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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 00:23

 

 

 

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RFI lundi 11 juillet 2011 - Dakar suspend l'expulsion d'Hissène Habré prévue lundi vers le Tchad. Ce dimanche matin 10 juillet, Navi Pillay, Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, avait lancé un appel pour que le gouvernement sénégalais n'expulse pas l'ancien président tchadien sans garantie d'un procès équitable à Ndjamena.

C’est officiel. Le Sénégal « suspend » la mesure d’expulsion qui visait Hissène Habré. Selon le communiqué qui a été lu à la RTS, la radio-télévision publique par le ministre des Affaires étrangères Madické Niang ce dimanche 10 juillet, Dakar « entend engager immédiatement des consultations avec les Nations unies, l’Union africaine et la communauté internationale pour qu’une solution puisse intervenir rapidement ».

Les autorités expliquent avoir pris cette décision à la suite de l’appel de la Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay qui avait « exhorté » le Sénégal à revenir en arrière. Selon Navi Pillay, cette expulsion aurait en effet pu constituer une violation du droit international.

Point important pour la suite du dossier : Dakar fait comprendre, dans ce communiqué, que la solution préconisée par l’Union africaine ces derniers mois, celle d’une juridiction spéciale créée sur son territoire lui semble « inacceptable ». Le Sénégal rappelle que l’engagement pris devant l’UA était de faire juger Habré par ses propres juridictions et magistrats et non « par une nouvelle juridiction dont les fondements sont discutables ».

Ce n’est pas la première fois que les autorités sénégalaises menacent de se débarrasser d’Hissène Habré puis annulent la mesure. En novembre 2005, déjà, le ministre sénégalais de l'Intérieur avait laissé entendre que l’ancien président tchadien serait expulsé vers le Nigeria. Puis les autorités étaient revenues sur leur décision.

 

 

Le Sénégal suspend l’expulsion d’Hissène Habré au Tchad


Dakar - AFP / 10 juillet 2011 23h19 - Le Sénégal a décidé dimanche de suspendre l'expulsion prévue lundi de l'ex-président tchadien Hissène Habré, pour répondre à une demande de l'ONU qui s'était demandé si une telle mesure ne constituait pas une violation du droit international.

Le Sénégal suspend la mesure d'expulsion contre Hissène Habré compte tenu de la demande faite par Mme la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme dimanche matin, a annoncé le ministre sénégalais des Affaires étrangère, Madické Niang, dans un communiqué lu à la radio-télévision nationale RTS.

Le ministre a ajouté que son pays allait engager immédiatement des consultations avec l'ONU, l'Union africaine (UA) et la communauté internationale pour qu'une solution puisse intervenir rapidement.

Il a affirmé que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), en suggérant en 2010 la création d'une juridiction spéciale pour juger Hissène Habré, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pendant ses huit ans au pouvoir (1982-1990), interdit au Sénégal de le juger.

Selon lui, un tribunal spécial est une solution inacceptable pour le Sénégal qui s'était engagé à faire juger Hissène Habré par ses propres juridictions et magistrats, et non par une nouvelle juridiction dont les fondements sont discutables.

Le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, avait appelé le Sénégal à revoir sa décision de renvoyer Hissène Habré dans son pays, avertissant que cette extradition pourrait constituer une violation du droit international.

Le Sénégal avait annoncé vendredi qu'il allait renvoyer lundi à N'Djamena l'ancien président tchadien, exilé à Dakar depuis sa chute en 1990, faisant valoir la nécessité de se conformer à la demande de l'UA de le juger ou l'extrader, selon le gouvernement sénégalais.

Interrogé sur la suspension de l'expulsion, un des avocats français d'Hissène Habré présent à Dakar, François Serres, a dit devant la presse prendre acte que le président sénégalais Abdoulaye Wade accepte de constater qu'il a violé une nouvelle fois le droit et qu'il accepte d'en payer les conséquences.

Nous allons poursuivre l'ensemble des procédures contre la décision d'expulsion devant les juridictions du Sénégal et de la Cédéao, a-t-il ajouté.

Selon lui, Hissène Habré, qu'il avait rencontré avant l'annonce de la suspension de l'expulsion, a dit que s'il doit retourner au Tchad, ce sera dans un cercueil. Il invoque son droit à la résistance à tout ordre illégal et illégitime.

L'avocat américain Reed Brody, de Human Rights Watch, s'est déclaré heureux que le président Wade ait suspendu cette expulsion mal préparée. L'extradition de Habré en Belgique est désormais la seule option pour s'assurer qu'il répondra des accusations contre lui lors d'un procès équitable, a-t-il ajouté.

Mme Pillay avait exhorté le gouvernement sénégalais à revoir sa décision. En tant que partie à la Convention contre la torture, le Sénégal ne peut extrader une personne vers un État où il y a des motifs sérieux de croire qu'il serait en danger d'être soumis à la torture, avait-elle ajouté.

En tout état de cause, le Sénégal devrait obtenir des garanties d'un procès équitable par les autorités tchadiennes avant toute extradition, avait-elle dit, soulignant qu'il était essentiel que M. Habré bénéficie de procédures régulières et ait le droit à un procès équitable.

La Belgique, qui réclame l'extradition d'Habré pour le juger, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, avaient également déploré son renvoi prévu vers le Tchad.

A Dakar, dans le quartier où il possède une maison et est apprécié par ses voisins, une centaine de personnes ont manifesté dimanche en sa faveur.

En 2006, répondant à une demande de l'Union africaine, le Sénégal avait accepté, au nom de l'Afrique, de le juger, mais aucune information judiciaire n'y a été ouverte.

Habré avait été renversé par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno qui, après avoir été un de ses proches, avait été accusé de complot et était entré en rébellion avant de provoquer sa chute en 1990.


(©)

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