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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 02:06

 

 

 

Bozizé à Bruxelles le 17 juin 2011 

 

 

 

fric en CFA

 

Zama Javan Papa

 

 

L’argent disparu puis retrouvé de « Sendagui Musica » : jusqu’où le démenti des suspects ?

Alors que le malaise s’accentue à l’université de Bangui, rien ni personne ne semble être de trop dans les médias publics pour redorer le blason du directeur général de la presse présidentielle, Javan Papa Zama, que le quotidien Le Citoyen a qualifié, noblesse oblige, d’"escroc national de la Présidence de la République" en mémoire d’un récent séjour la Section de recherches et d’investigation (SRI), suite à l’évaporation d’un des 5 millions de francs CFA destinés pour son culte de la personnalité par le général Bozizé à l’orchestre de l’Université de Bangui, "Sendagui Musica" dont le répertoire de chansons dithyrambiques à sa gloire est fourni.

Invité de l’émission "Yé so é lingbi ti hinga" du 22 juillet, Stéphane Babali, un des chefs de cet orchestre, a annoncé sans (sou)rire qu’il venait de rentrer du Cameroun avec des instruments de musique acquis grâce à la générosité du Général Bozizé. Il a saisi l’occasion pour indiquer être, malgré lui, à l’origine de la thèse du détournement qui a valu une mise en garde à vue au malheureux Zama. "Soucieux de mettre l’argent reçu à l’abri des convoitises, nous avons menti en disant que l’argent était resté entre les mains de M. Zama" a-t-il précisé au cours de cette émission en sango.

Le 27 juillet, une lettre de remerciements envoyée par le chef de l’orchestre "Sendagui Musica" au général Bozizé est lue en ouverture du journal de Radio Centrafrique. L’étudiant-musicien profite de l’occasion pour démentir la nouvelle du détournement imputé, à tort selon lui, au directeur général de la Presse Présidentielle.

Mais, quelques sincères et spontanés qu’ils puissent être, ces démentis répétés ne sauraient suffire à restaurer le crédit entamé du truculent Javan Papa Zama qui apparaît désormais comme le symbole de la faillite morale du régime des Bozizé, eu égard au concert de condamnations et de railleries qui a salué dans la presse, sa rétention à la SRI. Seule une action en justice contre les auteurs présumés de ce « concert » pourrait laver l’honneur de l’ex-gardé à vue.

Or, en intenter une, comme l’a fait Francis Bozizé en mai-juin dernier comporte des risques dont le calcul s’effectue quelques crans au-dessus de sa modeste tête. Cela reviendrait à courir le risque d’être éconduit par des juges du siège soucieux, comme ils l’ont montré récemment, de rester attachés à l’esprit et à la lettre des textes en dépit des récents jeux de chaises musicales destinés à les faire lâcher prise.

Cela reviendrait également à se mettre à dos la quasi-totalité des médias privés, dont les responsables se retrouveraient, par la volonté du procureur de la République, en détention préventive à la célèbre prison de N’garagba. Mais, plus que tout cela, le procès donnerait lieu à un grand déballage et à de nombreuses questions permettant à l’homme de la rue de comprendre que l’utilisation de l’argent public par Bozizé s’effectue sur un mode de gestion baroque.

Combien gagne le président de la république centrafricaine ? Quel est le montant des fonds politiques qui lui sont alloués par la loi de finances ? En a-t-il assez avec cela pour procéder aux distributions publiques depuis la fenêtre de sa voiture ou de son hélicoptère, de billets de banque de 500 F CFA dont il est coutumier ? Sinon, où prend-il cet argent et de quel droit ? A supposer qu’il ait le droit de le prendre, a-t-il aussi celui de le distribuer ainsi ? A-t-il enfin le droit de procéder à une redistribution du revenu national par le canal de personnes non habilitées, c’est-à-dire notamment lui-même ou le DG de sa presse présidentielle Javan Papa Zama, s’obligeant ainsi à recourir à la SRI pour ressusciter de l’argent perdu ?

Telles sont quelques-unes seulement des nombreuses questions qui attendent d’être posées à nos distributeurs de billets de banque. Ouvrir la voie à un début de réponse à celles-ci serait, de leur part, une contribution non négligeable à l’enracinement de la démocratie et de la bonne gouvernance en République Centrafricaine. Ne pas le faire reviendrait à condamner Javan Papa Zama à conserver l’étiquette d’ « escroc national de la présidence de la République », c’est-à-dire à la honte à perpétuité.

La Rédaction de C.A.P

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique