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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 02:17

 

 

NDÉLÉ-KAGABANDORO : LES HABITANTS MÉCONTENTS DU CANTONNEMENT DES HOMMES DE LA SÉLÉKA DANS LEURS LOCALITÉS

 

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Bangui, 26 février 2013 (RJDH) – Les habitants  des villes de Ndélé, de Bria (Nord-est) et de Kaga-Bandoro (centre-nord),  les localités choisies pour le regroupement des rebelles de la coalition séléka s’inquiètent de leur cohabitation avec ces hommes qui, selon eux les ont terrorisés au moment de l’occupation de ces régions.


« La population n’accepte  pas  que ces rebelles soient cantonnés ici. Celle-ci  a  peur d’être  à nouveau victime des  exactions », s’est exprimé un habitant de la ville de Ndélé, joint par le RJDH ce mardi. Ce dernier soutient son propos en relatant que  le dimanche dernier, la population a quitté le  marché central de  cette localité en débandade, suite à une détonation d’armes lors d’une discussion entre les rebelles.


Cette attitude est la même chez les habitants de  Kaga-Bandoro (centre-nord). Des personnes interrogées sur ce sujet déclarent qu’elles ne veulent pas que les éléments  de la Séléka  soient cantonnés dans leur localité.


« Qu’ils retournent d’où ils viennent ! Pourquoi le gouvernement  veut les regrouper dans la ville de Kaga-Bandoro ? Nous avons déjà assez souffert, nous ne voulons pas d’eux chez nous », a martelé une autorité locale.


Une commerçante du marché centrale de Kaga-Bandoro déclare : « nous pensons que nos souffrances doivent s’arrêter avec le regroupement de Séléka. Nous, les vendeuses  du marché, sommes prêtes pour ne plus vendre au marché,  si jamais les rebelles sont cantonnés dans notre ville ».


Une autre autorité locale de la périphérie de la ville de Bandoro se dit également révolté contre  la décision du gouvernement pour le cantonnement des éléments de la Séléka dans la localité. Selon elle,  ce n’est pas normal, parce que les membres du gouvernement sont tous à Bangui et ignorent la souffrance de la population de Kaga-Bandoro.


« La population a intérêt à cohabiter avec les rebelles. Ces derniers ne représentent plus un danger pour elle. Une fois les rebelles cantonnés, ils seront sous contrôle des éléments de la Force multinationale (Fomac). L’accord de paix est signé, la population n’a plus rien à craindre », a dit le ministre centrafricain des Eaux et forêts, Mohamed Dhaffane, membre de la coalition Séléka.


Les opérations de cantonnement des rebelles de la Séléka, qui devraient commencer ce dimanche 24 février, ont été reportées sine die. Les versions se contredisent sur ce report. Les rebelles  dénoncent le non-respect de certains points des accords de Libreville, alors que le gouvernement et la Force multinationale en Afrique centrale (Fomac) parlent des problèmes techniques et logistiques.

 

 

 

BANGUI : L’ÉTAT DES ÉCOLES TRÈS DÉPLORABLE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


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Bangui, 26 février 2013 (RJDH) – Les conditions d’étude deviennent de plus en plus déplorables dans les établissements primaires sur l’ensemble du territoire centrafricain. Dans la ville de Bangui comme dans certains  établissements à l’intérieure du pays, le constat est identique. L’école Malimaka dans le 5ème arrondissement est le reflet de la plupart des écoles de la capitale.


Sur les  huit salles de classe utilisées pour les cours,  six n’ont pas de table-bancs. Les élèves sont assis à même-le-sol pour suivre les enseignements. Un constat fait par le RJDH à l’école Malimaka, à l’occasion de la journée de l’enseignement déroulée la semaine dernière dans les établissements primaires.


Une cour de la recréation très sordide, servant du dépotoir et toilettes au public, les portes et les fenêtres emportées par la population environnante, les salles de classe sont utilisées comme des lieux de passe-temps pour des personnes  mal intentionnées, tel est le cliché de l’école Malimaka.


« Nous sommes obligés de laver tous les matins notre salle de classe, des matières fécales et des préservatifs usagés avant de commencer les cours. On ne trouvera jamais de solution si le gouvernement et le ministère de l’Education nationale ne remettent pas en place le portail de la clôture, les portes et les fenêtres de nos salles de classe », s’est plaint un élève de la classe de CM2 interrogé par le RJDH.


Il est revenu, ému pour dire que tous les enfants de son école sont là pour apprendre à lire, à compter et à écrire et non pour nettoyer les ordures des grandes personnes tous les matins. « Si la population de Malimaka pense à notre bien-être, elle n’allait pas nous imposer cette sale besogne que nous faisons tous les matins, puisque nos conditions d’études sont déjà déplorables », a-t-il dit.


Ces élèves sont assis, soit sur une pierre pour ceux qui sont au fond de la classe afin d’avoir une position haute leur permettant de bien regarder au tableau, soit sur un bout de tissu pour éviter de salir leurs habits, parfois sur des étoffes des habits empilés pour adoucir la dureté et la fermeté du sol, ou sur un morceau de bois. Les plus fortunés apportent eux-mêmes leurs petits tabourets ou leurs bancs de la maison.


Une situation difficile à gérer par l’administration de l’école Malimaka


Les deux directions et le personnel enseignant de l’école Malimaka qui n’ont pas voulu  se prononcer sur la question, ont toutes fois souligné que c’est depuis des années que cette situation perdure.


Le RJDH a pu relever que dans toutes ces six salles de classe utilisées pour dispenser les cours, il y a seulement six tables-bancs qui sont tous en mauvais état. Ces tables-bancs sont utilisés par les enseignants qui, la plupart de temps évitent de s’assoir dessus de peur de s’affaler devant les élèves.


Ce cas de figure se retrouve dans plusieurs écoles de la capitale. Certains parents sont obligés de confectionner eux-mêmes les tables-bancs, les tabourets ou les bancs en bois pour leurs enfants, que ceux-ci les transportent tous jours, entre la maison et l’école.


Un autre cas se présente à l’école Galabadja située dans le 8ème arrondissement.  Cet établissement quant à elle dispose de 17 salles de classe qui sont garnies de tables-bancs. Mais il y a de bémols à un certain nombre de niveaux d’étude. L’école qui compte environ 6 000 élèves ne  dispose  que 17 enseignants, y compris les contractuels.


« Nous avons un problème d’enseignants dans notre école. Nous avons des salles de classe qui ne sont pas encore occupées. Un projet financé par le gouvernement japonais avait mis à la disposition de notre établissement huit salles de classe et quelques tables-blancs mais avec tout cela, nous avons encore des difficultés. On retrouve six élèves sur un tables-bancs de trois places. Il y a également un problème de matériel didactique », a déclaré Jérémie Djaldjé, directeur de l’école Galabadja garçons.


Le ratio de nombre d’élèves par enseignant étant largement dépassé ne favorise pas une bonne condition de travail pour les enseignants. Le coefficient normal en Centrafrique est de 120 élèves pour  un enseignant. Mais maintenant, il  avoisine 150 à 200 élèves par enseignants.


La même source souligne que l’effectif pléthorique des élèves rend la tâche difficile aux enseignants ce qui fait qu’un enseignant n’a pas souvent l’occasion de suivre correctement chaque élève. « Cette situation fait que parfois le taux d’échec est très élevé pour la simple raison que l’effectif des élèves ne permet pas aux enseignants de voir les failles de leurs enseignés », a-t-il jouté.


Les écoles des provinces sont les plus touchées


Plus de 166 263 enfants n’ont pas accès à l’éducation dans les villes occupées par la rébellion de la Séléka et plus de 2 178 enseignants qui se trouvent dans des situations sécuritaires précaires ne dispensent pas de cours aux enfants. Un bilan fait par Henry Sylvain Yakara, administrateur national chargé des affaires humanitaires du Bureau de l’organisation des Nations Unies pour les affaires humanitaires  (OCHA), le 15 février à Bangui, lors d’une rencontre avec les journalistes sur la situation humanitaire dans le pays en 2012 et 2013.


Dans ces régions sous contrôle des rebelles, les locaux des écoles sont utilisés comme de bases aux rebelles qui détruisent les bâtiments, les matériels didactiques et les tables-bancs sont utilisés comme bois de chauffe.


« Ajouté à ce qui est détruit dans nos provinces, je peux affirmer qu’il n’existe presque plus une éducation nationale dans notre pays et pourtant nous avons un ministère de l’éducation nationale », a réagi un parent d’élèves.


Toutefois le RJDH a tenté d’entrer en contact avec les autorités compétentes mais ceux-ci n’ont pas donné de suite. L’Association des parents d’élève de Centrafrique également n’a pas donné sa version.

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