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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 14:45

 

 

 

Feindiro

 

La Haye, 5 avril 2011 - Le procureur général du tribunal de Bangui, Firmin Feindiro, a commencé, lundi 4 avril, sa déposition contre Jean-Pierre Bemba, accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Le témoin a « brossé un tableau général » de la guerre en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003, au cours de laquelle « les hommes » de Bemba, appelés en renfort par le président centrafricain d'alors, Ange-Félix Patassé, auraient commis des meurtres, des viols et des pillages. En 2003, Firmin Feindiro avait été chargé par le ministère de la Justice d'enquêter sur les auteurs des crimes commis durant la guerre.

Très rapidement, a-t-il expliqué, le pouvoir a été confié à l'Unité de la sécurité présidentielle (USP) et aux troupes du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), dirigé par l'accusé. Interrogé sur les différences entre les deux groupes, le témoin a estimé qu'« il y a une distinction nette, entre le MLC et l'USP. L'USP est constituée de militaires formés, qui répondent à la charge de l'Etat, qui sont habillés, qui ont des insignes distinctifs, un béret vert. Les militaires de l'USP sont des Centrafricains qui parlent Sango. » Confirmant les récits des témoins venus déposer avant lui, il a rappelé que « du côté des troupes du MLC, les tenues sont disparates, les tailles de certaines tenues ne correspondent pas à leur porteur, les chaussures sont disparates, c'est des paires de pantoufles, des tapettes. (...) Les rebelles du MLC ne parlent pas Sango. » Parmi eux, « vous pouvez trouver des barbus, genre Oussama Bin Laden ».

De nombreuses milices avaient été appelées pour contrer les rebelles du colonel François Bozizé: « Il y avait aussi les forces libyennes (...) Ils avaient des petits avions et ils larguaient des obus » a raconté le témoin, selon lequel les pilonnages sont les seuls crimes commis par ces forces, qui n'ont ni tué, ni pillé, ni violé.

Le président Patassé s'était aussi assuré le soutien d'Abdulaye Miskine, un « escroc » selon le procureur général de Bangui. « Il disait qu'il allait combattre les coupeurs de route » mais «Abdulaye Miskine procédait à des exécutions sommaires ». Avec le temps, « il était devenu la pomme de discorde entre le président Idriss Deby du Tchad, et le président Patassé. Du coté de Ndjamena, on le traitait de mercenaire tchadien, engagé par Patassé pour déstabiliser le Tchad. Et du côté d'Ange-Félix Patassé, on disait qu'il était un patriote centrafricain, chargé de lutter contre les coupeurs de route ». Pour le témoin, les hommes de Miskine n'ont pas violé, mais « les charniers du PK13 sont le travail de ses troupes ».

Deux compagnies de sécurité étaient notamment chargées de surveiller la résidence présidentielle. La Société centrafricaine de protection et de surveillance (SCPS) était « dirigée par le chauffeur du président Patassé, un ancien chauffeur de taxi. » Puis l'ex-gendarme français Paul Barril, chargé de la « lutte contre le terrorisme international », chapeauta les opérations de surveillance. « On avait mis sous son aile la SCPS et les éléments d'Abdulaye Miskine. »

Le témoin a raconté sa rencontre avec Paul Barril. « Un soir, je travaillais à Bouar, et on a reçu la visite d'éléments étrangers, je crois qu'ils étaient yougoslaves. Ils parlaient français avec un fort accent russe. Ils étaient équipés comme des commandos (...) Paul Barril a tenu un meeting et il disait à la population qu'il avait besoin de soutiens, qu'il venait pour combattre les rebelles de Bozize qui avançaient.» Mais pour le témoin, Paul Barril ne conduisait pas la guerre. « Il a roulé Patassé dans la farine ».

Selon Firmin Feindiro, « ils ont imposé au pompiste de leur donner les recettes, puis le carburant qui était dans la soute a été vendu et l'argent leur était versé directement. Est-ce qu'ils étaient venus pour vendre le carburant ou bien pour faire la guerre ? », a-t-il interrogé. Son témoignage se poursuivra demain.   

Le procès de Jean-Pierre Bemba a débuté le 22 novembre 2010. Le sénateur congolais avait été arrêté en Belgique le 24 mai 2008 puis transféré à la Cour début juillet.

SM/GF

© Agence Hirondelle

 

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