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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 11:26

 

 

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La Haye, 26 novembre 2010 (FH) - Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a appelé à la barre, mardi, son premier témoin dans le procès intenté contre Jean-Pierre Bemba.

Le sénateur congolais, président du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), est accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour des meurtres, viols et pillages commis par ses soldats en Centrafrique, entre octobre 2002 et mars 2003. Comme la majorité des témoins qui viennent déposer devant la CPI, le « témoin 38 » a bénéficié de mesures de protection. Il a donc comparu sous pseudonyme, son visage a été caché du public par un rideau, sa voix déformée et une grande partie de son audition a été entendue à huis clos.

Présent dans le quartier dit "PK12", situé au nord de Bangui, le témoin a raconté l'arrivée des troupes de Jean-Pierre Bemba, les « banyamulenge », comme ils sont désignés en Centrafrique. « Ils portaient des bottes de marais, des bottes en plastique, pas des rangers ». C'est ainsi, selon lui, qu'ils étaient identifiables. Ces soldats parlaient lingala, étaient coiffés de « bérets rouges, violets, bleus, tout un amalgame de couleurs », a expliqué le témoin 38. Il se rappelle avoir entendu le président Ange-Félix Patassé annoncer à la population qu'il avait « fait appel à son enfant », Jean-Pierre Bemba, pour tenter de parer le coup d'Etat du général François Bozize.

Interrogé par la procureure adjointe de la CPI, Fatou Bensouda, le témoin 38 a affirmé avoir vu Jean-Pierre Bemba « à Bandoua et Bégoua, à l'occasion d'une parade militaire ». « Les informations que nous recevions à l'époque faisaient état que, de temps en temps, monsieur Bemba venait rencontrer le président Patassé » a-t-il encore précisé à l'adresse des trois juges, brésilienne, japonaise et kenyane. Interrogé sur la provenance des armes portées par les soldats, il a répondu qu'elles « venaient du gouvernement centrafricain ».

Au cours de son enquête, ouverte en mai 2007 à la demande de l'actuel chef de l'état centrafricain, François Bozize, le procureur de la CPI avait aussi visé son prédécesseur, Ange-Félix Patassé. Mais Luis Moreno Ocampo affirme aujourd'hui ne pas avoir de preuves pour l'inculper. Aujourd'hui, Ange-Félix Patassé est candidat à la présidentielle du 23 janvier 2011, en Centrafrique. Jean-Pierre Bemba est donc seul dans le box des accusés.

Le témoin a également raconté deux meurtres commis par les hommes du MLC, ainsi que le viol d'une enfant. « Une femme m'a amené sa fillette, de 8 ou 9 ans, en sang, violée » a-t-il raconté, en sanglotant. « Ils l'ont violée devant sa maman, dans sa maison ».

Après les questions du procureur, l'une des avocates des victimes, Marie Edith Douzima-Lawson, a été autorisée par les juges à interroger à son tour le témoin. Les questions ont été posées à huis clos. Actuellement 759 victimes sont représentées dans le procès, et 653 attendent une réponse des juges pour savoir si elles peuvent, elles aussi, participer. Les représentants des victimes ne peuvent toutefois intervenir que dans des conditions limitées et après autorisation des juges, au cas par cas.

Pour la défense, maître Peter Haynes a procédé au contre-interrogatoire du témoin 38. « Notre armée était divisée, encore plus avec l'arrivée de la rébellion de monsieur Bemba. Notre armée était vilipendée par le plus petit des soldats du MLC (...) Elle était réduite à néant », a expliqué le témoin à l'avocat, alors que ce dernier tentait d'établir la responsabilité de l'armée centrafricaine. Lunettes rectangulaires, écouteurs, Jean-Pierre Bemba a suivi attentivement l'audition du témoin 38. Maître Haynes a aussi tenté de démontrer que les hommes de Bemba venaient pour aider le pays. « Ils n'étaient pas une force de libération, ils étaient plutôt une force d'invasion », a rétorqué le témoin.

Au cours de la semaine prochaine, le procureur devrait appeler à la Cour un expert des crimes sexuels.

SM/ER/GF

 © Agence Hirondelle

 

Procès Bemba  le témoignage du n° 38 mis en doute

Par RFI   26.11.2010

Ils avaient des bottes en caoutchouc et portaient un béret noir, violet ou rouge : le premier témoin au procès de Jean-Pierre Bemba a raconté mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) l'arrivée au PK12, en Centrafrique, des « banyamulenge », la milice de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo en 2002.

Le témoin est invisible pour le public, installé derrière la vitre qui le sépare de la salle d’audience. Sur les écrans de télévision, l’image de ce témoin, référencé sous le numéro 38, est totalement floutée et sa voix est transformée.

 En ouvrant la séance, la présidence des juges met en garde les différentes parties pour que leurs questions ne puissent pas révéler son identité. Mais le témoin va lui-même oublier. Il lâchera dans une réponse, lors de l’interrogatoire de l’après-midi, qu’il est un notable habitant du PK12 de Bangui.

Toute l’après-midi, l’accusation a interrogé ce témoin sur l’arrivée des rebelles du MLC (Mouvement de libération du Congo) dans cette zone du PK12, où ils avaient installé leur QG entre octobre 2002 et mars 2003.

Piller et saccager les maisons, bastonner les gens et semer la terreur

Fatou Bensouda, l’adjoint du procureur pose des questions précises : « Comment saviez-vous que c’étaient des rebelles de Jean-Pierre Bemba ? ». « Nous connaissons l’uniforme de notre armée centrafricaine, la couleur des bérets, les rebelles portaient des bottes en caoutchouc, ils n’avaient pas la morphologie des centrafricains. Ils parlaient lingala, la langue du Congo, du Zaïre comme on dit encore chez nous à Bangui ».

Le témoin raconte comment les rebelles de Bemba surnommés des « banyamulenge », se sont installés au PK12, un carrefour très important. Il explique comment, dès le lendemain de leur arrivée, ils ont commencé à piller, à saccager les maisons, bastonner les gens et semer la terreur dans la population qui a rapidement fuit.

Jean-Pierre Bemba est apparu moins impassible

Le témoin est un des rares résidents à être resté, avec une poignée de jeunes et quelques plus âgés.
- «Avaient-ils beaucoup d’armes ?», questionne encore la procureur adjointe.
- « Oui des armes de guerre neuves »

- « Savez-vous d’où venait ces armes ? »

- « Je crois que les rebelles de Bemba les recevaient du gouvernement centrafricain »

Dans les rangs de la défense on esquisse des sourires…

 

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