien " Tel est le verbatim du ministre délégué au transport aérien et à l'aviation civile. (4)


Si le diagnostic est juste, l'on peut constater que la solution proposée n'est pas satisfaisante. Et Bangui dans tout ça? Que deviennent les populations des trois arrondissements qui jouxtent la zone aéroportuaire? Arrondissements les plus peuplés de la ville de Bangui et par conséquent les concentrations humaines les plus denses de la République Centrafricaine. Quelles leçons tirées de mars 1986 ?(5) Que deviennent ces routes, ponts et passerelles impraticables qui conduisent à l'aéroport? Toutes ces interrogations demeurent muettes puisque dans l'actuel projet, aucune approche ne les prend en compte.


En intégrant les réponses à ces interrogations, l'on s'aperçoit qu'une autre solution existe.

 

 

nouvel-aeroport-Bangui-Mpoko-maquette.JPG

 

Maquette de la nouvelle aérogare de l’aéroport International Bangui-M’poko. Ministère de l’Aviation civile. 


Le Grand Bangui


Au départ poste de pénétration coloniale, Bangui devint chef-lieu du territoire qui deviendra la République Centrafricaine après Possel (anciennement Fort-Possel). Fondé par Dolisie et conçu sur un triple cercle dont le centre est l'actuelle place de la république. La ville de Bangui n'était pas destinée dans l'esprit de ses fondateurs à accueillir sa population actuelle.


Autour du centre-ville, quelques zones tampons existaient pour tenir loin de celui-ci en l'isolant, les populations dites "indigènes". Ainsi, dont ses limites originelles, l'ancien aéroport (aérodrome est le terme exact) de Bangui se situe sur l'actuelle avenue des martyrs soit à moins de 3 kilomètres du centre-ville.


Au hasard de la colonisation et à la faveur de l'indépendance, Bangui est devenu la capitale administrative, politique et économique de la RCA. Sa fondation et son extension ne répondent pas aux principes qui régissent la construction d'une ville moderne, à fortiori capitale politique et administrative d'un pays.

123 années plus tard, face aux nombreux défis auxquels elle est confrontée et aux choix à faire, il est utile et urgent de s'assoir pour concevoir une nouvelle cité.


De 2 km² en 1912, la superficie de la ville de Bangui et son agglomération a été multiplié par 47 en cent ans pour atteindre 94 km² en 2010. Cette extension spatiale pose non seulement le double problème de la croissance démographique et territoriale mais aussi et surtout celui de l'urbanisation sauvage.


Dès lors, le préalable à tout aménagement urbain majeur de la ville de Bangui ou la réalisation d'un projet d'envergure comme celui de la rénovation de l'aéroport International Bangui-Mpoko est une relecture de la loi du 19 janvier 1996 et une requalification des ordonnances des 12 et 19 février 1998 (6).

De là:

1.    Les Communes de Begoua et Bimbo seront fusionnées avec celle de Bangui ;

2.    Le Chef-lieu de la Préfecture de l'Ombella-Mpoko transféré à Bossembélé;

3.    Les limites de la nouvelle ville seront :

·         Au Sud : le fleuve Oubangui et l’Île des Singes;

·         A l'Ouest : la boucle de la rivière MPOKO jusqu'au Pont du PK26);

·         Au Nord: le village Guerengou;

·         A l'Est: la plage de la PAMA

L’extension du périmètre urbain permettra de faire face à :

1.    l’inconstructibilité des ¾ de l’actuel site de Bangui,

2.    l’urbanisation sauvage,

3.    la croissance démographique et spatiale,

4.    l’organisation planifiée de l’occupation des sols : habitations, infrastructures, industries, écoles, commerces, espaces verts, etc…

5.    la définition de la zone d’influence économique et financière de la ville de Bangui,

6.    la définition d’une aire d’intercommunalité (7)

Le droit de savoir :

 

Il eut l’Île des Singes et la Cité à 350 milliards de Fcfa dite « Cité Lumière KNK ». Mais la cité ne vit jamais le jour et la lumière se fait toujours attendre.

Des airs, une promesse survint…avec l’impressionnant nom de HERCULE C130…mais depuis, c’est le calme plat et le retour au garage.

Puis Il eut Saïfee Durbar et son chemin de fer de l’Atlantique à la Mer Rouge, de  Douala à Port Soudan. Mais  le Centrafricain attend toujours le passage de la 1ère locomotive.

 

cite-Lumiere-ile-des-singes.JPG

                               

 Maquette « Cité Lumière KNK-Ile des Singes ».Le Moniteur. 

 


Du Sud de la ville apparût comme par enchantement le projet de réhabilitation de l’avenue Boganda, don de la « China International Fund » paraît-il. Mais cette artère centenaire est comme toutes les autres de la capitale : en mauvais état et en dégradation permanente

De l’extrême nord du pays, résonnent encore les échos du chemin de fer Nyala-Birao, de l’Université de Birao…que les Centrafricains attendent toujours.                                

Enfin, Il y a eu la Sonatu, la Cimenterie de Nzila et toutes les affaires entourant le montage financier, la gestion des fonds et celle de l’entreprise.                  

Face à ces innombrables  effets d’annonce et de projets aux contours flous, non seulement nous sommes en droit de savoir ce dont il est question mais nous, Peuple de Centrafrique, exigions à ce que le meilleur choix soit effectué.                                                           

 

panneau-maquette-nouvelle-avenue-Boganda.JPG

 

Panneau représentant la nouvelle avenue Boganda en 2010.

(H Donossio).                                                                                                                 

 

L’argument principal des initiateurs du projet de rénovation de l’aéroport international Bangui-MPoko est son montage financier. Le génie ici mis en avant est le fait que sur les 60 milliards de Fcfa nécessaires à la réalisation dudit projet, le gouvernement centrafricain ne débourserait pas un seul  Fcfa. Dans le merchandising de ce projet, il a été porté à la connaissance des Centrafricains et des partenaires l’équation suivante : 120.000 Passagers/an x 20.000Fcfa= Remboursement des 60 milliards Fcfa. Le chiffre de 120.000 passagers n’est pas une prévision de trafic mais des données statistiques enregistrées paraît-il.

 

Or le 18 mai 2011 lors de sa déclaration de Politique Générale devant l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre Faustin Archange Touadera déclara : « L’effet induit en a été que le nombre des passagers transportés en 2005 qui était de 52854 a atteint 67500 passagers en fin 2010 et une forte croissance du volume du trafic fret. »(8) De là, on peut projeter qu’annuellement depuis 2005, l’Aéroport International Bangui-M’poko reçoit environ 2930 passagers de plus par an. Sur la foi de cette projection, on peut estimer le volume en 2011 à 70430 passagers sans oublier que le trafic au niveau de Bangui a très certainement connu un ralentissement du fait de la cessation des activités d’Afriqiyah Airways. Sur cette base, même dans 7 ans, Bangui-M’poko ne comptera que 80.000 passagers/an. (9)


Soit le 1er Ministre a meublé son discours de politique générale avec de fausses données et cela peut être considéré comme un parjure qui non seulement appelle à sa démission et à la dissolution de l’Assemblée Nationale qui a fait preuve d’une grande légèreté dans son vote de confiance.

Ou les initiateurs du Projet de Rénovation de l’Aéroport International Bangui-Mpoko ont conçu, présenté et défendu leur projet sur une base incorrecte. Or celle-ci est l’élément central car encadrant le schéma de remboursement du prêt.

 

 

Béréngo, l'autre solution


 

piste-aerodrome-Berengo.JPG

 

Piste de l’Aéroport de l’ancienne Cour Impériale de Béréngo. Google Earth.


À soixante-quatorze (75) kilomètres au sud-ouest de Bangui se trouve l’ancienne cour impériale de Béréngo. À l’intérieur de ce domaine il y a  l’ancien aéroport Impérial dont la piste fait 2200mX35m soit seulement 400 mètres de moins que celle de Bangui-M’Poko sur sa longueur et 20 mètres de moins sur sa largeur. Cet endroit semble tout indiqué pour  accueillir le nouvel Aéroport International de la  Région de Bangui. Projetons-nous :


1.    Les travaux au niveau du site 

ü  Délimitation, sécurisation du domaine aéroportuaire  et Réalisation d’un lotissement vers Bobangui pour l’accueil des familles délocalisées à cause du domaine aéroportuaire ;

ü  Rénovation de la piste existante ;

ü  Extension de la piste de 1000m sur la longueur et 20m sur la largeur ;

ü  Construction d’une aire de Stationnement (tarmac) ;

ü  Construction  d’une aérogare et d’une tour de contrôle ;

ü  Construction de la zone de fret, des services de la sureté et des pompiers ;

ü  Construction  d’une Zone d’Activité Economique et Commerciale ;


2.    Les travaux au niveau de la Région :


ü  Réalisation d’une Centrale hydroélectrique au fil de l’eau sur la Lobaye (10)

ü  Sécurisation de la RN6 et Renforcement de la Signalisation ;


ü  Rénovation et relance des activités du Centre de Recherches Agronomiques de Boukoko ;


ü  Rénovation et Extension de l’ISDR et ouverture d’un Campus Universitaire à Mbaïki par le transfert de la Faculté de Droit, de Sciences Economiques et de Gestion de l’Université de Bangui ;


ü  Réalisation d’une étude de faisabilité d’une voie de chemin de fer Mongoumba-Zinga-Mbaïki-Berengo-Kpalongo ;


ü  Construction d’une nouvelle bretelle de sortie de Bangui : KM5 (croisement Georges Koudoukou)-Cattin-Boeing-Kpalongo [environ 11km] ;

ü  Construction  d’une gare (Terminus, aire de Stationnement Bus-Taxi, aire de Repos, Centre Commercial…) à Kpalongo ;


Atouts de l’installation de l’aéroport à Béréngo


ü  Infrastructure aéroportuaire et conditions météorologiques existant ;


ü  Foncier disponible ;


ü  Durée de réalisation des travaux inférieure à celle de Bangui-Mpoko : environ 20 mois avec une cadence de 2x7h ;


ü  L’actuelle enveloppe destinée aux travaux de rénovation de Bangui-Mpoko couvrirait tous les travaux sur site plus la sécurisation et le renforcement de la signalisation sur la RN6 ainsi que la réalisation d’une étude de faisabilité d’une voie ferrée Mongoumba-Zinga-Mbaïki-Berengo-Kpalongo ;


ü  Potentialité et activités économiques du Sud-Ouest : Bois, Mines, Tourisme…

ü  Zone d’impact de l’Aéroport International Bangui-Berengo : Environ 1.500.000 personnes en Centrafrique et 1.400.000 en République Démocratique du Congo (Mbandaka-Libenge-Gemena-Zongo) ;


ü   La construction d’une centrale hydroélectrique au fil de l’eau sur la Lobaye permettra d’électrifier l’ensemble du Sud/Ouest centrafricain de Salo à Berengo ainsi que tous les sites industriels de la région  car le potentiel hydroélectrique de la rivière Lobaye est six fois supérieur à celui de la Mbali (Boali) ;


ü  La construction dans un second temps d’une voie ferrée entre Zinga et Kpalongo en passant par Béréngo pour réguler le trafic et la circulation permettra aussi de palier à la rupture de la navigabilité entre Zinga et Bangui au moment de la saison sèche ;

 

Béréngo : domaine des Bokassa ou Propriété de l’état centrafricain ?


Au terme d’un décret pris à l’occasion du 1er  décembre 2010 par le général François Bozizé, Jean Bedel Bokassa condamné à mort puis gracié par le général André Kolingba fut réhabilité dans tous ses droits. Cette réhabilitation  efface ses condamnations pénales et notamment les amendes et les frais de justice, et fait cessé pour l'avenir toutes les incapacités qui en résultent. Cependant le même décret précise que cette réhabilitation  « ne préjudicie pas au droit de l'administration et des tiers ». En clair, le jugement rendu au nom du peuple de Centrafrique en juin 1987 et qui confisquait toutes les propriétés de monsieur Jean Bedel Bokassa au bénéfice de l’état centrafricain est toujours valable. Par conséquent, l’Etat centrafricain est donc légalement propriétaire des lieux.

 

Que deviendra  Bangui-M’poko ?


D’après les termes du projet de rénovation de l’Aéroport International Bangui Mpoko présenté les 11 et 12 octobre 2012, celui-ci ne fermerait pas durant la période des travaux. Cette réalité permet de lever l’hypothèque d’une éventuelle declassification de Bangui-M’poko si des aménagements mineurs sont réalisés pour atténuer l’effet de la vétusté de l’aéroport.


 Quel avenir ?


1. Pendant la construction de Bangui-Béréngo :


ü  Installation d’un hall d’accueil temporaire du public (chapiteau ou structure en panneaux de bois) ;

ü  Réorganisation de la salle d’embarquement ;

ü  Contrôle de l’étanchéité de la toiture et réparation ;

ü  Sécurisation de la chaussée aéronautique : colmatage ;

 

2. Après Bangui-Béréngo :


Vu du ciel, le domaine aéroportuaire de Bangui-Mpoko environ 7km² soit près de 7,5% de la superficie de la ville est une ligne droite entre le nord et le sud de la ville. Vu sa position et les défis de l’extension ainsi que de la modernisation de Bangui, l’actuel domaine aéroportuaire est tout indiqué pour recevoir le nouveau quartier administratif de la ville.

 

Sortir la Présidence, les ministères, les administrations (offices, tribunaux, agences nationales…)  de l’actuel centre-ville y compris la Primature de l’avenue des Martyrs et le ministère des Affaires étrangères, les regrouper en un seul endroit dans des infrastructures modernes est un pari qu’il faut prendre pour un avenir meilleur. C’est aussi un symbole d’unité car la cohésion des deux pôles de la ville (Nord/Sud) a été durablement mise à l’épreuve lors des différentes crises de 1996 à ce jour.


Le transfert de la Présidence, de la primature, des ministères et de toutes les administrations du centre-ville vers le plateau Bangui-Mpoko permettra de faire de l’actuel centre-ville le quartier des affaires de la ville de Bangui et de l’Avenue des Martyrs (section Monument des Martyrs-ENS), le quartier de l’Université.


Cette réorganisation spatiale de la ville de Bangui devra aussi permettre sa démilitarisation  par la fermeture du Fort du Camp de Roux, du Camp Kassaï, du Camp Fidèle Obrou, du Régiment de Soutien, de l’Escadrille Bangui-Mpoko, du Génie militaire et du Camp Béal. Seules les casernes de la gendarmerie resteront dans la ville ainsi que des commissariats d’un type nouveau.


Pour faire face à la démilitarisation de la ville, deux garnisons seront à construire :

ü  Une garnison dans la plaine de la Konga à environ 15 km à l’Ouest de la ville avec un héliport et une piste d’atterrissage ;


ü  Une garnison à Bobaya à environ 20 km au sud/est de la ville au bord de l’Oubangui ;

Après le transfert de l’Aéroport International Bangui-Mpoko vers Bangui-Béréngo, l’actuel domaine aéroportuaire deviendra le nouveau quartier administratif de la ville et l’actuelle aérogare réaménagée, servira de nouveau palais présidentiel.


Conclusion 

 

Notre pays qui cherche à sortir de cette longue période d'instabilité se doit de planifier ses efforts de développement en répartissant ses actions de manière intégrée afin de :

1.       réorganiser l'état (administration, politique, sécurité); 

2.       relancer l'économie; 

3.       assainir les finances publiques; 

4.       développer les infrastructures; 

5.       redynamiser l'agriculture et l'élevage; 

6.       redresser le système éducatif; 

7.       améliorer les infrastructures sanitaires et scolaires ; 

8.       promouvoir la jeunesse, la femme, les arts et les sports.

  

C'est uniquement au prix de cette planification intégrée que nous pourrons d'abord rattraper le train du développement, ensuite celui de l'intégration régionale et africaine et enfin entrer dans la modernité c'est à dire le 21ème siècle. Tout autre schéma participerait à reproduire les erreurs du passé et à pérenniser le cycle de la gouvernance à vue tout en continuant à faire du "Banguicentrisme"(11) l'unique prisme du développement de la RCA.

 

 

 

Clément DE BOUTET-M’BAMBA.

 

 

 

 

Post-Scriptum : Depuis mai 2003, je milite pour le transfert de la Capitale administrative de la République Centrafricaine de Bangui à Bambari. Je suis toujours convaincu de la pertinence d’un tel projet et de l’urgence de sa réalisation. Mais je suis aussi conscient qu’il faut lancer le chantier de la modernisation de l’agglomération Banguissoise et de tous les centres urbains de Centrafrique. Cette vue de l’esprit du transfert de l’aéroport International Bangui Mpoko de Bangui à Béréngo et toutes les infrastructures périphériques à mettre en place appelle j’en suis conscient à une mobilisation financière plus élevée que celle prévue dans l’actuel projet. C’est le prix à payer pour que la RCA entre dans la modernité.


1 : Je propose que cet aéroport soit nommé : AEROPORT INTERNATIONAL BANGUI-BERENGO ;


2 : « DEMANTELER LE KILOMETRE 5 POUR RELANCER L’ECONOMIE CENTRAFRICAINE.  MAMADOU MBAÏKI : l’antithèse de l’Economie MODERNE », Paris 27.11.2007  http://www.sozowala.com/palabre/reflexions/r20071126001.htm 


3: « Bangui est-il notre avenir ? ». Paris 26.06.10. http://www.sozoala.com/palabre/reflexions/r20100626001.htm 


4 : In Afrique Nouvelle. http://www.afriquenouvelle.fr/Aeroport-Bangui-M-poko-bientot-la-grande-mutation_a1192.html 


5 : le 27 Mars 1986, un avion (jaguar) de l’armée française s’écrase sur le quartier Gbaya dombia à la périphérie de l’aéroport international Bangui-Mpoko  au décollage faisant 20 morts.


6 : Loi du 13 janvier 1996 sur la décentralisation et la régionalisation (Bangui devient la 7ème région de la RCA). Ordonnances des 12 et 19 février 1996 place l’administration de la  7ème Région sous l’autorité d’un Préfet.


7 : L’avenir de la région de Bangui passe aussi par une intercommunalité. Celle-ci permettra d’arrimer à la dynamique de Bangui, les communes limitrophes. Dynamique qui n’est qu’une vue de l’esprit pour le moment. Cette intercommunalité pourra se mettre en place entre Bangui, Mbaïki, Boali et Damara voire Zongo en République Démocratique du Congo.


8 : Discours de Politique Générale du 1er Ministre Faustin Archange Touadera, 18 mai 2011 -et-   Table du Ledger Plaza, Document Présentation, Bangui 11/12 octobre 2012.


9 : Le remboursement du prêt des 60 milliards Fcfa débutera dans 7 ans.

 

10 : « Carte Orohydrographique de la RCA », Pr Yves Boulvert, ORSTOM, Paris 1987.


11 : « Banguicentrisme ».  Ce néologisme n’est pas de moi. Il s’agit de la contribution d’un compatriote à une tribune publiée en 2010 et qui traduit la supposée supériorité de Bangui et/ou des Banguissois sur le reste de la RCA. Il peut aussi signifier l’abandon du reste de la RCA qui dans l’esprit des gouvernants et pouvoiristes de Bangui voire certains Banguissois, se limite et se suffit à « La République de Bangui ».

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion